Avis. 3h10 pour Yuma – Glenn Ford – Résumé. (2007) 3/10

Un mauvais film de cow-boys. Moi, je le pense. Mais un bon nombre de critiques disent le contraire.

Un bandit de grand chemin, domine son gang d’une main de fer. C’est une florissante entreprise de vols et pillages, avec les inévitables attaques de diligences.

Le décompte macabre est énorme.

Mais cette joyeuse troupe, semble exécuter moins par envie que par nécessité. Ils ont le goût du travail bien fait. Quoique ! le second, surjoué par Ben Foster, est franchement sadique, bien qu’efficace dans son genre.

Et une fois de plus le courage suicidaire et la vengeance sont les valeurs ultimes, chez ces ras de la casquette, des deux bords.

Le patron c’est ce méchant garçon, mollement interprété par Russell Crowe. Il ne rigole pas, il tue et fait tuer. Il le fait avec une décontraction très artificielle.

Le chef cultive son style, avec une sorte de code de l’honneur, mais aussi des aphorismes (creux) et des passages de la Bible (plus ou moins à propos) – Ce qui est supposé donner un semblant de psychologie, à un film qui en manque singulièrement.

Ce gars, ce n’est pas un comique, mais une sorte d’archétype (palot ici) « d’un homme, un vrai », tel qu’on le prototype dans ces westerns..

On dirait une parodie. Surtout avec ces pseudo-dialogues d’Homme avec un grand H et qui se trimbale avec ses deux énormes machins.

D’ailleurs on nous montre bien, qu’en tant que mâle alpha, il est le seul qui ait le droit de les vider. Désolé de la trivialité, mais c’est comme cela dans ce monde sans foi ni loi, yeah !

Mais il est bien moins convaincant que les grands acteurs anciens du genre. Russell Crowe n’a rien à faire dans cette galère. Il est ici une sorte de « John Wayne, le petit ». Voire un petit fonctionnaire qui s’agite dans le crime désorganisé.

Ce n’est pas que de sa faute. Je trouve le rôle de Russell Crowe, artificiel et lamentable.

Le film emprunte sans vergogne aux grands classiques cow-boyo-ferroviaires, comme « le train sifflera trois fois ». Il en a vaguement l’intrigue, mais manque singulièrement d’intelligence et de crédibilité. C’est pourtant ces atouts là, associés à une mise en scène rigoureuse, qui faisaient la force des chefs-d’œuvre du passé. Visiblement la production et la réalisation n’ont rien compris.

Les coups de feu étaient plus parcimonieux et plus à propos, en ce temps là. Ici on tire sur pratiquement tout ce qui bouge. Comme si l’hémoglobine et les blessures bien gore avaient une valeur cinématographique en soi. Et comme même les films débiles ont horreur du vide, on en fait des tonnes. Ça fait passer le temps.

L’intrigue est construite, avec comme seul objectif de pouvoir converger vers la scène finale. Il s’agit de mettre en apothéose, la montée du chef des brigands dans le train pénitentiaire. Avec quelques pirouettes en prime.

C’est extrêmement mal goupillé. Dès le début, le méchant qui est fait prisonnier, se permet de tuer plusieurs des personnes de l’escorte qui l’accompagne, sans qu’on songe à proprement le ficeler. C’est grotesque.

Plus de trente tireurs bien équipés, dont des bandits expérimentés, et qui sont pratiquement à quelques mètres de leur cible, n’arrivent pourtant pas à égratigner le bon gars visé ! Il faut que le gentil, qui doit mourir, puisse l’être au moment choisi du scénario, même si cela devient totalement fabriqué et impossible.

  • Christian Bale, avec sa tête d’homme désespérément honnête, incarne le gentil. Dans ces films bêtes, il faut que ce qu’on est, soit inscrit sur le visage.

On nous rajoute un fils rebelle, pour qu’il réapparaisse pile au bon endroit, juste au moment opportun, et qu’il sauve ainsi son père in extremis. On nage dans le non-sens total et le traficotage de pellicule. C’est peu glorieux.

Mais il fallait ces rafistolages là, selon ce réalisateur peu doué, pour avoir assez de rebondissements dans l’action. Il s’agit de tenter de nous en foutre plein la vue, pour qu’on n’ait pas le temps de réfléchir. Plus ça bouge, moins on voit l’incurie générale. On en est là !

Tout dans ce film est consternant.

J’emprunte pour finir à wikipédia :

  • James Mangold a l’idée de faire un remake de 3 h 10 pour Yuma sur le tournage de Identity : « j’ai eu comme une révélation. Pourquoi ne pas tenter de traiter les idées du film d’origine avec une perspective plus moderne ?

Et voilà que le réalisateur de ce navet nous parle de « révélation » de « perspective moderne » – Il y en a vraiment qui ont du culot !

Tiens c’est curieux, sans le vouloir, il se trouve que ma note 3/10 rime avec le titre 3h10…

https://fr.wikipedia.org/wiki/3_h_10_pour_Yuma_(film,_1957)

Van Heflin
Glenn Ford
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