8 salopards. Film – Avis. Tarantino – Résumé. (2015) 7/10

C’est un film qui s’inscrit dans cette volonté de faire transmuter à nouveau le western. Il y a eu par le passé la révolution formelle de Sergio Leone. Mais ici on s’attaque désormais à l’ossature profonde de ce spectacle.

C’est un courant déconstructiviste qui n’appartient pas qu’à l’iconoclaste Tarantino.

  • On doit citer aussi ici le bond stratosphérique entrepris par les Frères Coen (True Grit, La ballade de Buster Scruggs…). Des réussites indiscutables.

Notre Troll cinéphile aime à brouiller les pistes. Puisque tout en inversant la plupart des vertebres de ce genre de film, il convoque Ennio Morricone, une caution solide de l’ancien monde (Leone), pour mettre en musique.

L’espiègle réalisateur nous présente méticuleusement 8 personnages en quête d’auteur… et de rôles. Ce qui semble bien délimité un moment, sera sérieusement remis en question, au fur et à mesure. La règle étant de changer de cap dès qu’on peut, pour mieux dérouter.

Qui sont les criminels, qui sont les victimes, qui sont les institutionnels (chasseur de prime, shériff, tenanciers du refuge, bourreau…) ? On n’est jamais sûr de rien. Mais la typologie, même changeante, est bien amenée. On doit ce semblant de cohérence aux grands talents des interprètes.

Il manque de nombreuses pièces à ce puzzle et Quentin complique encore ces énigmes multiples, en dispersant des micro-indices. Il est cependant impossible de comprendre vraiment ce qui arrive sur le moment.

C’est essentiellement une pièce de théâtre, un drame en huis-clos. En raison du blizzard personne ne peut sortir de la diligence, puis de la ferme auberge. On a du mal également a y entrer.

Ce travail semble respecter, à priori, les conventions du film de Far-West. Les personnages se dessinent plus ou moins en fonction de leurs interactions. Et le rapport de force est essentiel. Ce sont la haine et l’égoïsme qui dominent, pas l’amour universel.

Les lignes de fractures sont classiques : noir et blanc, jeunes et vieux, officiers et civils, hommes et femmes, pionniers et Mexicains, prétendus méchants et supposés gentils.

  • Celui qui prétendra, la main sur le coeur, qu’il n’y a rien de mieux que de passer Noël avec sa maman, ne sera pas forcément le plus doux.

On rebat régulièrement les cartes, tout en conservant une sorte d’unité à cette architecture protéiforme. C’est vraiment bien fait la plupart du temps… et cela dure trois heures !

  • J’ai bien aimé que l’on conserve ce vieux général, comme seul repère fixe, pour faire plus vrai.

Le dernier chapitre a sa justification quand il s’agit de compléter le puzzle. Mais cette curée infernale est vraiment de trop. C’est dommage que Tarantino finisse si souvent par ne plus se contrôler. Ce délire sanglant, avec des rebondissements plus improbables les uns que les autres, est clairement de sa griffe mortifère, mais il n’apporte pas grand-chose au film. Les aficionados vont regretter que cela survienne si tard, les autres au contraire, auront envie de quitter les lieux plus tôt.

La prise de vue est aussi jolie que réellement refroidissante : toute cette neige !

Voir cet homme totalement nu, comme un asticot, et qu’on mène délibérément à la mort, à marche forcée, est réellement glaçant. Tarantino ne peut être absout du péché de sadisme sur pellicule, une fois encore.

« Tarantino, un ami qui vous veut du bien » nous dit Maxime Bedini, alors que c’est tout le contraire. Il est là pour nous faire souffrir, et il y a bien des spectateurs qui aiment cela.

Si vous faites partie de gens normaux, c’est un film à regarder impérativement sous une chaude couette ou à réserver à un 15 août.

Je n’ai bien entendu pas tout suivi. C’était mon premier visionnage. Mais un détail m’a troublé. Comment se fait-il que Tim Roth présente un certificat valable de bourreau ? A force de vouloir nous égarer, Tarantino se serait-il un peu emmêlé les pinceaux ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Huit_Salopards

Les détracteurs :

https://www.lemonde.fr/cinema/article/2016/01/05/de-la-neige-a-l-ecran_4841708_3476.html

Les partisans :

https://www.leblogducinema.com/critique/critique-film/critique-les-huit-salopards-83221/

Là je vous en en ai mis 10 pour le prix de 8 : les acteurs de ce film sont vraiment de gros chasse-neige.

  1. Samuel L. Jackson
  2. Kurt Russell 
  3. Jennifer Jason Leigh 
  4. Walton Goggins 
  5. Demián Bichir
  6. Tim Roth
  7. Michael Madsen 
  8. Bruce Dern
  9. Channing Tatum
  10. James Parks
8 salopards. Film – Avis. Tarantino – Résumé.  (2015) 7/10

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