Avis. Forbans de la nuit – Richard Widmark, Gene Tierney – Résumé (1950) 7/10

Night and the city

Un film en noir et blanc, traitant du monde interlope, comme on a su si bien en faire, à cette époque.

Des éclairages complexes et impeccables, dans un Londres particulièrement sinistre, au service d’une intrigue expressionniste. C’est à dire que les « expressions » y sont démesurément soulignées. Ainsi quand on a peur, on a vraiment peur. Les traits marqués du visage, la sueur dans la cachette, la course poursuite infernale, tout montre une insupportable angoisse. On est proche d’un Fritz Lang de l’époque du muet.

Pour servir ce thriller, nous avons droit à un scénario limpide et linéaire.

Chaque élément est exposé méticuleusement. Et le réalisateur blacklisté Jules Dassin, nous prépare à la suite. Comme par exemple pour ce défilé initial des différents copains combinards. Des illégaux de tous poils, des trafiquants de cigarettes à la petite semaine, des faussaires, des barmen louches… On les retrouvera ces faux amis, les uns après les autres. Ils seront devenus autant de traîtres, attirés par le « contrat » de 1000 £.

Un escroc sympathique, interprété par l’iconique Richard Widmark, vit avec sa jolie compagne, Gene Tierney. Elle l’aime de tout son cœur, mais connaît ses limites. Elle en a soupé de ses innombrables projets foireux et de cette constante insécurité. Elle voudrait le sauver contre lui-même et avoir enfin une vie raisonnable.

Mais décidément la sympathique actrice, six ans après « Laura » n’imprime toujours pas. Elle n’arrive pas à s’imposer. J’en ai parlé ailleurs. Je rajouterais ici, que malheureusement, c’est parce qu’au delà du beau visage, ce n’est sans doute pas une si bonne actrice que cela. Widmark lui au contraire, sera pour longtemps gravé dans nos mémoires.

Le héros est sans le sous. Plutôt que de travailler comme tout le monde, il tente désespérément de s’en sortir par n’importe quelle martingale. Il veut aller le plus vite possible, en visant au plus haut, au-delà de son niveau de compétence.

Il semble tout aussi crédule parfois, que ne le sont ses victimes. Il s’emballe pour une pastille à mettre dans le réservoir et qui triplerait le rendement de l’essence, et autres arnaques du même type.

Cet homme carnassier, mais souriant et bien habillé, est un habile pickpocket. Ce rabatteur amadoue les pigeons en jouant à l’honnête homme. Pour ce faire il leur rend le portefeuille, qu’il vient de leur confisquer. Tout est une question de confiance.

Le hasard aidant, il se retrouve dans une combine risquée qui le propulse comme manager de spectacles de lutte. Il met les pieds dans un secteur monopolisé par un puissant brigand, d’une toute autre envergure. L’exercice est osé. Pour réunir l’argent, il ment à tout le monde. On le menace clairement de mort, s’il continue à piétiner les plate-bandes du grand banditisme. Mais en jouant d’alliances complexes, il est à deux doigts de réussir son pari. Une femme pourrait être son salut, une autre sa perte.

Les malabars à ses trousses, sont félinesques.

A l’époque le tricheur était inévitablement puni. Je vous laisse deviner la suite.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Forbans_de_la_nuit


Richard Widmark

Gene Tierney
Googie Withers
Hugh Marlowe

Dis grand-père, raconte moi cette époque où les femmes s’affichaient en ultra-femmes et les hommes montraient leur flatteuse masculinité…

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