Avis. Kate Bush, la sorcière du son – Résumé. (2018) 7/10

(production Arte)

Une petite biographie, bien construite et bien documentée, faite par une femme, Claire Laborey.

Jusqu’à présent pour moi, cette chanteuse-compositrice-musicienne-performeuse était une quasi inconnue. J’avais juste quelques tubes en tête, sans pouvoir même y adjoindre un visage précis. En fait, j’avais deux images fugaces de cette femme. Celle de ses débuts avec les jolies couleurs et l’âcre saveur des pommes sures. Et la physionomie plus tardive, d’une femme moins séduisante, plus fabriquée.

Mais maintenant, je sais plus de choses sur cette énigme de la chanson britannique.

Jeune, elle était déjà dans une forte ambiance familiale musicale.

A 17 ans, compte tenu de sa voix exceptionnelle, de ses prédispositions et de son charisme, par un heureux concours de circonstances, elle a été propulsée par David Gilmour des Pink Floyd.

Après avoir signé chez EMI, sous la forte pression de Gilmour, elle a bénéficié d’une importante préparation.

Mais elle a conservé une certaine liberté, qui lui a permis d’orienter son devenir d’artiste.

Par exemple elle a suivi de sa propre initiative, un redoutable coaching corporel avec le mime Lindsey Kemp. Ce qui l’a débridé physiquement et a introduit cette dimension scénique si originale.

Elle réussira à imposer le redoutable « Wuthering Heights », alors que c’était loin d’enchanter sa maison de disque. Le morceau n’était pas dans l’esprit main stream des années 70. Ce sera immédiatement un succès planétaire.

Dès qu’elle aura gagné son indépendance, ce qui viendra assez rapidement, elle suivra davantage son envie de sortir des sentiers battus, que de gagner les faveurs du show business, mais tout en pensant que le public va la suivre.

Ce qui conduira à d’étranges albums expérimentaux. Elle se rapprochera de Peter Gabriel. Ce sont les débuts du sampling dont elle usera et abusera. Dans l’ensemble, le grand public décrochera.

La photographie jouera également un grand rôle dans la création de l’icône. Elle s’entourera de quelques grands. Toujours ce soucis du meilleur visuel.

Une autre comète arrivera en 1980, nommée « Babooshka »- Un immense tube à nouveau. Il y en aura d’autres, plus modestes.

Elle aura de grandes périodes où elle se mettra totalement à l’écart. Dont une de douze ans où elle se consacrera totalement à sa petite famille, dans le plus grand secret. Secret qui contribue à la rendre mystérieuse, donc désirable.

Il y a donc chez elle une vraie personnalité, dont une intransigeance certaine.

On peut mettre à son crédit d’avoir renouvelé le spectacle sur scène, bien qu’elle ne l’ait fait qu’à deux période de sa vie, une fois de manière éreintante à ses tous débuts et l’autre pour une maigrichonne semaine, bien plus tard, sur laquelle on ne sait presque rien. Car elle en a volontairement banni tout enregistrement ou image. Encore le mystère et le teasing !

Il y a vraiment un mythe Kate Bush dont on ne sait pas vraiment la partie «construite» de toutes pièces et celle qui tient de sa vraie originalité, voire de sa mystique.

Il existe un véritable culte de Kate Bush, avec des troupeaux de fans bêlants qui se déguisent dans une de ses fameuses tuniques rouges des débuts, et qui s’agitent façon flash mob, en mimant maladroitement son mime. Souvent des semi-vieux bedonnants et qui ne donnent pas très envie. C’est aussi ça à présent, la pop.

D’après ce que dit le documentaire, elle aurait également ouvert de nouvelles voies dans le domaine musical (hors tube). Mais cela je n’en sais fichtrement rien. Et hors la caution initiale de Gilmour puis de quelques autres, je ne peux pas m’empêcher d’avoir des doutes.

Je vais aller traîner sur Internet, l’histoire de m’en rendre compte par moi-même.

Je ne sais pas si ce film, finalement assez flatteur, est à la solde de ses multiples entreprises, mais comme vous le voyez, il m’a piégé.

https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/07/31/kate-bush-la-sorciere-du-son-portrait-d-une-musicienne-secrete_6047857_3246.html

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