Avis. Les monstres. Film Dino Risi – Gassman – Tognazzi – Résumé (1963) 6/10

Ce film à multiples sketches de Dino Risi est très inégal. Et pourtant c’est incroyable comme son nom est connu des cinéphiles.

Quand Vittorio Gassman et Ugo Tognazzi font dans le burlesque simiesque, cela ne leur va pas du tout. Je passe donc sur ces scènes là.

Mais plusieurs sketches sont plus relevés, car ils font la morale avec humour, en épinglant certaines faiblesses aussi fréquentes qu’amusantes. Il s’agirait donc de brocarder avec légèreté, l’hypocrisie, la persuasion toxique et l’injustice ordinaire…

Voix off : tu parles ! Au contraire, le réalisateur fait juste semblant. En réalité il nous entrouvre de belles lucarnes sur un espace de liberté enthousiasmant, où écraser les gens, les tromper, en faire ce que l’on veut devient possible. Les monstres c’est nous. Et nous ne sommes bien entendu pas dans la contrition. Nous ressentons surtout la joie du chant du tueur au couteau, le célèbre Mackie Messer (version Mack the Knife de Louis Armstrong si possible). Vive l’Opéra de Quat’sous (qui ne vaut plus que Threepenny chez les Anglais et trois groschen chez les Allemands) ! Et vive le cinéma qui nous décharge de nos vilaines pensées en toute sécurité !

On voit ainsi :

  • Un père qui apprend à son jeune fils à ne pas se faire marcher sur les pieds, quitte à ce qu’il devienne aussi infect que lui.
  • Le soldat qui semble vouloir faire avancer l’enquête sur l’assassinat de sa sœur, alors qu’il cherche juste à en tirer profit. Il tente de vendre le cahier intime de cette dernière. Ça vaut des sous puisqu’il y figure d’innombrables relations tarifées avec de grands personnages.
  • Ce « salaud de pauvre » qui va se régaler au match de foot plutôt que de chercher à nourrir sa famille.
  • Ce député corrompu qui met en scène sa retraite quotidienne dans un monastère et qui n’hésite pas à mettre au placard un vieux général gênant. A cette époque cela avait sans doute une portée politique plus audacieuse que maintenant. D’autant plus que ce serait inspiré d’une histoire vraie.
  • Ce brave garçon qui veut témoigner dans un procès par pur civisme et qui finit par être ridiculisé par l’avocat Gassman. Au point que c’est ce pauvre bénévole qui va être accusé de faux témoignage. Pas si mal.
  • Cette scène où Gassman joue un élégant salaud qui veut se débarrasser, sans prendre de risque, d’une maîtresse dont il s’est lassé. Il y arrive en inversant les rôles. Et c’est assez finaud là aussi. Et ces trois femmes sont vraiment jolies.
  • Tognazzi qui réceptionne sa nouvelle Fiat 600. Plutôt que de la montrer en priorité à sa famille, comme il l’avait promis, il préfère l’étrenner avec une pute.
  • Cette critique littéraire incarnée par Gassman et qui prend ainsi un look de quasi travelo. Elle manipule ses confrères pour que le prix soit attribué à un rustaud sans aucun talent, juste parce qu’elle veut se le faire.
  • La belle Michelle Mercier qui trompe son mari à quelques mètres du salon, alors qu’il est accaparé par la télévision.
  • Un ancien boxeur débile se laisse entraîner dans le combat de trop, par un ex-manager sans scrupule et sans crédibilité. Le combattant termine en chaise roulante.

Ainsi tout n’est pas à jeter. Mais il faut quand même signaler que notre Risi avait fait Le Fanfaron, qui lui est un indiscutable chef-d’œuvre, et ce juste un an avant ! Et on est bien loin aussi du magnifique Parfum de femme de 1974.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Monstres_(film,_1963)

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