Adorables créatures (1952) 6/10 Christian-Jaque

C’était comme cela dans les années 50, maintenant assurément ils n’oseraient plus !

Les femmes étaient alors des « créatures », c’est clairement notifié dans le titre.

Une « créature » c’est une sorte de femme-enfant toute entière vouée à la séduction et qui cherche avant tout à se caser. C’est écrit mariage sur leur front.

Ici on égrène allègrement les clichés de l’époque. C’est ce que veut le ton « comédie » de boulevard.

Femmes prédatrices :

– Les femmes se conduisent comme des furies. C’est clairement démontré quand elles répondent à « l’instinct » des soldes.

– Elles sont vénales et se donnent se vendent au plus offrant.

– Elles éprouvent un grand plaisir à frustrer les prétendants. C’est le coup de la migraine.

– Ce sont des menteuses.

– Elles sont prêtes à toutes les roueries pour parvenir à leurs fins. En particulier avec les concurrentes.

– Leurs capacités intellectuelles sont limitées.

Hommes victimes :

– L’homme est lui un gros balourd qui est tellement obnubilé par sa libido qu’il se laisse berner. Les vieux riches ne sont pas les plus dupes et parviennent parfois à profiter de la situation. Les petits jeunes font ce qu’ils peuvent.

Le jeune Daniel Gelin est ballotté par toutes ses nanas.

– Antonella Lualdi joue la gamine innocente qui lui courre après. Elle n’a pas encore l’âge légal, il faudra attendre la fin du film. J’ai l’impression qu’elle a été doublée en français. En tout cas c’est curieux.

– Edwige Feuillère nous fait la plus vieille, alors qu’elle n’a en vrai que 45 ans. Elle cache son âge et fait de ce secret un casus belli. Sa grande fortune lui permet toutes les fantaisies. Et Daniel est un jouet dans sa main.

Les autres sont de grandes élégantes, des pointures en leur temps.

– Martine Carol a 32 ans alors et est doté d’un charme ravageur. Son mari-réalisateur dans la vraie vie, n’hésite pas à nous la montrer plus qu’il n’était permis à l’époque. En particulier on note une certaine insistance à nous dévoiler sa poitrine généreuse.

– Danielle Darrieux est une autre de ses conquêtes.

Et Daniel n’est pas assez mûr pour les satisfaire en terme de pouvoir et d’argent. Elles le picorent un peu. Mais le plus souvent elles le font poireauter pour rien.

– Renée Faure, 35 ans nous fait un numéro étrange d’ancienne délinquante apprivoisée. Elle n’est pas dans le jeu de la séduction.

– Il y a plusieurs seconds rôles connus à l’époque ou qui le deviendront : France Roche, Judith Magre, Louis Seigner, Georges Chamarat…

Je ne comprends pas très bien quel a pu être le public de telles œuvres. Je n’ose pas imaginer que les femmes se reconnaissaient dans ces portraits, voire les utilisaient comme modèles. Les hommes ? Sans doute, car il y a un défilé de poulettes. Les couples peut-être aussi. En tout cas ceux qui acceptaient cette mise en conformité.

Le réalisateur Christian-Jaque n’est pas à plaindre, c’est l’époux légitime de Martine Carol. Il la fera tourner à plusieurs reprises, dont ce rôle de Nana en 1955.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Adorables_Cr%C3%A9atures

Daniel Gélin
Danielle Darrieux
Martine Carol
Edwige Feuillère

Envoi
User Review
0 (0 votes)

Laisser un commentaire