Avis. Héritage de Rome : Seiland grotesque photographe Balkans. Arte piégée – Résumé. 3/10

Arte prends-garde à toi, tout ce qui se prétend culturel ne l’est pas.

Et ce n’est pas la première fois que je prends la chaîne en flagrant délit de diffusion de bêtises.

De nombreux documentaires qui passent sur cette chaîne méritante, sont excellemment bien réalisés. Ils se montrent instructifs et plaisants.

C’est pourquoi quand on tombe sur quelque chose d’aussi médiocre que cette série « héritage de Rome » on a vraiment de quoi être furax.

Mais comme la critique ordinaire se contente de recopier les âneries que propagent les attachés de presse, vous n’entendrez que des louanges béates.

Arte : « À la recherche du cliché parfait, le photographe immortalise les ruines exceptionnelles de Viminacium, le plus grand site archéologique de Serbie, ainsi que le pont de Trajan, qui relie ce pays à la Roumanie, et d’anciennes mines d’or. »

Eh bien non, le cliché n’est pas parfait (quelle prétention !) et les ruines en question ne sont pas immortalisées par les photos mais par le soin des conservateurs et archéologues du coin.

Le principe de ce tournage est déjà profondément stupide, il s’agit de faire de la publicité à un seul photographe Alfred Seiland. Alors qu’il ne fait que se mettre en scène lui-même et d’encenser devant nous sa propre production. Belle humilité ! Le sujet pour ces gens là, n’a pas tant d’importance.

Il pense avoir trouver la martingale avec son pillage en photo argentique grand format de vagues ruines romaines en Europe.

Il ne produit rien d’original. Son récit historique est affreusement basique ou même inexistant. Il n’a aucune « vision », à part d’opposer l’antique, qu’il ne comprend manifestement pas, à des paysages modernes ravagés, qu’il ne comprend pas plus. Clin d’oeil putassier à l’écologie des sites.

C’est très mauvais. C’est du sous-tourisme ringard et nombriliste, avec des sortes de selfies en 4×5. Le selfie n’est pas sur la photo mais dans cette vidéo où il se met en valeur en train de faire la photo. Comme le veut la formule, on ne sait plus trop s’il faut en rire ou en pleurer.

Et puis ce parti pris de faire des clichés 4×5 pouces à la chambre est fondamentalement débile. Il y a là l’idée qu’on ferait forcément mieux avec ces vieilles méthodes. Cela tient de l’imposture et de la farce. On nous prend pour des gogos.

  • La prise de vue 4×5 est difficile à cadrer avec son image inversée.
  • Il n’a même pas l’indispensable voile noir et/ou le prisme redresseur.
  • Son appareil se montre toujours trop haut placé pour qu’il puisse voir ce qu’il photographie. On dirait une mise en scène.
  • Ce procédé est d’une lenteur rédhibitoire. Je le connais, je l’ai pratiqué. Il faut passer constamment de la visée à la prise de vue. C’est l’un ou l’autre, jamais les deux à la fois.
  • Il utilise toujours un pied ce qui n’arrange rien.
  • Les émulsions sont très lentes comparées aux appareils numériques actuels. Les gros objectifs n’existent pas en grandes ouvertures. Et donc il y a un risque de flou de bouger, une quasi impossibilité de photographie quand c’est sombre etc.
  • Il n’y aucun contrôle immédiat. La phase intermédiaire polaroid est peu fidèle et engendre un long délai supplémentaire. Et cela enlève toute spontanéité à des gens qui pourraient être dans le cadrage.
  • Il se croit obligé d’utiliser un assistant. Vue la configuration on ne voit pas du tout à quoi il sert, à part faire le sherpa… ou je ne sais quoi.

Non, on voit bien tout cela n’est qu’un pitoyable charlatanisme visant à nous faire croire que ce charlot ferait mieux que les autres.

  • C’est le même combat archaïque que mènent les défenseurs des vinyles grésillants contre le son numérique. Ce n’est que de l’ésotérisme facile qui cache tout bêtement de l’obscurantisme ordinaire.

Titre original : L’héritage de Rome : Séance photo dans les Balkans – 2018 – Réalisation : Wilm Huygen

https://www.arte.tv/fr/videos/081558-005-A/l-heritage-de-rome/

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