Avis – Affaire Siegler / Moris. Faites entrer l’accusé. Résumé. Lantieri > Morandini.

Deux criminels, qui ont déjà commis un homicide, se sont connus en prison. Une fois sortis, ils se sont rapprochés l’un de l’autre.

Siegler est dangereux mais paraît plus malin. Il aurait été malmené pendant son enfance. Son père l’aurait puni en l’obligeant à porter un collier étrangleur pour chien fixé au bout d’une laisse. Le reste de son histoire n’est pas brillant. Dominateur et violent il a été jusqu’au pire.

Moris paraît lui plus fruste. Sa hargne ne se montre pas d’emblée, mais elle est bien réelle.

A priori ce nouveau meurtre qui les amène aux Assisses semble avoir été organisé et commis principalement par Siegler. La victime est Philippe Vuillet (20 mars 2007). Il a une voiture qui arrangerait bien Siegler qui est en cavale et on peut lui prendre des sous.

Mais ce personnage hautement suspect et ses avocats se débattent comme des diables pour insinuer le doute dans les esprits. En plus Siegler joue au chat et à la souris avec le juge.

Pour ce parti, ce serait Moris qui se serait déchaîné, pour une sombre histoire de rejet de l’homosexualité.

Par contre, ils ne peuvent pas nier que la ceinture qui a servi à l’étranglement ait été tenue par Siegler (ADN). D’où leur idée que les deux auraient serré en même temps. Ce qui en soi est déjà un aveu de culpabilité. C’est aussi parole contre parole, et à ce jeu Moris a plus de mal à se défendre.

Cette façon de voir peut se comprendre d’une certaine manière, mais sans vouloir défendre Moris à ce stade, on a quand même l’impression d’une défense qui construit un récit à partir du moindre interstice laissé libre. Cela engendre un certain malaise.

Les deux ont laissé un tas d’indices de leur présence dans la voiture de Vuillet et sur les lieux du crime. Cet homme a été drogué au Subutex avant d’être étranglé et « fini » par des coups violents. C’est avant tout une histoire sordide avec des protagonistes répugnants. On parle de « Bombe lacrymogène, vol de voiture, projet de fuite en Espagne, chèques falsifiés, strangulation»

On ne peut pas nier que Moris soit resté au moins passif et n’ait pas tenté d’arrêter Siegler. C’est en tout cas ce qu’il accorde à la justice. Il aurait pu d’ailleurs aller plus loin et prétendre qu’il n’a rien fait par peur des représailles de Siegler et ainsi sortir un peu son épingle du jeu.

Mais son passé criminel et des sautes d’humeur en plein procès, montrent qu’il pourrait avoir parfaitement participé au meurtre plus directement.

Les juges les mettent à égalité dans le crime lors du premier procès, mais condamnent plus lourdement Siegler (perpétuité) dans le dernier procès. Moris aura 30 ans.

  • Je ne voudrais pas être à la place de ceux qui ont jugé. Car avec les éléments dont ils disposaient, ils ont été contraint d’extrapoler.

Ces émissions sont bien montées. On a déjà eu l’occasion de le dire. Frédérique Lantieri ne s’en sort pas mal. Elle arrive à « faire parler » pas mal de personnes qui ont été confrontées à cette enquête. Cela donne une bonne image de la justice et des enquêteurs, surtout si comme ici, on sent le sérieux et la réflexion de ces personnages.

Le fait que cela se passe dans une région que je connais bien, donne une épaisseur supplémentaire à l’affaire.

Morandini s’est aussi spécialisé dans une déclinaison loco-régionale des affaires. Mais avec un résultat bien moins convaincant. On a la fâcheuse impression que ce commentateur a un stock très limité de phrases et qu’il nous les ressert à chaque fois. Et le déroulé est très artificiel. Ce n’est pas tant la recherche de la vérité qui semble l’animer que de susciter indignation et dégoût. Le côté tapageur et la stimulation des bas instincts sont forcément plus « vendeurs » auprès d’un certain public.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Moris-Siegler

https://www.lalsace.fr/actualite/2009/12/09/assises-perpetuite-pour-ziegler-et-moris

Avis – Affaire Siegler / Moris. Faites entrer l’accusé. Résumé. Lantieri > Morandini.
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