Avis. Cowboys et envahisseurs – Daniel Craig, Harrison Ford – Résumé. (2011) 3/10

En voulant, si maladroitement, tenter la fusion du western et du film de science-fiction, on a réalisé un des plus gros gâchis du cinéma.

Mais comment ont-ils pu en arriver là ?

Il y avait pourtant un beau budget, de belles capacités de prise de vue, des acteurs très célèbres, et un point de départ prometteur pour qui saurait relever le défi… pourquoi fallait-il tout foutre en l’air en se lançant dans une intrigue d’une telle imbécillité ?

Et que font Daniel Craig, Harrison Ford, Olivia Wilde, Sam Rockwell… dans cette sinistre farce ?

On a là tous les travers des westerns les plus crasses, et pas une once d’imagination pour le versant science-fiction. Et la résultante est pour le moins ennuyeuse.

D’abord, c’est du cowboy on ne peut plus basique, avec des gros méchants et des petits gentils, de la castagne et du tir au canard. Mais on nous bassine aussi avec de prétendus bons sentiments, la défense de la veuve et l’orphelin, des propos sentencieux du pasteur, et ce petit dont on sait dès le départ, qu’il va devenir un homme dans l’épreuve. A ce stade, aliens ou pas, tout est éminemment prédictible. C’est déjà en soi un autre très mauvais point.

Bref c’est de la piteuse routine de série B, en pire, comme on n’osait même pas en faire jadis. Comme si on avait absolument rien appris depuis. Comme si les auteurs de se film étaient tous pris dans une sorte de confondante viscosité mentale.

L’irruption des aliens dans ce petit monde, n’apporte strictement rien en soi. Pas la moindre étincelle d’intelligence ne traverse le scénario. C’est juste l’occasion de bagarres supplémentaires et qui restent toujours étrangement à taille humaine.

On en est encore au mythe de Roswell où les aliens kidnappent les humains pour les étudier. C’est à hurler de rire. De plus les créatures sont tout droit sortis de la matrice Giger avec leur côté gore et visqueux et leurs petites mains qui sortent de leurs entrailles.

Figurez-vous que ces êtres évolués et surarmés, dotés de moyens des siècles futurs, et qui arrivent en fusées sophistiquées grandes comme des gratte-ciels, sont impuissants à se battre avec des cowboys, qui pourtant ont juste leur bonne volonté et de petits pistolets.

Ils ne font pas mieux contre les Indiens dotés d’arcs et de flèches.

Le réalisateur a juste oublié de doter les E.T. de leurs armes révolutionnaires, quand ils sortent pour régler leurs différends dans le monde. Ou plutôt, il a préféré oublier ce « détail » pour permettre le retournement en faveur des humains.

Leur tour imprenable est curieusement non protégée non plus. N’importe qui avec un lasso et un pain de dynamite peut en arriver à bout. On se moque du monde.

Seul Craig le terrien aura à sa disposition le bracelet lance rayons de la mort, qui vient de la haut. On nous prend pour des billes.

Sur tous les plans, c’est confondant de manque d’ambition. Et là c’est juste que je veux rester poli.

Du conventionnel, on n’en manque pas. Au début, on a donc les méchants bandits qui terrorisent la ville, une sorte de Nothing Gulch. Ces racketteurs ont choisi un shériff à leurs bottes. Les gentils se tiennent à carreau, comme le pasteur prêchi-prêcha, la veuve et l’orphelin, les jolies femmes et quelques belles âmes.

Les Indiens qu’on pensant menaçant, de loin, sont en fait nobles et généreux.

L’union fait la force et patati et patata.

Les mimiques sont constamment dans le registre « les yeux écarquillés ». Voilà pour la « psychologie ».

L’éternel musique héroïque, la bien connue, celle qui est pleine de cuivres et de violons, souligne à gros traits l’ambiance dans laquelle on voudrait nous mettre. En tout cas elle tente de nous empêcher de nous endormir ou de penser. Il suffirait qu’elle s’arrête une bonne fois pour que les gens sensés sortent de leur engourdissement et zappent.

On court ainsi pendant deux heures. Et bien entendu les gentils avec leurs lance-pierres gagnent à la fin. Toute l’infrastructure alien explose et part en fumée et basta.

Tout les rescapés sont contents. L’adolescent est devenu un homme en trucidant au couteau un E.T.

Les kidnappés libérés reviennent à la vie, sous les yeux émus des familles, un peu comme le retour dans Rencontres du troisième type. Les couples sont à nouveau réunis. Les « soldats » de la noble cause rentrent au camp.

Craig l’ancien bandit, devenu justicier, reprend goût à la vie, après une embrassade avec Olivia Wilde, une E.T. gentille d’une autre espèce.

Le vieux Harrison Ford, l’ancienne terreur du village, qui franchement semblait plutôt faire de figuration ici, retrouve son mauvais fils. Ce dernier, fort heureusement a perdu la mémoire, et donc peut repartir sur de meilleures bases.

Et la petite bourgade a retrouvé la paix.


Aucun second degré, c’est juste bête à pleurer !

Et dire que certaines critiques ont trouvé cela « divertissant » ! Comme on n’ose pas imaginer qu’ils puissent être corrompus, cela laisse à penser qu’on est tombé bien bas dans la culture cinématographique.

Le public a été moins indulgent, il a boudé le film.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cowboys_et_Envahisseurs


Daniel Craig

Harrison Ford
Olivia Wilde
Sam Rockwell
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