Avis. American pie 4. Stifler. Seann William Scott – Résumé (2012) 4.5/10

American reunion épisode de trop

Treize ans ont passé depuis le dernier épisode.

Un bilan en forme d’enterrement du genre friendly-sex-comedy.

A bien y réfléchir, même si cela n’en a pas l’air, cette « série » consacre le respect absolu des codes de la morale américaine. Le bon vivre ensemble des Wasp.

Sous des apparences de sexe débridé, tout est en fait dans le rang. Bien à sa place et respectueux.

Pas bien différent en réalité des vieilles comédies de l’époque prude du cinéma US qui se permettaient quelques écarts.

Et même, là où on flirtait dangereusement avec une censure féroce, désormais on ne prend plus de risque. On se laisse aller maintenant à la très banale auto-censure.

Respect des parents.

– L’image du Père est incrustée, tenace et indiscutable.

– Par exemple le fameux père Levenstein aux sourcils fournis.

– Les mamans sont intouchables.

Respects des institutions, dont en particulier le mariage.

– Les femmes mariées sont intouchables.

– Les copains mariés bénéficient d’un statut spécial également.

Respect du tabou de la « trop grande » différence d’âge, dans la relation amoureuse.

– Les ligues de vertu ont du s’émouvoir, car ici la différence d’âge est mal vécue. C’est vous dire le degré de conformisme moral du film !

Sanctification de la « virginité féminine » (quasi-pléonasme)

– La jolie jeune vierge survoltée cherche à faire tomber le jeune marié. Mais celui-ci par respect des valeurs familiales mais aussi de la virginité en soi, ne cédera pas.

Le tabou de la nudité.

Les enfants doivent être protégés de la nudité. Les parents la cachent. Point.

Amour et sexe.

Pour les auteurs, il y a clairement d’un côté la sexualité et la fantaisie et de l’autre l’amour sérieux, la famille, la tendresse.

Les nouveaux conformismes et le nouveau respect la bien-pensance.

– Ainsi il faut au moins un couple homosexuel dans le scénario. Comme ça le film est conforme. On lui donne son visa d’exploitation.

Maintien des apparences.

– On peut mentir sur sa vraie position sociale. Le mensonge avoué est compréhensible tant est fort le besoin de reconnaissance dans cette société.

Tous les points précédents sont développés dans un article à part. Codes moraux américains – retour dans le cinéma contemporain

Stifler ce vieux démon !

Dans ce monde organisé et stratifié, on pourrait s’ennuyer. Il faut un peu de perturbation, avant que tout revienne dans l’ordre dans la grande messe finale. Il faut que « provisoirement » tout change pour que rien ne change (« Le Guépard »- Giuseppe Tomasi di Lampedusa)

C’est là que Stifler intervient. Ce rôle de déviant un peu lourd colle désormais à la peau de l’acteur Seann William Scott.

Difficile de le voir dans un autre film sans avoir ce voile sur les yeux. Et pourtant c’est un acteur capable (je l’ai apprécié par exemple dans son interprétation sérieuse de Just before I go (2014))

Stifler va tenter de briser les codes, avec pas mal d’irrespect des conventions énoncées ci-dessus. L’exécuteur des basses œuvres va y aller avec une bonne dose de scatologie et autres réjouissances. Il sort du cadre… il va juste un peu trop loin.

Plutôt que se contenter de voler des bières d’une bande de petits jeunes, en représailles, il chi*e dans la glacière et bousille les jets skis. L’atteinte à la coûteuse marchandise étant la plus mal vue.

Mais il sera rappelé à l’ordre et finit peu ou prou par rentrer dans le rang.

Déroulement.

Les anciennes têtes, nous les connaissons nécessairement au quatrième épisode. Cela devrait être pour nous comme les retrouvailles de vieux amis. Ah tu n’as pas changé ! Et vraiment ils ont peu changé.

Ils réapparaissent les uns après les autres au fur et à mesure du déroulement du scénario. Et le réalisateur en a gardé sous le coude jusqu’à la fin, au cas probable où on s’ennuierait.

Ce défilé des anciens, c’est un procédé ultra-classique dans ces films en série.

Le syndrome « un épisode de trop »

Conclusion

Au final, on traîne la patte. Mais bon cela se laisse regarder. Principalement si vous êtes anthropologue.

Les producteurs ne doivent pas savoir cela : l’amitié augmente en visitant ses amis. Mais en les visitant le plus rarement possible.

Et nous, on n’a plus trop envie d’aller dans ces réunions des anciens.

Pourtant le pire est à craindre. Les « héros » on décidé dans le film que cette réunion serait désormais annuelle !

Si c’est vraiment le cas, planquez-vous, trouvez des excuses, fuyez !

(*) Popeye : Oh putain, je me suis niqué 3827 kilo de gonzesse

https://fr.wikipedia.org/wiki/American_Pie_4

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Alyson Hannigan
Chris Klein
Thomas Ian Nicholas
Seann William Scott
Eddie Kaye Thomas

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