Avis. Les Proies. Film Coppola – Résumé. (2017) 6/10

Comme c’est dommage ! Sofia Coppola nous avait fait quelques films d’exception, qui lui ont valu une grande renommée, et voilà à présent qu’elle nous propose de l’ordinaire.

Le sujet est assez simple et il aurait fallu le traiter avec plus de nerf. Problème d’actrices ? Problème de réalisatrice ?

Le roman à l’origine du projet, avait déjà été utilisé au cinéma par le passé, de manière plus convaincante.

* * *

En pleine guerre de Sécession, des élèves sont encore élevées avec beaucoup de sérieux dans un pensionnat sudiste. Alors que pas mal de choses manquent et que le danger est à la porte. Les soldats en perdition n’ont pas bonne réputation et il n’y a personne pour les protéger.

Ces jeunes filles – encore des jeunes filles -, auxquelles se rajoutent maintenant deux femmes mûres, sont en ébullition, du fait de leurs passions latentes inassouvies. Elles se contrôlent plus ou moins l’une l’autre en raison des interdits culturels et religieux.

Une pensionnaire de cette institution, strictement féminine, découvre un soldat bleu ennemi mourant pas loin des lieux. Elle ramène ce beau mercenaire, avec difficulté, dans cette immense maison coloniale du sud, où elles ne sont plus que quelques unes.

La charité chrétienne fait qu’on ne peut livrer le fuyard aux autorités sécessionnistes, en l’état. Comme il est d’usage, il faut d’abord réparer le condamné. C’est en tout cas le parti pris par les deux femmes adultes qui commandent, après consentement de toutes les participantes.

La chef en titre est Nicole Kidman, une actrice que je n’aime pas tant que cela. Ici elle est assez autoritaire, plutôt pincée, et sait manier son monde. C’est une sorte de veuve de guerre à principes. Malgré son âge, elle conserve de forts désirs cachés (je vais encore me faire taper sur les doigts par les femmes de 50 ans)

La sous-chef c’est Kirsten Dunst. L’actrice, qui n’a en vrai que 35 ans, s’est étrangement mémérisée. Ce qui rend peu convaincant le coup de foudre du militaire-canon pour elle. Il lui fait même de chastes serments éternels. Cette naïve et que j’oserais dire passablement bovine ici, s’éprend de lui tout aussi rapidement. Tout semble déséquilibré, mais on pourrait admettre qu’il y ait une certaine sincérité à ce moment.

Colin Farrell, qui joue le soldat, se laisse soigner par les donzelles. Elles froufroutent à son chevet. Et elles se plaisent à entrer dans un jeu amoureux. Mais ces premières « attaques » sont faites par des gamines. Cela ne peut aller loin.

Secrètement, une fille qui est plus grande, arrive à gagner le lit du beau mâle.

Kirsten, qui pensait l’affaire réglée en sa faveur, découvre la tromperie et en devient incontrôlable.

S’en suit une chute dans l’escalier du soldat. Il est inconscient. Les plaies de la jambe se sont ouvertes à nouveau et la situation est dramatique. Nicole prend la lourde décision de l’amputer après l’avoir chloroformé copieusement.

Notre viril combattant se réveille avec cette très mauvaise surprise. C’est désormais un infirme. Il en devient dingue et menace vertement toute la gynécée. Il terrorise alors tellement les femmes qu’elles se liguent pour l’assassiner. Elles l’exécutent de la manière la plus calme possible, avec des champignons mortels. C’est parait-il très femme le poison.

L’affaire est bouclée, tout revient dans l’ordre d’avant.

* * *

J’en suis sûr, il y a quelque chose qui cloche dans ce film. Mais quoi ? Je ne sais pas exactement. Comme je l’ai écrit au début, on peut incriminer le choix des actrices, mais aussi la molle réalisation.

L’érotisme est trop édulcoré pour qu’on sente qu’il est un des principaux moteurs. On est plutôt dans le déficit hormonal. Et il manque ce nécessaire crescendo de la passion, de la haine et de la folie, ces pulsions féroces seules capables de mener au meurtre.

Et puis le titre montre bien la dérive. On est passé des proies, que sont toutes ces femmes, à la proie qu’est finalement ce soldat. En tout cas, c’est plus dans ce sens là que dans l’autre à présent. Et même Mme Coppola revendique cet autre regard.

Et donc la formulation « les proies », qui a été gardée par référence à l’original, sonne franchement bizarre dans ce nouveau concept.

Mais il n’y a pas que cela… Autant le succès des grands films de Sofia tend à la maîtrise de l’indicible et de petits riens, autant ses relatifs ratages sont sans doute dus à une mauvaise mise en place de ces toutes petites choses. C’est la rançon de ce jeu qui devrait être subtil.

Ce qui n’a pas empêché Cannes de donner… le prix de la mise en scène. Un autre contresens.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Proies_(film,_2017)

Colin Farrell
Nicole Kidman
Kirsten Dunst
Elle Fanning

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