Avis. Dolorès, malédiction pull-over rouge. Ranucci. Perrault contre Rambla. Lunimbu, Beidl – Résumé 8/10

C’est un documentaire rentre-dedans qui se révèle fort intéressant. Il n’hésite pas à accuser nommément. Il souligne de graves instrumentalisations politiques, littéraires et médiatiques.

Il parvient à disséquer des problématiques complexes, tout en gardant une belle fluidité. Il s’adresse autant à la raison qu’aux sentiments.

I) L’histoire princeps est connue.

Christian Ranucci a assassiné la petite Dolorès Rambla, 8 ans. Il a été jugé et condamné à mort. Ce fut le dernier guillotiné.

Le journaliste écrivain de la gauche radicale Gilles Perrault a cru bon de se mêler de tout cela. Son livre « le pull-over rouge » a remis en cause l’enquête. Ce fut un best seller.

Il a même tenté d’innocenter Ranucci avec des indices à décharge très tendancieux. On a démontré par la suite qu’il avait été très superficiel dans son analyse et qu’il s’est basé sur de faux arguments. Du travail de journaleux peu consciencieux. Il a été condamné pour diffamation policière. Mais ceci avait peu de poids en face de ces torrents idéologiques. Il a semé définitivement le doute.

  • Il y a toujours un public prêt à gober les histoires complotistes et/ou les pseudos révélations qui sont à 180 degrés des thèses « officielles ». On vit encore dans cette ambiance là.
  • Cette « idéologie » était largement répandue à l’éducation nationale. Au point qu’un manuel scolaire donnait des extraits du livre de Perrault.

La famille de la gamine trucidée en a été profondément meurtrie. Une partie de l’accusation repose sur le témoignage du jeune fils, Jean-Baptiste âgé de 6 ans. Un homme sortant d’une « voiture grise » lui a demandé de partir à la recherche de son chien pendant que sa sœur devait rester sur place. Lorsqu’il est revenu tout le monde avait disparu.

Ranucci, 20 ans, possède une 304 métallisée. Il brûle un stop, commet un accident et s’enfuit. Des témoignages disent qu’on l’a vu avec un enfant après la collision.

On le retrouve avec sa voiture embourbée dans une galerie de champignonnière . Pas loin de là où se situe le cadavre. De plus on l’a vu portant « un paquet assez volumineux ».

On l’arrête et on retrouve dans sa voiture « un pantalon taché de sang » qu’il dit avoir porté le jour du crime.

Il avoue à trois reprises. Il dessine un plan fidèle. Il dit avoir tué avec un couteau spécial. On retrouvera ce couteau ensanglanté et il est exactement là où il l’a dit.

Il aurait des antécédents suspects avec des enfants.

Dans les tentatives de révision, il y avait bien entendu le combat légitime contre la peine de mort. Mais celui-ci n’avait pas besoin du mensonge et de la manipulation. Même Badinter dans son complet contre le châtiment barbare, a cité l’affaire Ranucci, comme l’exemple d’un doute.

Les choses se sont gâtées encore plus quand l’extrême droite a choisi le parti de la famille Rambla contre la curieuse mansuétude de l’extrême gauche envers Ranucci. Le père désorienté et fragile a même été présent à des meetings de Le Pen.

II) L’affaire Jean-Baptiste Rambla.

Jean-Baptiste, le petit Rambla de 6 ans, a manifestement été bousculé par le meurtre de sa sœur. Les suites judiciaires et médiatiques n’ont pas aidé non plus. D’après de ce reportage, il aurait aussi subi une pression familiale extrême. Les partisans de l’innocence de Ranucci vont encore plus le harceler.

Il va très mal tourner. Drogue, déshérence et crimes.

Est-ce suffisant pour « expliquer » les deux assassinat qu’il commettra lui-même ? Le grand public fait facilement ce lien déterministe. Mais c’est oublié qu’il y a aussi une équation personnelle.

Et puis comme cela sera souligné au tribunal, on ne peut pas parler de vengeance ou de relation directe avec son histoire. La deuxième, Cintia Lunimbu, 21 ans semble avoir été choisie au hasard. Pour se venger il aurait fallu qu’il s’en prenne à Perrault, dont il pouvait penser qu’il avait contribué à amplifier le désastre familial.

Et puis quand on voit les dégâts qu’il a causé dans ces familles là, on a du mal à avoir de la pitié. La première fois il a semble-t-il bénéficié d’une relative « compréhension » compte tenu du contexte Dolorès… mais ceci n’a plus de raison d’être lors de la récidive. Les familles ont droit à la justice. Ce gars est dangereux et la société doit s’en prémunir.

Le père Rambla n’hésite pas à dire que Ranucci lui a fait perdre deux enfants.

C’est incroyable et pour tout dire inespéré, qu’on puisse faire de tels documentaires à chaud. Jean-Baptiste Rambla n’étant pas encore jugé en appel pour l’affaire Lunimbu.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Perrault

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Pull-over_rouge

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Christian_Ranucci

Avis. Dolorès, malédiction pull-over rouge.  Ranucci. Perrault contre Rambla. Lunimbu, Beidl – Résumé 8/10
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