Avis. Planète des singes : Origines. James Franco, primates intelligents, scénaristes bêtes – Résumé (2011) 4/10

Il faudrait vraiment manquer d’imagination ou être soudoyé pour oser faire de ce blockbuster conformiste un chef d’œuvre.

En gros, au centre de l’histoire, des singes humanisés sont injustement enfermés dans une sorte de prison. Ils subissent la maltraitance d’un gardien en particulier. Ils vont finir par briser leurs chaînes et s’enfuir.

Enlevez les primates et mettez de bagnards à la place, et la psychologie du film aura la même épaisseur. Celle d’une feuille de cigarette.

Il y a une vague intrigue scientiste à la Algernon là derrière. Un produit redonne la santé mentale aux déments, et booste aussi le cerveau des chimpanzés.

Mais c’est le fouillis complet. On ne sait plus trop si les effets sont provisoires comme dans le roman de Daniel Keyes (1966), ou bien s’ils sont durables, voire transmissibles d’une génération à l’autre.

Et puis il y a ce thème fondamentalement neuneu de la science sans conscience, des multinationales avides, et qui vont forcément précipiter notre perte. C’est du complotisme basique qu’on retrouve partout dans ce genre de superproductions et dans les esprits à l’intelligence décroissante.

Le chef des singes prépare la révolte de ses semblables. Pourtant c’était un gentil garçon, bien éduqué par James Franco. Il a même un joli pull et un pantalon décent. La belle Freida Pinto ne sera donc pas incommodée.

Pour arriver à ses fins, il va retrouver l’entreprise qui fabrique tout cela et s’emparer d’un stock amélioré. De retour, il perce les tubes et les autres singes vont devenir subitement intelligent en humant ce bon air là.

Mais il n’y aucune explication à ces miracles là. Comment le singe a trouvé l’adresse et a su s’orienter ? Comment a-t-il franchi tous les sas et s’est retrouvé pile poil devant le bon produit ? Personne n’en sait rien. Idem pour le mode d’administration du « virus ». Les scénaristes ne se sont vraiment pas foulés. Ils espèrent sans doute cibler un public pas trop regardant.

C’est plein de bons sentiments et d’anthropomorphisme facile. De la science-fiction à l’eau de rose. Et bien entendu les méchants qui ne respectent pas les animaux seront bien punis. De la moraline bien habituelle.

Et bien entendu, c’est le déferlement de violence très classique avec l’exacerbation de l’esprit de vengeance. Et comme convenu, le final n’est qu’énervements, poursuites, sauvetages in extremis. Le tout nous est servi avec ces accents violoneux, toujours les mêmes conventions sonores d’un film à l’autre. Décidément cet Hollywood n’apprend jamais rien.

J’en ai rien à faire que les trucages, les images de synthèse, soient bien ou mal réalisés. Si c’est pour nous servir cette mauvaise soupe, à quoi bon !

Et comme il se doit, le film a rapporté plein de pognon.

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Plan%C3%A8te_des_singes_:_Les_Origines

Envoi
User Review
0 (0 votes)

Laisser un commentaire