Avis. Mince alors ! Film – Charlotte de Turckheim – Résumé. (2012) 5/10

Un film sur de vraies et de fausses grosses, toutes clairement délaissées. Ces femmes qui pour des raisons diverses tentent désespérément de maigrir.

Les vraies étant de super-obèses dont la cause – hors-scalpel – est perdue.

Les fausses sont des chichiteuses qui veulent perdre 2 kilos ou qui espèrent devenir absolument maigrasses, dans une sous-enchère anorexique effrénée. Les unes et les autres se heurtent aux limites bien connues des régimes et de la physiologie.

La dernière chance, c’est le centre de cure (*). L’idée étant d’être encadrées, surveillées et de se soutenir l’une l’autre. Certaines y sont venues plusieurs fois, et elles n’ont pourtant pas maigri d’un kilo. Toutes chantent en cœur que les régimes ne servent à rien. On veut bien les croire.

On aura donc les variations et fugues habituelles sur les curistes. Mais aussi une vue de l’intérieur de ses établissements spécialisés avec leurs petites manies. Rien de bien révolutionnaire.

La réalisatrice est Charlotte de Turckheim. Elle est sans doute pressée de nous jeter à la figure ses kilos superflus.

Elle-même interprète avec talent une patronne de petit salon de coiffure. Elle campe un petit dictateur hypocrite pour son employée, mais une vendeuse mielleuse pour ses clientes. Pas loin de Funès dans l’intention.

Dans ces villages, ces pipelettes ont une fonction sociale. Elles se doivent d’être l’arbitre du « bon goût » provincial. C’est tout un art de la médiocrité. Et ce n’est pas si facile qu’on le croit.

Mais en réalité le récit est un prétexte pour faire un film de copines. Passons donc à ces dernières.

Victoria Abril n’est pas vraiment grosse et elle est plutôt là pour se payer des gigolos. Elle prétend être bien conservée pour ses 45 ans. En réalité, l’actrice en a 53 à ce moment. Rien à dire, elle est égale à elle même et exactement où on l’attend. C’est à dire coquine et malicieuse. Elle explique à ses amies les gestes pour paraître écouter béatement ce que disent les mecs. Très efficace !

Lola Dewaere (la fille de) joue une femme innocente et qui ne sait pas qu’elle est trompée par son mari. Elle a sans doute 5 kilos à perdre mais son homme en demande 15. En fait son couple bat totalement de l’aile. Les copines vont se faire un devoir d’en faire exploser ce qui reste. Ces filles se croient de princesses qu’il faut vénérer en toutes circonstances. Coucherie = péché capital. Il faut faire payer les hommes qui s’écartent du droit chemin.

Lola n’est pas une très grande actrice. Elle pratique un jeu est un peu forcé, avec ce léger dédain très franchouillard.

Catherine Hosmalin est la plus grosse de toutes. Sa cause est désespérée. Elle n’a pas eu de relations sexuelles depuis 5 ans déjà. Elle penche vers l’arrogance des gros-et-fiers-de-l’être. Et en devient la méchante grosse. Ou bien elle est sujette à cette théâtrale dépression qui attire parfois la bienveillance. C’est alors la gentille grosse ou presque.

Il faut dire que Catherine Hosmalin est une bonne actrice. Elle joue particulièrement bien les madames tout le monde. Ce n’est pas de sa faute si sa partition n’est pas toujours brillante.

  • J’ai assisté en vrai à une élection nationale de Miss Rondes et j’ai vu toute l’étendue du spectre. Certaines affirmant assumer leur situation, avec plus ou moins de conviction. Et d’autres étant dans la culpabilité.

Julia Piaton joue mal mais c’est la fille en vraie de Charlotte de Turckheim. Elle profite donc de sa protection et de ses largesses. Son rôle de mère qui feint de n’être que l’accompagnatrice de son fils obèse est tiré par les cheveux. Mais il faut dire qu’elle est coiffeuse ici aussi.

On voit aussi Dominique Besnehard (coproducteur du film), Pascal Légitimus, Anouk Aimée…

Ce film n’est pas très intéressant en soi. Il n’est pas très intelligent non plus. Il a pour seul mérite de faire la part belle aux gros. En France il y a 8.000.000 d’obèses et donc il y a de quoi intéresser du monde. D’où le succès grand public à l’époque.

  • (*) le centre de cure est plutôt l’avant-dernière chance, puisque la sanction finale et décisive est la chirurgie bariatrique. On n’en parle jamais dans le film. Curieux pour une réalisation qui se veut impliquée.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mince_alors_!

Victoria Abril
Lola Dewaere
Catherine Hosmalin
Grégory Fitoussi
Mehdi Nebbou

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