Amityville (2005) 4/10

Prétendre que ce film est basée sur des faits réels, comme c’est dit au générique, est une profonde arnaque.

Pour plus de 99% de l’histoire racontée ici, ce n’est que la mise en scène d’élucubrations, de rêves, de fantasmes et de coups de folie et en aucun cas des faits. Ce sont juste des interprétations à posteriori, largement tirées par les cheveux, et que l’on peut prendre dans tous les sens. D’autant plus que pour les besoins cinématographiques, cette mascarade est travestie par de nombreuses fausses pistes et autres suggestions plus ou moins cohérentes. Plutôt moins d’ailleurs.

Et en réalité, il ne se passe pas grand-chose, voire rien du tout.

Il y a sans doute eu en effet un massacre dans cette maison précédemment. Ce point de départ peut être considéré comme un fait réel ! Et alors ? La belle affaire.

Cet épisode macabre n’est montré qu’en partie, au tout début du film, et très indirectement. Pendant un sinistre orage nocturne, on assiste à une alternance de visages effrayés de futures victimes, à peine visibles le temps d’un éclair, puis un écran noir en lieu et place des crimes. C’est assez bien fait et prometteur. Voilà, cela dure deux minutes et basta !

Tout le reste du scénario, consiste à bien insister sur les différentes formes de peur que va en endurer cette nouvelle famille, qui commence à occuper ces lieux. Et donc on assistera à toute une gamme de scènes de panique, avec les grimaces de terreur en rapport. Ce sera aussi systématique, kitsch et peu crédible que dans ce qu’on peut trouver dans l’attraction la maison de l’épouvante dans les foires.

D’abord, on nous la joue la maison hantée (c’est cela un fait réel?). C’est figuré par des occupants en proie à des visions. La petite fille assassinée et couverte de sang de jadi, viendra bien tranquillement tenir compagnie à la petite fille du couple. C’est bien entendu un mauvais rêve. C’est marrant de voir l’actrice Chloë Moretz toute petite et qui est déjà tellement Chloë Moretz.

Puis, comme cela ne suffit visiblement pas à remplir un film, on oblique vers une explication de type mauvais sort des temps anciens et exorcisme. Pour cela, on affirme que les fondations correspondraient à une très ancienne demeure, où aurait sévi un révérend tortionnaire. Il ne suffit pas de le dire, il faut maintenant que l’on voit en chair et en os, ce grand méchant revenant au fin fond d’une cave sinistre (c’est cela un fait réel?).

Et pour finir, on feint de revenir dans le contemporain tangible. Fini les monstruosités d’un autre âge. A présent c’est le mari qui est lui même un être habité par le mal et qui veut s’en prendre aux siens. Cela va tellement loin, que sa famille semble prête à le supprimer pour lui échapper… Et bien entendu tout reviendra dans l’ordre, une fois qu’on se sera éloigné de cette maison démoniaque – Ryan Reynolds retrouve instantanément son bon regard de gars bien (c’est cela un fait réel?).

Sur la forme, ce n’est pas mieux. C’est le crescendo classique qui commence bien entendu très soft avec cet exposé de pur bonheur familial. Et pourtant ce couple aurait du se méfier et ne pas se laisser piéger par le faible prix de cette grande maison. Bien fait pour eux !

Plus dure sera la chute.

Tout est fait pour tenter d’effrayer le spectateur. Il paraît qu’il est venu pour cela. Alors qu’il ne se passe strictement rien, il sursaute d’abord en raison de bruits normaux mais qui sont présentés comme bizarres ou de bruits bizarres et qui paraissent normaux. Il y a plein d’indices et de faux indices qui sont disposés là juste pour foutre la trouille.

Et comme il se doit cela finit par de franches expressions d’horreur. Tout est dans le regard des apeurés car en face on ne voit pas bézef.

Cette alternance de câlins et de grosses baffes, c’est la douche écossaise habituelle des films qui se veulent effrayants.

La musique de type subaquatique est censée nous donner le la. Bruits infernaux et musique codée épouvante, la routine du thriller quoi !

La fin est une escalade très conventionnelle de « ouh ouh fais moi peur », qui tourne rapidement au n’importe quoi. Avec la classique course contre la montre, toujours gagnée par les gentils. Et puis ces agresseurs, qui malgré les coups mortels, se relèvent toujours quand on ne les y attend pas. C’est d’un conventionnel vraiment barbant.

J’aime bien Ryan Reynolds, mais là vraiment il a pactisé avec le diable. Il avait sans doute besoin d’argent. Ce film qui est une stupidité totale a en effet rapporté gros. Je ne lui tire pas mon chapeau.

Le vrai frisson d’horreur, vient de ce constat là. Comment autant de gens peuvent se laisser envouter par cet irrationnel si bas de gamme ? Que l’on puisse manipuler si facilement tellement de monde, cela fait craindre des lendemains qui déchantent.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Amityville_(film,_2005)


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