Avis. Upgrade. Film transhumanisme pour les nuls – Résumé. (2018) 4/10

Tentative réussie d’abaisser la science-fiction à son plus bas niveau.

Déjà que l’exercice ne part pas gagnant, puisque imaginer l’avenir nécessite certains talents de visionnaire.

Là, la production ne s’est pas fixée d’objectifs trop lointains et irréalistes. Cela se passe en 2029 (?) et il ne doit pas y avoir trop d’efforts prospectifs à faire de ce fait.

En effet, on charge par induction les fauteuils roulants pour paralysés, on recarrosse les voitures et c’est à peu près tout. Bonne nouvelle, les Critair 4 et 5 roulent toujours.

Pour donner dans l’anticipation raisonnable, on ne montre que des intérieurs modernes. Les gens middle class ont nettement plus de place chez eux. On a du résoudre la question de la surpopulation. Pour le reste c’est « design ». Ce qui pour nous est contemporain, est moins susceptible de se démoder prématurément. Et cela ne coûte pas un bras (robotisé) pour faire de nouveaux décors.

La domotique de type Alexa google n’a guère fait de progrès. En particulier il y a cette obstination à donner une voix grésillante d’ordinateur aux serviles robots. Il serait temps que l’on passe à la Hi-fi.

Mais bon, on comprend le problème, il faut qu’on sache du premier coup que ce n’est pas humain.

L’ambiance est de type processeurs bioniques miraculeux. C’est loin d’être nouveau. Les James Bond s’amusaient à cela il y a déjà plusieurs décennies. Et puis il y a du Robocop là derrière, dans cette multiplication des capacités physiques.

Pour l’intellect cablé, la grace n’est pas donnée à notre héros paralytique, pas plus qu’aux scénaristes. Cela se résume en une phrase prononcée par le chef des biotechnologies  : « tu avais raison, un ordinateur ne peut pas tout ».

Mais le fond est l’éternel tarte à la crème de la vengeance du mari, dont la femme a été assassinée. Il n’était pas la peine de sauter les années, pour nous resservir ce très vieux plat.

Les emprunts sont multiples. Sans chercher trop loin, et si l’on ne cherche que dans les meilleures sources, on y retrouve certains repères de Ex Machina, ce film de très haut niveau.

  • On a donc un jeune geek à la tête d’une entreprise qui domine de loin le marché et qui veut se lancer dans une expérimentation borderline. Il se donne des airs faussement décontractés et plutôt allumés, ce qui rentre dans les canons actuels pour ce genre de type. L’original joué par Oscar Isaac est bien plus convaincant que cette marionnette.
  • La musique lancinante sert le film intelligent d’Alex Garland, mais elle devient une vrille inutile ici.

Et puis il y a ces encombrants poncifs populaires, que même le grand nombre n’ose plus manier maintenant. L’homme remplacé par la machine ? Qu’est ce qu’être un humain ? Le peu d’éclairage sur ces points est tellement peu inspiré, qu’il vaut mieux mettre tout cela sous le tapis interstellaire.

Faute de suffisamment de substance grise, la thèse du transhumanisme n’en sort pas grandie ici. On sent que le bouillant camarade Laurent Alexandre n’était pas aux manettes (Il m’avait invité à faire une présentation de l’Internet médical naissant – medito – il y a fort longtemps)

Il faut voir comme le micro processeur injecté, rampe consciencieusement sur ses petits contacts électriques en forme de pattes, à l’intérieur de l’individu, pour comprendre l’étendue du désastre.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Upgrade_(film,_2018)

Logan Marshall-Green
Betty Gabriel
Harrison Gilbertson

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