Avis film. Quentin Durward. Robert Taylor, Kay Kendall, Robert Morley. 7/10

L’esprit chevaleresque plutôt que la cape et l’épée.

Ces films dits de cape et d’épée ne doivent pas nous faire sourire d’un air supérieur et blasé.

En fait, on a tous été façonné par cette noble ambition, cette mythologie profonde, qu’est l’esprit chevaleresque. Et ce n’est pas réservé qu’à l’occident.

Les jeunes générations tentent de retrouver cela dans leur cinéma, qu’il soit Marvel ou autre. Il y a toujours une sorte de prince valeureux qui prend les devants et qui accomplit sa mission.

Même si nos contemporains trouvent dans les réalisations de maintenant, plus de castagne que de réflexion, les bases sont bien entendu les mêmes. Ils restent attachés à ces âmes pures doublées d’une efficacité redoutable qui se battent contre le mal. La noblesse est souvent à prendre au sens propre. C’est la princesse Leia contre le côté obscur de la Force. Les exemples sont tellement nombreux qu’on va en rester là.

Robert Taylor nous fait un Quentin Durward écossais qui correspond totalement à l’idée du chevalier intemporel. C’est le prince Tamino chargé de délivrer Pamina, la fille de la Reine de la nuit. Ici la belle est Kay Kendall, la comtesse de Marcroy. Elle sera montrée dans des décors de carte postale, avec des fleurs partout et une saveur virginale. Son rôle n’est pas celui d’une sotte.

Taylor c’est l’initié en devenir et il franchira brillamment toutes les épreuves.

Et pour mieux faire valoir ses qualités, on lui adjoint un amusant personnage. Il s’agit de l’éternel bohémien Hayraddin joué par George Cole. Il sait que ses buts premiers sont dans la satisfaction immédiate, le moindre effort, et pour y parvenir il pense qu’il faut une absence de scrupule. Il danse, il chante et se fout de son amélioration ou celle de l’humanité. Sans être foncièrement un sale type, il reste et restera toujours un voleur, un menteur. C’est l’atavisme qui veut cela. En tout cas c’est comme cela qu’on considérait les hommes des roulottes en 1955.

Pour poursuivre l’analogie explicite de Schikaneder et Mozart, c’est Papageno, qui ne pourra pas accéder aux niveaux supérieurs et qui ne le souhaite pas d’ailleurs.

Les binômes de ce type, noble et profane, sont légions au cinéma et dans la littérature.

Le film américain est étonnamment respectueux des mœurs de la cour à l’époque de Louis XI. Surprenant quand on fait jouer un de plus british des acteurs, Robert Morley. Il incarne le monarque ambitieux et rusé, qui a plein d’idées dans la tête. Ses démêlés avec Charles, duc de Bourgogne (Alec Clunes ) en direct ou par envoyé interposé, ne manquent pas de sel. D’ailleurs, d’un bout à l’autre, on est charmé par la qualité des dialogues et des intrigues. C’est sans doute la différence principale avec les productions de maintenant du même ordre. Avant cela crépitait du ciboulot sans arrêt et maintenant, à part quelques exceptions, ce sont des marionnettes agitées à encéphalogramme bien plat.

La partie tournée en France nous montre le Château de ChambordLoir-et-Cher ; le Château de ChenonceauIndre-et-Loire ; le Château de MaintenonEure-et-Loir. C’est donc anachronique et curieusement en déphasage géographique avec l’histoire. Mais on pardonne à notre réalisateur Richard Thorpe si fasciné et si respectueux de notre patrimoine. La France, cela voulait dire quelque chose en ce temps là.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Aventures_de_Quentin_Durward

https://fr.wikipedia.org/wiki/Leia_Organa

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fl%C3%BBte_enchant%C3%A9e

https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Thorpe

A l’ancienne cela donne ceci : quelques exemples.

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