Avis. Dreamgirls. Film. Suprêmes – Résumé. (2006) 5/10

Dans la mesure où le comédien est un imitateur, un biopic musical est forcément une trahison ; ne serait-ce qu’un peu. Dans un registre proche, on connaît les pathétiques sosies de Johnny Hallyday. Ça vous donne une idée de ce que j’en pense.

Mais dans la plupart de ces tentatives d’envergure de cinéma, plus ou moins réussies, ou plutôt plus ou moins ratées, il reste au moins la musique originale. Avec elle, 50 % du pari est gagné.

Et parfois le réalisateur et les acteurs parviennent à ressusciter l’âme de l’artiste. Ils peuvent en restituer le parcours de manière habilement condensée. Ils trichent mais ils trichent bien.

Quoiqu’ils cèdent souvent à la tentation de tartiner allégrement de pathos.

Il y a quand même quelques belles réussites dans ces forgeries, comme par exemple Walk the Line (2005), Ray (2004)…

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Mais attention ici c’est pire, puisque cela ne revendique même pas d’être vrai ; sans doute pour des raisons mesquines de droit.

Dans son principe, un faux biopic musical vire lui franchement à la malhonnêteté. Et nous sommes bien dans ce registre. Quand des chanteuses tentent d’incarner les Suprêmes (The Supremes), sans les nommer, sans que cela soit vraiment leur histoire et surtout sans la bande son originale, on arrive facilement à du n’importe quoi.

Et là que reste-t-il ? Une Beyoncé qui fait son show. Certes on a plaisir à voir cette reine incontestée de la chanson, mais pas dans ce registre d’imitatrice opportuniste, qui en profite pour nous refiler de nouveau titre, dont Listen. Et comme dans le film elle est dans une spirale de succès, forcément c’est de la claque à bon compte pour l’interprète de maintenant.

Mais si on aime vraiment l’illusionnisme, autant y aller plein pot. Comme pour A Star is Born qui est une resucée (remake) d’une comédie musicale hors sol, c’est à dire sans fondement réel. Avec pourtant un Bradley Cooper et une Lady Gaga qui triomphent haut la main dans cet exercice de recréation. Succès mérité.

Le numéro d’équilibriste de Dreamgirls qui oscille entre la pseudo-réalité et le franc mensonge, reste apprécié par cette critique américaine oublieuse et pas très regardante. Nos éternels newborn n’ont rien à faire en réalité d’un encombrant passé. Déjà qu’ils ont tout fait pour oublier leur histoire européenne, au point de les amener à détester tout ce qui se fait sur le vieux continent.

Ils ont pris l’habitude de ne pas regarder en arrière et/ou de travestir l’histoire, comme si tout avait commencé dès qu’ils ont mis le pied sur les nouveaux territoires. Cela ne leur pose pas de problème de falsifier des légendes.

Le film a remporté pas mal de prix, car il est parfaitement dans les clous de ce qu’on attend là bas. Et la bande originale a fait un carton dans les Charts. Aux USA rien ne se perd, tout se recycle en billets verts. Moi, je suis désolé, je ne marche pas.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dreamgirls

Beyoncé Knowles
Jennifer Hudson
Jamie Foxx
Eddie Murphy

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