Avis. Péniche du bonheur – Cary Grant – Sophia Loren – Résumé (1958) 5/10

Une comédie romantique à l’eau de rose, comme on n’en fait plus. Et c’est mieux comme cela. (Houseboat)

En gros, c’est l’histoire d’une princesse déguisée en souillon qui rencontre un prince encombré de trois enfants.

Le pauvre Cary Grant est veuf (54 ans). Il n’a pas été en mesure de s’occuper de ses trois jeunes enfants pour des raisons professionnels. Maintenant qu’il est un peu plus disponible, il décide de récupérer sa progéniture.

Ceux-ci ne sont pas emballés et lui mènent la vie dure. Ils lui reprochent d’être impersonnel et trop froid avec eux. Il tend à les rabaisser en leur donnant constamment des leçons. Il ne le fait vraiment pas exprès. Ils en ont marre de la visite de monuments et de musées.

Ils leur manquent ce pôle compréhensif voire maternel que leur apportaient leur tante et les grands parents. Il leur faut aussi un réel enthousiasme, de la vie, de la bonne humeur et du mouvement.

La tante est en embuscade. Elle est incarnée par la très belle ultra-blonde Martha Hyer (34 ans). Elle l’a toujours aimé ce Cary. Mais c’est sa sœur qui a emporté le gros lot. Depuis Martha a fait un mauvais mariage. Elle va divorcer. Son cœur est libre.

Les gosses ne se laissent pas faire. Le plus jeune fugue en plein Washington. Par le hasard des choses, c’est à dire par la sainte destinée des séries roses, il va être récupéré par une autre fugueuse, plus âgée cette fois, la bombasse de l’époque Sophia Loren (24 ans et donc 30 ans de moins que Cary). Celle-ci a accompagné son père chef d’orchestre italien qui fait une tournée aux USA. Mais elle en plein le dos, elle aussi, des conseils de ce père trop sûr de lui. Elle voudrait aller danser et rencontrer un homme, voilà tout.

En ramenant le gamin, un quiproquos la fera passer pour une bonniche. Par affection pour les petits, et aussi parce qu’elle en pince un peu déjà pour ce beau célibataire perdu, elle jouera le jeu. Ce sera une bonnetechnicienne de surface parfaitement incapable, mais une gentille nounou.

Et bien entendu, après quelques péripéties elle finira par évincer la tante et épouser Cary Grant. C’était plié d’avance.

Le film distille un moralisme pesant typique du code Hays (Motion Picture Production Code de 1934 à 1966), avec en plus cette infernale sauce chrétienne.

  • Tu convoleras en juste noce. Les amants doivent régulariser au plus vite devant le curé. Et bien sûr, il n’est pas question de convoiter la femme du voisin juste pour s’envoyer en l’air, ni même de lui taper sur les fesses à la mode yankee (c’est Murray Hamilton, le Mr Robinson du Lauréat, qui fait là son grossier)
  • Tu ne mentiras point, quand il s’agit de vilipender l’hypocrisie d’une certaine bonne société.
  • Le Tu ne voleras point, pointe son doigt accusateur sur l’aîné qui a subtilisé divers objets…
  • Le scénario très « In God we trust », se permet même de nous délivrer une obscure preuve de l’existence de l’Au-Delà, grâce à Lavoisier et un broc d’eau.

Anachronisme ? Vous auriez tort de vous moquer trop vite. Le code des bonnes manières est de retour, avec son habillage du jour. Il s’agit à présent de couper l’inspiration, de brider l’intelligence, en imposant des quotas de minorités « valorisées » , tant dans l’équipe de tournage que dans les films réalisés. Ce sont des règles imposées à partir de 2023 pour les films présentés aux Oscars.

Et la péniche dans tout cela ? Et bien c’est le vaisseau déglingué, qui une fois réhabilité les embarquera vers Cythère.


Il en a de la chance notre Cary Grant. Être convoité par Martha Hyer et Sophia Loren, c’est comme si vous là, oui vous Monsieur, vous aviez Ariana Grande et Beyoncé qui vous courraient après ! C’est vraiment un conte de fées.

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_P%C3%A9niche_du_bonheur

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