Avis. Mission impossible – Rogue nation – Cruise scientologue psychorigide – Résumé. 3/10 (2015)

De la physiologie, pas de la psychologie.

A l’annonce d’un nouvel opus, on se réjouit d’avance pour l’inévitable excitation que cela devrait procurer. C’est un peu comme un MacDo, on se précipite … et à la fin on est quand même écœuré. Mais cela ne nous empêche pas de recommencer. Mais qu’est-ce qu’ils mettent là dedans ? Une drogue !

Ces films de poursuite, de combats mythologiques, de pulsions, d’adrénaline et de haut rythme cardiaque, sont là pour nous piéger.

De plus, ils sont totalement enveloppants et nous retranchent du monde de la logique. La musique haute fréquence et les images percutantes y contribuent.

Tout est fait pour déconnecter notre cerveau évolué et laisser place au monde souterrain, reptilien. Et c’est forcément addictif.

Je ne dis pas que c’est mauvais, dans le temps j’adorais les manèges. Ils procuraient le même effet.

Par contre à froid, c’est comme une glace qui a fondu, cela n’a plus guère d’intérêt.

L’intrigue est quasiment toujours la même. C’est largement emprunté aux grands anciens, dont principalement les James Bond de l’époque classique.

D’abord une course crescendo qui repousse encore et toujours les sommets de l’invraisemblable.

– Ici un Tom Cruise à l’air libre et qui s’accroche à la porte désespérément fermée d’un gros porteur qui s’envole, avec juste ses petites mains… Il va bien entendu quand même redresser la situation et sauver le monde en quelques secondes. Juste l’histoire de remettre de l’ordre.

Je ne sais pas si la Scientologie permet des miracles, mais il est diablement efficace cet homme. Pourtant il a vieilli lui aussi et donc il court beaucoup moins.

Le principe de cette intro sidérante, on le retrouve dans bon nombre de films de ce genre. C’est un premier lavage de cerveau, vive les émotions du cirque.

On a droit aussi aux inévitables doutes de sa hiérarchie et réciproquement, au héros seul contre tous. Sans compter le sempiternel « qui manipule qui », qui est digne de confiance ? C’est la paranoïa de base du règne animal. Bonjour le cerveau primitif !

Le héros est fait prisonnier et menacé de toutes les tortures. Mais il s’échappe à temps, grâce à ce qui semble le sacrifice d’une énigmatique intrigante (la Suédoise Rebecca Ferguson).

C’est toujours comme cela.

Le héros parcourt le monde, fréquente les plus belles femmes et les palaces… ou les bouges. La classe ! Le spectateur peut rêver. Le mâle alpha a droit à toutes les femelles et les meilleures places. La loi de la meute.

A l’opéra de Vienne, le suspense et le tempo s’accélèrent. Le chancelier autrichien risque d’être assassiné. L’arme est déguisée en instrument de musique. Le rythme et l’angoisse sont bien servis par la musique théâtrale de Turandot. On retrouve cette ficelle de l’opéra et de l’accord décisif, dans James Bond mais aussi dans Hitchcock (L’homme qui en savait trop – 1956)… et sans doute encore ailleurs.

Mais là je ne peux pas leur en vouloir, ayant été moi même dans ce même opéra viennois, dans des circonstances acrobatiques de resquille… je comprends donc l’ivresse du lieu.

Et puis il y a les inévitables gadgets : depuis des décennies on s’est un peu lassé du stylo qui tue, de la corde qui sort de la montre, de la DB5 etc. Alors, ici comme ailleurs, on tente un retour vers la sobriété. En plus cela ne coûte pas cher. On a ainsi le disque vinyl (20 euros) qui permet la reconnaissance des agents par apposition des mains. La simple paire de lunettes qui est un système miniaturisé à l’extrême de visualisation d’informations (30 euros). Le livret d’opéra dont les caractères s’effacent pour laisser la place à des infos en temps réel (2 euros) …

Le sympathique Simon Pegg en second dévoué, assume bien son rôle.

Le film dure deux heures et onze minutes. Désolé, je n’ai pas tenu plus d’une heure de cette accumulation de hargne, de menaces, de peur…

Vous avez donc le droit de me considérer comme partial.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mission_impossible_:_Rogue_Nation

Tom Cruise
Rebecca Ferguson
Simon Pegg
Jeremy Renner

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