Arsène Lupin contre Herlock Sholmès (1971) 6.5/10

Aussi farfelu qu’il soit, le titre est assez fidèle. Il s’agit bien d’une de ces confrontations au sommet que l’on doit à Maurice Leblanc.

Dans cette série mémorable de feu l’ORTF, une poignée d’acteurs célèbres de l’époque font le job. Et les épisodes s’enchaînent avec un certain talent. Pas toujours d’ailleurs.

Le personnage principal est incarné par le brillant Georges Descrières. Ce gentleman-cambrioleur né, est avant tout un homme de théâtre. Il fait là des infidélités à la Comédie Française. Tant mieux pour nous. Tant mieux pour le producteur-réalisateur Jacques Nahum, qui aura plusieurs occasions de le mettre à contribution.

C’est un comédien, dont on ne cesse de nous dire dans le film qu’il est bel homme. Lorsque j’ai visionné cette série à l’époque, j’ai pris cela pour argent comptant. Et je me demande même si tout jeune adolescent, je n’ai pas cherché à singer ce curieux modèle, quand même un peu guindé. D’autant plus que la musique au générique semblait dire : ce n’est pas si ringard que cela puisque même Jacques Dutronc s’en mêle.

Qu’est-ce qui fait son charme ? Il faudrait plutôt le demander à ces dames. Il réalise sans doute la synthèse impossible. Avec d’un côté cette intelligence rassurante de l’homme inséré socialement et qui a bien réussi. Et de l’autre l’attrait sauvage du joli mauvais garçon. On peut voir les deux côtés de la pièce en même temps. Il est à la fois le bon père des enfants qu’on espère de lui et l’amant impétueux.

Et surtout il n’a pas de mal à conclure. Moi j’en restais à cette dernière lecture.

Et pour poursuivre dans mes rêveries d’alors, il me semblait que sa maîtresse, la belle suissesse Marthe Keller devait être l’idéal de la séduction féminine. Et j’ai gardé cette « déesse » en tête pendant fort longtemps. Curieusement cette beauté tranquille m’attirait alors plus qu’une Ursula Andress, pourtant tout aussi helvétique, mais plus diablement sex symbol. Je pense que j’avais peur d’être englouti tout cru. Maintenant je me laisserais plus facilement « consommer ». Le look gentille mère de famille n’est plus de mon âge. Hum.

Roger Carel nous fait un commissaire comique et assez malin. Le pauvre a toujours un coup de retard cependant.

Henri Virlogeux est ce Herlock Sholmès rusé et méthodique. Lui aussi a du mal à coincer l’aimable voleur. Mais forcément le respect s’installe entre ces deux héros littéraires.

Il aurait été très maladroit que le Français triomphe trop facilement de cette pointure insulaire. Les Anglais nous auraient fait un Sherlock Holmes contre Alceste Pulin, avec un résultat diamétralement opposé. L’Entente cordiale était plus prudente.

Marc Dudicourt, Bernard Lavalette, Raymond Gérôme sont des figures qui étaient récurrentes dans les seconds rôles de l’époque, mais qu’on a passablement oublié maintenant.

L’intrigue tarabiscotée n’est pas sans intérêt. Il y a même une certaine volonté de rigueur. Il faut dire que Leblanc y a mis du sien. Et puis il faut bien se débrouiller avec ce défi au plus haut niveau de Sholmes.

Mais le plus souvent l’histoire ne tient que par des mascarades peu convaincantes. Le spectateur n’a pas de mal à reconnaître le coquin sous ses multiples déguisements. D’ailleurs c’est une connivence télé voulue. Il faut vraiment que les autres soient aveugles.

Dans la foulée j’ai visionné l’Arrestation d’ Arsène Lupin (1973). Et là vraiment il y a un malaise. Et si finalement Arsène n’était qu’un pervers narcissique ? Mon dieu, qu’est-ce qu’on nous laissait voir alors ! J’rigole bien sûr.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ars%C3%A8ne_Lupin_contre_Herlock_Sholm%C3%A8s

https://www.imdb.com/title/tt0515351/

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Arsène Lupin contre Herlock Sholmès (1971) 6.5/10
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