Avis. Enquêtes Impossibles. Le meilleur ami de l’homme. Erreur judiciaire

Ici, comme toujours, tout est dans le titre. Le meilleur ami de l’homme est ici bien entendu son pire ennemi. Une gamine semble mordue à mort par des chiens. En pleine agonie, elle est transférée en chirurgie. Là, on tente de traiter ses plaies et de la maintenir en vie. Peine perdue, elle meure.

La famille recomposée n’inspire pas confiances aux policiers. Ils vont finir par étayer la thèse de leur culpabilité sur de ragots, des approximations et des rapports d’experts. Ces derniers voyant des traces curieuses sur le corps vont en déduire qu’il s’agit de maltraitance. Le couple a beau crier qu’il est innocent, ils n’en croient rien. Ils vont passer 5 ans en prison avant que des personnes sans préjugés revoient à fond ce dossier. Un point est particulièrement troublant, des blessures photographiées avant le transport à l’hôpital, ne sont pas les mêmes que celles après le décès, en médecine légale.

En fait les praticiens ont travaillé sur les chairs délabrées, ce qui a donné l’impression de blessures non occasionnées par l’animal (pas d’aspects « dentelés ») et notre pauvre couple a été condamné par un jury populaire qui s’était monté le coup par indignation. Quoi de pire que de parents qui font subir des sévices à leurs gamins et qui finissent par les tuer.

Le récit a bien du mal à se perdre en louanges sur la police scientifique. Vu que ces derniers ont d’abord fauté. L’honnête citoyen a intérêt à se tenir à carreau. Ils ont eu des avocats commis d’office alors qu’il faudrait absolument prendre un ténor quand on est inquiété ainsi. Les gens font trop confiance en la justice. Alors qu’elle n’est pas vraiment là pour la vérité, mais plutôt pour maintenir un semblant d’équilibre social basé sur un sentiment de justice.

Ici on peut très bien comprendre les mécanismes qui conduisent aux erreurs judiciaires. Le « besoin » d’un coupable est une force étrange et qui peut faire faire des bêtises.

Alors que j’apprends que des chiens policiers ont eu des médailles, je suis étonné que ces chiens malfaisants n’aient pas été mis en prison.

***

Cette série d’enquêtes policières était mise en boite aux USA pour la plupart. Le regretté Pierre Bellemare et son équipe assuraient le conditionnement français de l’ensemble, avec des rapprochements au final, quant à des affaires bien de chez nous. Ce n’étaient que de petites fioritures, mais cela passait très bien.

Des séries pareilles, il y en a des tas. La compétition est acharnée.

Ce qui montre d’une part l’omniprésence de la violence et la bassesse des individus coupables ; mais aussi l’attrait obscur pour les faits divers.

  • Même Lénine avait fini par céder à ceux qui voulaient qu’on remette cela dans les journaux. C’est comme pour les jeux de hasard ou la superstition, difficile de lutter contre.

Bien sûr le spectateur peut aussi participer à ces shows par empathie pour les victimes, mais j’ai le sentiment qu’il s’agit plutôt de bas instincts de vengeance par procuration.

  • La justice est là pour tempérer ces mauvaises ardeurs, mais aux USA on s’en contrefiche. On invite même les familles à se « régaler » aux exécutions capitales, erreurs judiciaires incluses.

On ne pas nier non plus que des candidats au meurtre regardent assidûment ces émissions, pour éviter les chausses trappes. Mais cela ne doit pas faire beaucoup de personnes quand même. Depuis que cela existe, vous aurez sans doute remarqué que les suspects éteignent leur téléphone comme par hasard, pour ne pas être bornés. Idem pour tout un tas d’indices et de comportement devant la police. On ne compte plus les nettoyages de coffre de voiture qui durent plusieurs heures, les achats de matériel compromettants en liquide, de passage hors autoroutes…

L’enquête « impossible » qui suit est bien entendu parfaitement « possible ». Ce ne sont pas des cas non résolus.

Pour que le numéro d’Enquêtes Impossibles existe, c’est qu’on a trouvé le responsable. Il y a donc un air de « le crime parfait n’existe pas » qui est propagé par ces émissions. C’est un biais. En réalité, il y a beaucoup de crimes impunis, qu’on se le dise.

Envoi
User Review
0 (0 votes)

Laisser un commentaire