A la poursuite d’Octobre Rouge (The Hunt for Red October) (1990) 7/10

Un bon film de type « guerre froide », servi par d’excellents acteurs. Conçu avant la chute du mur de 1989, il arrive sur les écrans juste après. Ce qui lui assure en quelque sorte, d’être un dernier film de ce genre.

Les Soviétiques en 1984 ont réussi à construire le premier submersible indétectable, grâce à un système complexe de propulsion atomique qui se passe des hélices habituelles, un peu sur le modèle de flux d’avion à réaction.

Ce vaisseau est confié à un commandant expérimenté, pour un premier exercice de grande ampleur.

Ce brillant élément est parfaitement interprété par le grand et regretté Sean Connery. On ne se refait pas, c’est un esprit libre, mais qui cache bien son jeu. Il a le projet de passer à l’Ouest avec armes et bagages.

Il a même envoyé une lettre qui arrivera au Presidium après son départ où il est fier d’annoncer sa défection et son projet de rejoindre les USA ! Un peu comme s’il voulait s’obliger lui même, en ayant fixé ce point de non retour.

Il devra d’abord supprimer le commissaire politique qui contrôle la manœuvre avec sa deuxième clef indispensable. Lequel peut aussi faire valoir son pouvoir sur l’équipage. Sans état d’âme, notre héros tordra le coup à ce malfaisant. Il déguisera cela en mauvais chute. Une partie du commandement n’est pas dupe.

S’en suit un jeu subtil, consistant à avancer ses pions, juste ce qu’il faut pour convaincre les éléments les plus importants de son équipe, sans semer la panique et sans susciter de révolte. Et il y a toujours pour la plupart, la question des familles qui resteront à l’Est. Il commencera par son second incarné par le malicieux Sam Neill.

Son grand atout, c’est que la mission est secrète par définition et qu’il ne peut donc pas y avoir de contacts avec l’extérieur. Le but étant justement de s’assurer de l’indétectabilité de l’engin, cette fierté russe qui serait une révolution (octobre « rouge »), tout aussi importante que l’a été le Spoutnik.

Une autre partie diablement importante, réside dans le sort qui sera fait au sous-marin. C’est un enjeu technologique considérable.

Dans un premier temps, il faudra quand même le repérer. Un gigantesque réseau de balises est mis en place, et presque toute la marine russe part à sa recherche. Pensant que le risque est trop grand que ce matériel d’exception soit confisqué d’une manière ou d’une autre par l’Occident, les militaires prennent la décision de couler l’engin. Le problème c’est qu’ils n’arrivent pas vraiment à le localiser.

Les Américains se rendent compte qu’il se passe quelque chose de très important, avec ce grand déplacement menaçant de la flotte soviétique. Les bougres se rapprochent des côtes américaines ! Mais que viennent-ils faire ? Préparent-ils l’attaque nucléaire des USA ? Là on verse rapidement dans la dramaturgie du Dr Folamour : le risque de guerre totale déclenchée par une succession de mauvaises interprétations attisées par des fous belliqueux.

La diplomatie russe fait un coup de poker, pour éviter que les secrets de l’arme indétectable passent de l’autre côté. Elle annonce à ses ennemis que le commandant du submersible est devenu fou et qu’il va déclencher la guerre atomique à lui tout seul. Les Américains doivent se protéger en contribuant à détruire le vaisseau.

Il se trouve qu’il y a quand même un mini signal sonore résiduel qui permet de penser que le sous-marin est dans les parages. Mais il faut qu’il soit très très proche et que l’on fasse silence de son côté pour l’écouter. Et il se passe quelque chose comme cela.

Fort de cet atout, un Américain intelligent tentera des manœuvres d’approche afin de récupérer discrètement ce trésor technologique, tout en feignant de le détruire. Ce caractère sobrement interprété par un Alec Baldwin bien jeune encore, aura à bluffer lui aussi. Il prendra de gros risques. Il est plus ou moins couvert par le chef de service, joué par le bon James Earl Jones.

Il faudra surtout convaincre les équipages que tout le monde joue le jeu. Et passer outre Washington, qui a gobé le coup de l’attaque imminente et qui voudrait la destruction de ce fait.

Presque tout le film est basé sur ce jeu d’échec de haut vol. Cela se gâte un peu vers la fin, quand cela tourne au cowboy avec des crescendos de coups de feu en interne. Apparaît d’ailleurs un autre commandant, incarné par l’acteur Scott Glenn, à qui il ne manque que le Steston et les bottes de vacher. Il y a là dessous une histoire de traître russe en parallèle, qui parasite un peu l’histoire.

La critique a boudé mais ce fut un grand succès commercial (200 millions de recette pour 30 millions d’investissement) – Et j’avoue que pour une fois, je marche.

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%80_la_poursuite_d%27Octobre_rouge_(film)

Sean Connery
Alec Baldwin
Scott Glenn
James Earl Jones
Sam Neill

A la poursuite d’Octobre Rouge  (The Hunt for Red October) (1990) 7/10
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