Avis. Fantomas se déchaîne ! de Funès – Mylène Demongeot – Résumé. (1965) 7/10

Sacré Fantômas des années 60, tu nous feras toujours rire. Et c’est mieux ainsi, car celui des années 1910 de Pierre Souvestre et Marcel Allain, était bien moins marrant.

Le début est croustillant puisque de Funès est gratifié de la Légion d’Honneur pour avoir écarté définitivement Fantômas, dans l’opus précédent. Et d’emblée, tous les spectateurs se gobergent, car ils savent que le grand méchant loup bleu, va faire un retour fracassant.

Le discours du ministre permet au récipiendaire de Funès, ce grand comédien, de passer par toutes les expressions de visage possibles. Et il en connaît un bout le bougre.

– Modestie, fausse modestie, suffisance, obséquiosité, joie, bonheur… et surtout inquiétude croissante, quand l’autre finit par lui dire quelque chose du genre « vous, petit Français moyen, citoyen insignifiant… » pour mieux montrer à tous le chemin parcouru jusqu’à la gloire. Un beau numéro d’acteur !

De Funès à son tour fait un beau coup, quand il associe à sa réussite, la belle Mylène Demongeot. Elle est toute mignonne avec ses charmes opulents et bien mis en avant. Quand de Funes débute sa phrase « Vous dont la poitrine mérite… », cela laisse tout le monde effaré.

Il continue avec un apaisant : « Vous dont la poitrine mérite autant que la mienne cette médaille ». Bien vu !

  • Cette iconique descendante de réfugiés ukrainiens, présente un charme à la fois lumineux et coquin, et qui se marie bien avec cette simplicité apparente. Une beauté « accessible » et attachante, que l’on peut préférer aux concurrentes Mercier (plus hautaine) et Bardot (plus bête).
  • Sa vie est intéressante et elle la raconte bien.

De Funès fera une autre belle pantomime, quand à travers une vitre insonorisée, il expliquera à grands gestes, à des policiers italiens qu’il n’est pas fou.

L’énigmatique et ambitieux Fantômas vise haut. Il veut être le maître du monde. Le problème c’est qu’ils sont nombreux dans ce cas. A commencer par les méchants des James Bond. Ces derniers ont peu de chance de pointer au chomdu. Faites la queue, chacun son tour.

La référence triple « 0 » est citée dans le film. Et les décors « futuristes » et les « gadgets » à la française tentent la parodie, non sans un certain respect, mais avec manifestement moins de moyens.

En plus, cela tire toujours un peu vers l’ambiance capitaine Nemo, avec de graves sons d’orgue là derrière.

  • C’est notre truc à nous les Français, la parodie de grandeur. Quand les Américains lancent un porte avion, les Français font de même. Et sur le petit écran la ressemblance est frappante. Quelle fierté ! Mais en réalité le vaisseau français est plus petit, d’au moins un tiers. Je ne sais pas si les avions peuvent encore se poser dessus.

Fantômas est « normal » quand il a cette physionomie de méchant Schtroumpf bleu testostéroné. Et donc pour passer inaperçu, il enlève son déguisement de circonstance, souvent le visage de quelqu’un d’autre, pour se retrouver avec cette très «discrète » tête en caoutchouc bleu. Vraiment incognito. Allez comprendre !

  • Regardez bien, c’est vraiment le cas quand il s’enfuit dans la camionnette, où se trouve le savant kidnappé, qu’il se débarrasse de son casque, et qu’il finit en sinistre homme d’azur, bien en vue, sur le siège passager.

Cet être de caoutchouc n’est pourtant pas de bois. Et il se taperait bien la belle Mylène. Surtout si elle se transforme en une fée clochette évanescente. Le gaillard aime bien cela, les vestales innocentes, silencieuses et apeurées. Chacun son truc. D’ailleurs curieusement elle lui préfère le vrai Jean Marais, homosexuel notoire. Elle en aurait été vraiment amoureuse dès l’âge de 12 ans. Là elle est devenue raisonnable. Le monde est bien étrange.

Ce qui a bien dans ces histoires, c’est que tout est bien expliqué. Les uns et les autres passent leur temps à se dire où on en est dans le scénario. Et donc même un enfant peut suivre.

Mais ici cela se gâte un peu, quand au lieu d’avoir un savant à kidnapper, il y a trois fois le même. Un en Fandor le journaliste, un en Fantômas et enfin le vrai. Chacun pensant pouvoir attraper l’autre.

Dommage que la partition à trois n’ait pas été mieux inspirée. Il y avait mieux à faire que cette bagarre confuse.

Curieux comme en ce temps là, les bals masqués avaient du succès dans le cinéma d’action. En réalité cela devait faire partie d’un manuel des « rebondissements de cinéma pour les nuls » de jadis. Les déguisements et les quiproquos induits ont fini par lasser. Le « truc » est définitivement sorti de l’encyclopédie pour les malcomprenants.

Le saviez-vous ? Il y a eu un sérieux projet de « Fantômas à Moscou », mais les exigences financières du trio d’acteurs auraient fait avorter l’entreprise. Et puis Marais et de Funès ne s’aimaient vraiment pas (dixit Mylène)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fant%C3%B4mas_se_d%C3%A9cha%C3%AEne

Louis de Funès
Jean Marais
Mylène Demongeot
Jacques Dynam
Robert Dalban

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