Avis. Les Demoiselles de Rochefort. Démodé ? Legrand. Demy. Deneuve. Dorléac. Gene Kelly 7/10

Cette sympathique comédie musicale est appliquée et plutôt bien travaillée. Mais je l’ai toujours réceptionnée au mauvais moment.

Éternel insatisfait !

Plus jeune cela m’a semblé barbant et ce n’était d’ailleurs pas trop dans l’air du temps.

A présent, je suis sans doute plus sensible à la musique de Michel Legrand et à la chorégraphie américaine de Norman Maen, mais je vois davantage les défauts. Même si on accepte la licence poétique, cela reste quand même assez concombre (on dire encore cela ?)

Allez, on commence la déconstruction :

Gene Kelly ne m’a pas l’air si à l’aise que cela. Son sourire permanent ne me convainc pas, au contraire. Je trouve qu’il y a quelque chose de faux. Et en effet il était pressé, n’ayant que 3 semaines à donner au film. Il n’a pas pu chanter sa partition lui-même ( Donald Burke )

Je vais peut être surprendre mais je n’ai jamais été vraiment convaincu par Françoise Dorléac. Il y a quasiment quelque chose de physique qui me pose problème. La pauvre est morte accidentellement un peu après la fin du tournage.

Catherine Deneuve par contre est bien dans son rôle, même si c’est celui d’un joli petit oiseau fardé. Il manque un je ne sais quoi de « sexuel » dans sa manière d’être. On sent que Jacques Demy, pourtant conjoint de Agnès Varda, n’est pas si en phase que cela avec les émotions féminines.

Il se rattrape avec Jacques Perrin qu’il dorlote tout particulièrement. Ce « beau marin » blondinet est outrageusement édulcoré, au point de tomber dans du sirupeux bien épais. Le réalisateur semble vouloir avaler tout cru ce tentant gâteau. Un peu de tenue Jacques ! C’est plus pour lui un idéal masculin que le prétendu « idéal féminin » qu’il cherche.

Les minets en bottes blanches, le style décorateur bien spécial, toutes ces minauderies donnent un « genre » comme on disait à l’époque.

Danielle Darrieux, 50 ans, a de très beaux restes. Moix va-t-il réviser son jugement avec ce contre exemple ?

Michel Piccoli se garde bien de chanter et le doublage est bien évident. Le coup du Monsieur Dame est un peut trop répété.

Le George Chakiris de West Side Story fait des merveilles chorégraphiques. On est toujours surpris par un tel niveau de professionnalisme américain. Grover Dale danse très bien aussi.

Henri Crémieux, qui sort d’un cinéma d’un autre âge, est habilement détourné de ce qu’on attend de lui.

A cette époque encore assez imprégnée des classiques, il était de bon ton de sourire des parodies en alexandrins. Cela a pas mal vieilli quand même.

Le film est très lourdement truffé de produits placés. Cela en devient choquant. On a sous les yeux Honda, Rocca, Johnson, Mariner, Renault, Shell, Trojan… en permanence.

Bon, d’accord, il y a quand même cette ode à la joie bien française qu’est la Chanson des jumelles.

Ce film tourné en français et en anglais a eu plus de chance à l’international.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Demy

https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Chakiris

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Demoiselles_de_Rochefort

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