Avis. Brooklyn Boogie. Film. Paul Auster, Harvey Keitel, Madonna, Jarmusch, Michael J. Fox, Lou Reed 8/10

Il n’y a pas à se bagarrer pour savoir si Brooklyn Boogie est la suite de Smoke ou non. Les deux sont faits la même année, avec à la base le même auteur : le grand écrivain Paul Auster. Wayne Wang est toujours à la réalisation. Harvey Keitel conserve sa position au centre.

Et l’esprit est toujours dans la promotion et le soutien inébranlable de ce quartier de Brooklyn et à sa faune. C’est vite fait mais ce n’est pas bâclé. Ce ne sont pas des films linéaires et donc le terme « suite » est inadapté. Ce sont simplement d’autres saynètes. La vie continue en discontinu.

« Blue in the Face » est donc un long métrage de Paul Auster et Wayne Wang, sorti en 1995. Il est bien plus important qu’il n’y paraît à première vue. Il faut dire que le doublage en français soustrait nécessairement pas mal de finesse. Il faut faire avec.

L’enjeu, c’est quoi ? C’est la résistance de petites gens, pas si ordinaires que cela. Ils vivent dans une grande ville. Ils y ont leurs petites habitudes et leurs connaissances.

Il y a de tout dans ce melting-pot généralisé. Bien entendu ce n’est pas une « leçon » de multiculturalisme, même si une certaine tolérance à la différence est admise, voire encouragée. Mais on rie tout autant de l’esprit large et mal approprié d’une jeune femme qui vient de se faire voler son sac par un petit noir que des préjugés plus classiques qui vont dans l’autre sens.

Le pivot c’est la petite boutique tenue par Harvey Keitel, comme dans Smoke. C’est principalement un tabac où une population très diverse vient s’approvisionner.

En 1995 on pouvait faire éloge de la nicotine et de la fumée en se souvenant des circonstances de sa première clope (imitation d’un héros cool de cinéma). Mais on aura aussi l’attitude inverse, en rappelant les morts dus au tabac et en encourageant son arrêt définitif. Ainsi le grand Jim Jarmusch nous fait un beau numéro avec sa dernière cigarette. Quel beau duo avec Harvey Keitel.

Michael J. Fox passe par là. Il prétend avoir fréquenté les grandes écoles mais semble réduit à faire de curieux sondages sur le vif. Encore une scène d’anthologie.

Lou Reed est une sorte de philosophe qui fait des soliloques très généraux sur sa ville. Il fait aussi la promotion de lunettes de vue spéciales qu’il aurait inventé.

Madonna est une colporteuse de messages chantés dansés. Elle apporte la bonne nouvelle. La boutique déficitaire ne sera pas fermée.

Victor Argo est le propriétaire en titre de l’affaire dont il a laissé la gérance à Harvey. Un amour improbable avec une avenante dondon (Roseanne Barr) va le faire revenir à de bons sentiments. Sa conduite sera généreuse. Il était déjà dans Smoke en 1995. Ce proprio d’un tabac mourra en vrai d’un cancer du poumon.

Giancarlo Esposito sera un personnage noir présent dans les deux films.

Malik Yoba est un rappeur, vendeur polyvalent de talent.

Mel Gorham, la copine jalouse de Harvey, interprète une gentille fofolle et c’est plaisant. Elle joue dans les deux opus également.

Les Gaufres belges sont de la fête. On apprend qu’elles sont devenues des sortes de bananas split sur gaufres et qu’elles ont répudié leur origine.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Brooklyn_Boogie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Smoke_(film)

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