Avis. Deep impact – Film – Elijah Wood – Résumé (1998) 4.5/10

Mauvais plan sur la comète.

Trop longue mise en place. Trop de conformisme dans les rôles. Et une fin quand même convenue même si elle fait dans la demi-mesure.

C’est un blockbuster catastrophiste classique. Son principal intérêt réside dans les « belles » images de synthèse sur des destructions massives des cités américaines côtières, par une sorte de tsunami. Mais cela ne dure pas bien longtemps.

Un gros caillou de l’espace est tombé. Un autre est resté en l’air. Suspense !

Les fossiles de dinosaures en frémissent encore.

Il y a ces inévitables situations para-militaires qui plaisent tant aux USA. La salle de contrôle bien ordonnée et caporalisée, les instances dirigeantes si bienveillantes au service de la nation, les tirs atomiques, le sacrifice ultime des héros, les soldats bleus, tout cela est vraiment devenue une routine dans ce genre. Peu de chance d’y échapper. Pas touche à ces valeurs panthéonisées, de ce côté de l’Atlantique.

Quant au déroulé, c’est la routine aussi. On assiste à ces éternelles luttes contre la montre, qui ne visent qu’à nous énerver et nous rendre dépendant de cette drogue de l’immédiateté. Aussi toxique que le venin distillé par les chaînes d’infos en boucle. Le countdown qui s’enchaînent, permettant les multiples suspenses bien artificiels de l’in extremis.

Il y a bien entendu quand même de la casse, pour ne pas paraître trop linéaire et surdéterminé. Et elle ne touche pas que les méchants, ce qui est en soi un peu original. D’habitude se sont les incrédules crasses, les empêcheurs d’intuitionner en rond, qui s’en prennent plein la tronche. Comme s’ils l’avaient bien cherché. Parfois ce sont les gros et moches (pour jurassic monstres gourmands, par exemple). Mais ici il y a du tout venant et même des gentils, qui passent à la casserole. Et Dieu dans tout cela ?

Mais qui est dupe quant au sort bien trop privilégié de l’ex hobbit Frodon Sacquet, qui est dans le civil l’éternellement jeune Elijah Wood (*). Ce chevalier des temps modernes prend tous les risques mais sera forcément un des derniers sauvés-de-justesse. L’immanence, le retour !

Et pas mal de sorts sont inévitables comme celui-là, juste parce que c’est imposé par les contraignantes lois du spectacle de masse. Que cela m’est pénible.

Et comme ces conventions tacites ne suffisent pas, on rajoute pas mal de cache-misère. Comme ces tonnes de pathos, ces ruptures inévitables et déchirantes, ces pleurs familiaux en veux-tu en voilà, et toutes ces choses mélodramatiques, façonnées de toutes pièces et supposées nous retourner.

Pas sûr que cela soit efficace à ces doses. Au total le gâteau est tellement bourratif qu’on a juste envie de déserter la fête.

Alors que la comète est sur le point de percuter la terre, elle vise curieusement les USA en premier. Pour une fois l’américano-centrisme leur servira de leçon. L’idée est bien entendu qu’il faut une prise de conscience et un sursaut national. L’humanité sera détruite, à part un million d’Américains choisis au hasard sur les numéros de sécu. Les dilemmes et autres tourments qui en découlent feront que cela crie tout le temps.

Mention spéciale pour les yeux révulsés. On se dirait à l’époque glorieuse du muet.

Et pour spectateurs qui n’arrivent pas à entrer dans le jeu, il y a la musique violoneuse qui fait tout pour les diriger. Cette tentative de canalisation des esprits à la Pavlov est insupportable.

Téa Leoni vient à la rescousse de ce scénario peu subtil. C’est une commentatrice TV, qui est donc informée avant les autres, mais qui verra dans son entourage ce que cela signifie vraiment. On peut donc compter sur ses mous peu rieuses, surtout si l’aïeule menacée est Vanessa Redgrave. Le plus de 50 ans n’ont pas le droit au tirage au sort salutaire. Mais alors le glorieux président !?!?

Le gars interprété par l’inoxydable Robert Duvall est un brave astronaute qui jadis a marché sur la lune. Il est de cette mission qui pense possible la destruction de la menace avant qu’elle nous tombe dessus. Et bien entendu, une fois encore, la simplicité et l’expérience basique l’emporteront sur la haute technicité. C’est toujours comme cela au cinéma, avec ce petit côté démago en faveur des bricoleurs du dimanche et des vieux has been.

Mais dans la vraie vie, les petits MacGyver ont plus de mal à résoudre les problèmes cosmiques et les équations du 25ème degré. Heureusement qu’on ait quelques savants certifiés à disposition.

Et puis il y a Morgan Freeman. S’il est un jour au chômage à Hollywood, il pourra compter sur ses qualités de président de la république. Ici c’est un président des USA, assez peu laïque, et qui nous fait un crispant In God We Trust en direct « Dieu entend chaque prière… ». Dans Invictus, il est Mandela, un président de l’Afrique du Sud qui donne des cours de renforcement psychologique. Et il y a un précédent d’acteur devenu président US.

Espérons que ce Deep Impact ne fera pas des blessures irréversibles dans votre cerveau. A voir comme je suis devenu bizarrement pessimiste, il faut croire qu’il y a un sérieux risque.

(*) Je me demande quand même, s’il ne doit pas ses capacités à sauver sa peau, quasi surnaturelles, au fait qu’il puisse être un extra-terrestre (ou un infra-terrestre ? On ne sait pas trop d’où ils viennent ces oiseaux là). J’rigole.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Deep_Impact_(film)

Elijah Wood
Téa Leoni
Morgan Freeman
Leelee Sobieski
Vanessa Redgrave
Robert Duvall

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