7 hommes à abattre (1956) 7/10 Randolf Scott

Le chiffre sept porte chance au cinéma.

Ce film est un western classique, très bien conçu. Il passe pour un des meilleurs du genre. Et c’est vrai que la réalisation est nette et précise. Le rythme est bon. On ne s’ennuie pas.

On y retrouve donc le thème fondamental de la vengeance personnelle jusqu’au-boutiste. Un exercice de redresseur de tort, généralement débarrassé de toutes fioritures administratives. Au centre, il y a l’inépuisable « seul contre tous », un principe multiforme qui fait encore les beaux jours du cinéma.

Pour célébrer cette messe, on aura l’exposé rituel du lourd passé des personnages, un brin d’amourette, pas mal de démonstrations de force, des démolitions de saloon, ce qu’il faut d’obstacles, bien plus de 7 morts et de glorieux héros survivants…

Dans ce film, on n’hésite pas à tuer les Indiens. Ils ne font pas partie du décompte (les 7). Mais on reconnaît qu’ils peuvent être agressifs, juste car ils ont faim. Donnez leur un cheval à manger, à ces pauvres « bêtes ». C’est l’entre deux du film de cowboy. L’Indien est loin d’avoir encore le beau rôle.

Ici, certes la puissance parle, mais assez étrangement, c’est la finesse et l’ellipse qui dominent. En tout cas, dans les dialogues.

Un ancien Shérif se lance à la poursuite des sept brigands qui ont braqué la Wells Fargo. Accessoirement, ils ont tué une employée au passage. C’était sa femme.

Le héros vengeur, droit comme un I, est interprété par Randolf Scott. C’est ce grand gaillard avec un physique de manutentionnaire et des expressions figées et peu inspirées. Un Buster Keaton pas rigolo. Un gourmet, quand il s’agit de déguster ce curieux dessert froid, qu’on appelle vengeance.

Un jeune couple a fait le projet fou de traverser les Etats-Unis pour rejoindre la Californie. Il se retrouve sur le même chemin que Randolf. Celui-ci vient en aide à ceux qui lui paraissent des innocents.

Le mari est plutôt « gentil », poli et effacé. Un second couteau, voire moins.

La femme elle, brille davantage, au point donner à penser qu’elle a fait une mésalliance. En tout cas, c’est ce qu’on veut faire passer dans le film. L’actrice Gail Russell est pourtant loin d’être une bombasse de caractère.

On assiste à une scène intéressante où un cowboy de premier plan, l’impeccable Lee Marvin, tourne autour de la jeune femme avec insistance, en plein devant son mari. Assaut de compliments et d’allusions. Le mari, présumé poule mouillée, est touché mais il ne bronche pas. C’est humiliant. C’est Randolf qui est chargé de sauver l’honneur.

  • « Qui n’a jamais convoité la femme de son prochain, jette la première pierre !»… Aïe  ! Pas à moi ! A Lee Marvin !

La brutalité bête et méchante sera punie. Les grands sentiments seront récompensés. C’est toujours ainsi.

Puisqu’il s’agit d’aller jusqu’au bout, tout le monde le fera. Mieux vaut mourir au soleil que de continuer dans l’ombre. Cela ne peut mener qu’à l’hécatombe. C’est pour cela qu’on a créer une justice indépendante des protagonistes. Mais eux ne le savent pas encore très bien et puis le système était une passoire en ce temps là.

La lâcheté, on n’aime pas trop par ici… Mourir en brave, ça cela a plus de gueule. Le pauvre mari, qui était quand même un peu coupable, aura droit à la rédemption, grâce à un dernier acte de courage. Tout le monde a sa chance, quand il s’agit de conquérir le paradis au fil de l’épée.

L’image a vieilli. La WarnerColor (sic!) n’a pas bien résisté au temps. Mais la solidité intrinsèque du film demeure.

  • J’ai eu jadis un ami, qui était plus qu’un ami, et qui se délectait de ces westerns. Ce qui peut paraître surprenant, compte tenu de son bagage de philosophe. Il y aurait-il quand même un message de longue portée dans ce genre ? Je cherche encore. Happy trails !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sept_Hommes_%C3%A0_abattre

Randolph Scott
Gail Russell
Lee Marvin

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