Avis. Gotti, biopic. John Travolta. Pire film de gangster. 3/10

En tant que spectateur, il y a des films comme ça, où l’on regrette d’avoir été trop paresseux. Pourquoi ne pas avoir arrêté la télé, alors qu’il est encore temps ? Les scènes s’enchaînent et elles sont le plus souvent navrantes. On laisse aller quand même. Et de fil en aiguille, sans vraiment l’avoir voulu, on se retrouve devant le mot fin. L’impression doit être la même qu’après avoir raté l’ascension de l’Everest… en tout cas je le suppose.

Le public ne s’y est pas trompé et a fichu le camp, sans s’y laisser prendre. « Pire film de gangster » ce n’est pas moi qui l’ai inventé : Johnny Oleksinski du New York Post‘s écrit à son sujet « the worst mob movie of all-time ».

Le réalisateur de ce film désespérant est Kevin Connolly. On dirait un gamin. Il a plus été acteur, que derrière la caméra. Et c’est sans doute bien mieux comme cela. D’ailleurs après ce Gotti, il n’a plus rien tourné au cinéma.

Rien n’est crédible et rien ne fonctionne.

John Travolta est à la fois le comédien principal et un des producteurs du film. Sa femme à la ville joue sa femme dans le milieu : Kelly Preston. Cette consanguinité multiple n’augure jamais rien de bon.

Ce John Gotti là est une caricature de Marlon Brando dans le Parrain.

Francis Ford Coppola n’avait pas lui, juste à suivre l’existence d’un mafieux, qui ait vraiment existé. Et pourtant, à mon goût, son Corleone, correspondait déjà une singerie dont ne sait quoi. Mais Coppola avait pour lui une réalisation impeccable et pas mal d’acteurs très performants.

Je me demande pourquoi Travolta tente de faire de Gotti, un truand que l’on devrait plaindre.

  • Oui il avait un cancer… mais comme pas mal de monde.
  • Oui il avait le sens de la « famille », ce Gambino avait une attention toute particulière pour sa femme et ses fils. Dont « junior » qui a fait des études mais que son père a fini par entraîner dans son odieux sillage… et ce mot « famille » peut aussi résonner bizarrement pour ceux qui ont les oreilles bien nettoyées.
  • Oui le malheureux pater familias a perdu un de ses fils tout gamin… mais tous les parents éprouvés ne finissent pas pour autant criminels.
  • Oui il est monté tout en haut de la hiérarchie, grâce à son obstination et son sens de l’entreprise… mais cette « brillante réussite », il la doit à l’assassinat du Parrain en titre de son quartier, le richissime Paul Castellano.
  • Oui il a été blanchi à plusieurs reprises par la justice… ou plutôt par l’injustice de procès trafiqués, de personnes corrompues…
  • Oui, une partie de son quartier réservé a éprouvé de la peine à son décès… clap de fin sincère ou diplomatique ? Et qu’en pensent les victimes du racket et autres gâteries fournies en masse pas les sbires télécommandés par ce criminel ?

Cet adepte de la lugubre Scientology voit-il les choses de travers ? En tant que lecteur assidu de Dianetics, il a sans doute été secoué par l’ouvrage. Il prétend que ce livre l’a guéri (« John Travolta: Scientology Helped Me Heal », 2010). Je serais tenter de penser tout le contraire. Confer un autre frappadingue, tombé dans le chaudron, Tom Cruise.

En tant qu’acteur principal ce Travolta là est à 100 kms de Pulp Fiction. Il surjoue et semble se prendre incroyablement au sérieux. Il atteint là, et dépasse même, la fameuse limite de l’incompétence (Principe de Peter). Et comme c’était à craindre, il fait basculer ses comparses avec lui, dans la médiocrité.

D’autres acteurs tentent vainement de rendre ce trop long-métrage plus crédible : Spencer Lofranco, Pruitt Taylor Vince, Stacy Keach, Chris Mulkey, William De Meo

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gotti_(film,_2018)

https://en.wikipedia.org/wiki/Gotti_(2018_film)

https://en.wikipedia.org/wiki/John_Travolta

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kevin_Connolly

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Parrain_(film)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Castellano

https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Gotti

https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Gotti,_Jr.

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