Avis. Quake – Suite The Wave – Kristoffer Joner – Résumé. (2018) 4.5/10

Je veux ma dose !

Les films catastrophes ont la lourde tâche de distiller une toute petite quantité d’images 3D percutantes, dans un océan de petites choses subalternes.

Ce film en est un exemple flagrant.

Comme toujours, il y a d’abord le long exposé des personnages avec force pathos. Le héros passé et futur est en rupture de société. Il est séparé de sa femme et ses enfants et ère dans son petit appartement comme une âme en peine, en ressassant ses douloureux souvenirs. Ses rapports avec ses enfants sont compliqués. Et on sent qu’il n’est ni bien dans sa peau, ni bien dans sa tête. Faut dire qu’il s’est déjà tapé The Wave (2015) en pleine tronche.

Sa femme est à distance, en plein Oslo et c’est une sorte de mère douloureuse (mater dolorosa).

Et puis on en vient à la thématique. C’est encore, et toujours, l’histoire d’un incompris free-lance qui lui seul voit les signes annonciateurs du futur désastre. Tout l’establishment scientifique tente de minimiser, mais lui il sait, il « sent », il interprète. Les spectateurs sont forcément de son côté.

On est dans cette sale petite musique populiste anti-progrès et décroissante, celle qui doit nous faire croire qu’il existe une science « humaine » à côté de la science « carrée » et une médecine « douce » face à l’épouvantable médecine « dure ».

Et plus il s’énerve, plus il est ostracisé.

Dans l’immense majorité des films de ce genre on se base sur ce paradoxe là. Le moins outillé est le plus perspicace. Et il doit se battre afin de prouver son point de vue… C’est une autre façon de meubler. Mettez-vous dans la tête qu’un tremblement de terre ne dure que quelques petites dizaines de secondes et un film au moins une heure trente.

Et bien entendu les autres finissent par comprendre leurs « erreurs », mais c’est déjà trop tard. Ce qui arrange bien les producteurs. Car sans cette faillite du système… il n’y aurait pas de film possible.

  • On voit cela dans les dents de la mer comme dans tous les films qui mettent en scène un grand péril. On doit pouvoir mettre cela dans un logiciel matriciel et décliner toutes les occurrences possibles. C’est profondément consternant, car depuis belle lurette, ce mécanisme de suspense est éventé. Mais pourquoi donc persister dans ces rails ?

Les signes annonciateurs sont faciles à mettre en œuvre. On fait bouger la caméra pour simuler quelques secousses et/ou on déplace légèrement des meubles. Il suffit de mettre suffisamment de bruit autour. Ici on rajoute des pannes de courant. Éteindre et allumer, voilà la martingale ! Tout cela ne coûte pas bien cher.

Puis vient le moment des fissures menaçantes. Il y a suffisamment de friches industrielles ou de maisons délabrées, pour que la production n’ait pas à faire exploser sa tirelire.

Le clou du spectacle, c’est la destruction en règle de la ville d’Oslo.

Ça parle sans doute aux Suédois, mais pour nous cela fait plutôt l’effet d’un jeu vidéo impersonnel à un seul niveau. Ils auraient pu au moins rajouter des zombies.

Et bien sûr, cela ne dure pas longtemps. Juste le temps d’un suspense de pacotille avec comme de bien entendu, les êtres chers menacés par les chutes d’immeubles… et sauvés in extremis par les parents conscientisés. Du secourisme cousu de fil blanc, dans des couloirs obscurs, avec ces sempiternelles bouilles effrayées. Certains sont tétanisés, d’autres courent dans tous les sens… la routine quoi.

Les cataclysmes ont du bon. Ils permettent, dans les films, aux familles éclatées de se reconstituer. Mais franchement cela ne valait pas le coup de bousiller la capitale pour si peu.

Je ne sais pas pourquoi, des critiques dont c’est clairement le métier, ne voient pas qu’on leur ressert toujours la même daube.

Une suite bien inutile à The Wave (Bølgen) (2015) pour lequel j’ai eu la coupable indulgence de mettre un 6/10 – Je n’aurais pas du les encourager autant. Ici je leur colle un 4.5/10 pour clairement tenter de briser l’élan fatal.

La machine matriciel à faire du scénario est en mouvement. Il y a fort à parier que ce néo-pipotron prépare un autre épisode, avec un volcan prêt à exploser, un dérèglement climatique extrême avec tout son cortège de petits tracas (c’est à la mode), un mauvais virus (dans l’air du temps aussi), de grosses bestioles OGM (ça marche aussi), des bombes atomiques ou un Tchernobyl puissance 1000 (ringard), une avalanche démesurée, un astéroïde qui nous percute (déjà vu), la terre qui s’arrête de tourner (déjà fait) ou qui accélère (tiens en voilà une idée, je la cède au plus offrant), un concert de Céline Dion ou que sais-je.

On doit quand même s’ennuyer ferme en Norvège.

https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Quake_(film)

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