Avis : Chouans ! de Broca, Noiret, Lambert Wilson, Sophie Marceau et Stéphane Freiss … 5.5/10

Dans les années 80, en France, des films hyperactifs se voulaient entraînants. Au service de ce tourbillon, on note ici des acteurs fétiches de l’époque : Lambert Wilson, Sophie Marceau et Stéphane Freiss

Comme c’est un scénario historique, et qu’il faut se conformer à certaines représentations, on rajoute des personnages « truculents ». Un anachronisme rabelaisien.

C’est du Philippe de Broca tout craché ! Confer Cartouche, L’Homme de Rio, Le Magnifique et j’en passe.

Mais vus maintenant, cette excitation semble bien artificielle. La magie suggérée tombe à plat. Le film n’est pas une réussite. D’ailleurs on n’en parle plus beaucoup.

Le côté saga est conforté par la prise de vue très cinémascope et le très long déroulé de cette affaire : 145 minutes. Pour moi, avec aussi peu à dire, c’est bien trop long.

Philippe Noiret joue la modération. En tant que comte Savinien de Kerfadec (Philippe Noiret), il a le cul entre deux chaises et la tête en dangereux équilibre sur ses épaules.

Politiquement il faut assurer savamment la transition révolutionnaire sans perdre trop de plumes. Entre lui est son fils, il y a comme qui dirait la problématique du « il faut que tout change pour que rien ne change » du Guépard de Visconti (Burt Lancaster et Alain Delon). Mais l’oeuvre de Luchino Visconti sur le texte de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, est bien antérieure (1963) et plus futée.

Pourquoi avoir massacré le récit, en lui mettant sur le dos la très improbable invention de l’aile volante et du moteur à vapeur embarqué dans cet aéronef. C’est du franc n’importe quoi, qui n’apporte rien.

L’historicité de cette fresque de la révolution et de la contre-révolution est très romancée. On se croit obligé de mettre Sophie Marceau au milieu de tout cela. Et de mitiger les aspirations politiques par des rivalités amoureuses de garçons. Elle joue étonnamment mal avec son sourire satisfait. Lambert Wilson et Stéphane Freiss s’en sortent bien mieux. Et on leur pardonne pas mal du fait de leur trépidante jeunesse.

Les enjeux de part et d’autre sont mis sur un pied d’égalité. La révolution tente de sauver sa peau, en particulier face à la coalition des monarchies européennes. Elle commet des exécutions. Certaines sont sommaires et injustes. Certains pensent qu’il ne fallait pas commencer par un régicide. D’autres au contraire félicitent cet acte qui interdit tout retour en arrière.

En face, il y a certes la défense des intérêts privilégiés, mais aussi une certaine conception élitiste et motrice de la pyramide sociale. Et là Jean-Pierre Cassel et Charlotte de Turckheim  sont assez à l’aise.

L’appel aux bons sentiments « chrétiens », alors qu’en face on tue à bout de bras, a des chances d’être entendu. Sans compter avec la récupération d’un bébé accouchée par sa mère dans la boue et la pluie. Avec pour surenchère la mort de la femme de Philippe Noiret en couche.

Pour nous qui sommes confortablement assis dans notre fauteuil, le débat est loin d’être tranché. Mais à cette époque les urgences opposées se faisaient face à face.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Gu%C3%A9pard_(film)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_de_Broca

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chouans_!

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