Avis. Rose pourpre du Caire, Woody Allen, Mia Farrow, Jeff Daniels. 5/10

Ce n’est pas faute d’essayer ! J’ai tenté une nouvelle fois de regarder le film de Woody Allen, La Rose pourpre du Caire, de 1985. Mais j’ai toujours autant de mal. Mais lui considère que c’est son film préféré. Allez comprendre !

Bien entendu, il y a cette fameuse sortie du cadre des acteurs, qui est au centre de l’intrigue. Et Woody aime ce genre de dynamitage très « intello ».

Un procédé qui a déjà été utilisé en littérature, comme par exemple dans Six personnages en quête d’auteur de Luigi Pirandello … et en dessin animé (Tex Avery). L’idée est bonne, mais son traitement assez mièvre et plat par Woody Allen ne m’a pas convaincu. Avec un tel ressort et de tels glorieux prédécesseurs, il faut savoir monter bien plus haut. Woody fera bien mieux par la suite dans le genre « fantastique », que ce film affecté et pseudo-poétique.

Pour ne rien arranger, Woody Allen nous fait du pathos en veux-tu en voilà. Ce qui n’est jamais bon signe.

Au centre il y a cette serveuse maladroite (Mia Farrow), bousculée par son mari (Danny Aiello) et son patron. Elle bosse là avec sa « vraie » sœur Stephanie Farrow. Mia est à l’essai et cela se passe mal, bien entendu.

Elle s’excuserait presque de vivre. C’est vraiment un peu facile de faire de Mia Farrow, une victime plus humble et plus menacée qu’une Cosette. Surtout pendant la Grande Dépression.

Et puis, ce n’est pas du Victor Hugo quand il fait dans le misérable, du Charles Dickens et/ou du Émile Zola, qu’on est venu voir, tout de même. Pourquoi vouloir à tout prix plomber l’ambiance aussi banalement ?

La petite étant agressée de toutes parts, il faut une échappatoire. Ce sera le cinéma. Woody Allen n’a pas cherché bien loin. Mais cela reflète une réalité des années 30.

Les rêves deviennent réalité ? Ou bien l’inverse ? Voilà une attraction à bascule assez commune dans les scénarios.

La force mentale et le désir profond de Mia Farrow vont faire qu’un des héros du film va rencontrer ses pensées et se libérer des contraintes de la projection. Ce qui ne fait pas le bonheur des autres personnages, qui voudraient que le film se termine à la régulière et non pas dans ce curieux no man’s land de la pensée.

La créature échappée de l’écran, sous les traits de Jeff Daniels, figure un explorateur, rapatrié d’une expédition en Égypte. Ce deuxième choix veut profiter de sa nouvelle liberté. Il s’est entiché de Mia. Elle y voit son salut. Et puis, contrairement à l’acteur imbu de sa personne qui est en complet veston et qui joue ce rôle, la copie à l’écran ne fait pas de manière. L’amour est donc possible.

Le scénario tourne en rond sur ces variations entre le dehors et le dedans, l’acteur à la ville, en salle se regardant lui-même, et le rôle. Les costumes, le noir et blanc ou la couleur, se chargeant de nous désembrouiller un peu. C’est aussi peu crédible et foncièrement paradoxal que ces récits sur la machine à remonter le temps. Comme le film passe plusieurs fois, on a le droit à une multiplicité d’angles, un peu comme dans Un jour sans fin.

Et puis chacun finit par vaquer à ses occupations originelles. Et la pauvre Mia Farrow, qui se « réveille » sans doute, se retrouve devant un autre film, encore plus hors sol, Le Danseur du dessus (Top Hat) avec Ginger Rogers et Fred Astaire.

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Rose_pourpre_du_Caire

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Dickens

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Zola

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cosette

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