Avis. World War Z – pire film Brad Pitt – Résumé. (2013) 3/10

3/10 si on arrive encore à réfléchir, malgré cette déferlante de deux heures. Et 6/10 si on s’est soi-même zombifié le cerveau.

Une nouvelle tentative de remettre les morts-vivants au goût du jour. Mais c’est surtout un blockbuster avec de belles images, qui rapportera des millions de dollars.

Le scénario est forcément très classique.

Cette espèce de nuisibles prolifère. Les mégapoles sont envahies. Rien ne leur résiste. La menace est de plus en plus grave, le monde est sur le point de sombrer. Ouh que j’ai peur !

Un homme se dresse et se creuse la tête afin de trouver les moyens d’enrayer la propagation de ces affreux machins.

On respecte tous les codes du genre.

Le héros onusien était en réserve et s’était promis de ne pas remettre cela. Il devait impérativement se consacrer à sa petite famille. Et bien entendu, sous diverses pressions, il va céder.

Il est donc missionné par l’administration internationale, pour retrouver le patient zéro qui semble à l’origine de cette prolifération de morts vivants. Mais il doit aussi recueillir les informations permettant de lutter contre le fléau. Il va se rendre à plusieurs endroits du globe pour accomplir sa tâche.

On n’échappe pas aux bruyants hélicoptères, aux gros vaisseaux de guerre et à toutes les catégories d’armement possibles. Il y aura l’inévitable surchauffe des esprits dans la gigantesque salle de commandement.

Et bien entendu la cavalerie US jouera un rôle au final. L’armée bienveillante, est l’éternelle nounou, au chevet des USA. Depuis les westerns les plus anciens, le cinéma américain fonctionne toujours comme cela. Étonnant de ce fait qu’il s’exporte vers des pays qui n’ont pas tant de considération pour les G.I.’s.

Reste à trouver « l’Idée » pour se débarrasser d’un coup des monstres. Même si les soldats s’en donnent à cœur joie, le « shoot them up » permanent auquel on assiste, a ses limites. Et pourtant dieu sait que cela canarde. Avec comme d’habitude peu de pertes chez les gentils du film.

Il est important de comprendre que pour chouchouter le spectateur moyen, il ne faut pas se perdre dans la complexité de la recherche d’un remède. Il n’en a rien à faire des difficultés de la mise au point d’un vaccin, comme pour le VIH ou même le COVID19…


Il faut un œuf de Colomb. Un truc que n’importe qui pourrait trouver.

L’argument prête tellement à sourire, qu’on crève d’envier de leur suggérer d’arroser les créature d’eau pour les faire rouiller, comme dans les gendarmes et les extra-terrestres.

Comme ceux qui font le film, sont à la recherche de la moindre idée, ils n’hésitent pas non plus. Quitte à recycler grossièrement les « invendus ».

Ainsi, ils mentionnent, avec bien entendu un certain mépris, que le dictateur nord coréen aurait fait arracher toutes les dents de la population. Si les candidats zombies ne peuvent plus mordre, leur engeance ne peut plus prospérer. Il fallait y penser. Ce n’est pas la solution retenue. Dommage, j’aurais adoré un thriller dentaire !

Les scénaristes doivent se remettre au boulot. Pas facile !

Mais le réalisateur a glissé quelques petites pierres. N’est-ce pas étrange, que de rares personnes, plutôt palotes, ne soient pas mangées ?

Allez, un effort, vous y êtes presque !

Et bien voilà ! Ces épargnés étaient gravement malades. Et donc si vous vous inoculez un virus mortel, les zombies ne s’intéressent pas à vous. C’est aussi simple, et curieux, que cela !

On s’injecte donc le microbe, on s’échappe, et on se dépêche de trouver l’antidote après. Bon.

Un film sur les morts vivants peut juste faire semblant d’avoir des bases scientifiques. Pas plus. C’est comme pour la foi, quand elle se mêle d’avoir des arguments logiques, cela ne tient pas longtemps.

D’emblée, des monstres, où il ne reste que de rares parties fonctionnelles, avec de tels délabrements musculaires, et sans doute des organes « vitaux » en piteux état, ne peuvent déjà pas marcher, respirer, penser etc.

Alors, quand ils courent plus vite que vous et se déchaînent comme des loups affamés pour vous dévorer, avec une ambiance à la Thriller de Michael Jackson, cela prête encore plus à rire.

Il faudrait déjà faire évoluer cette répétitive chorégraphie, pour innover un peu.

Mais le morts-vivants sont devenus une catégorie familière et bien codifiée. Gare à celui qui voudrait en bousculer les canons.

Ici, pour les besoins du scénario, on nous fait le coup de transformations définitives en 12 secondes.

D’abord, des modifications physiques d’un tel ordre, sont impossibles en si peu de temps. Les maquilleuses effets spéciaux et les physiologistes, pourront vous le confirmer.

D’autre part, il existe une sorte de reprogrammation de ces entités, dont on ne voit pas très bien comment elle pourrait s’opérer par simple contamination « virale », et dans un laps de temps aussi court.

Surtout, si leur nouvelle « personnalité » adopte instantanément des comportements sociaux aussi différents. Comme de marcher de concert vers le même but, à la manière d’une armée romaine, ou de se superposer pour former de véritables pyramides « humaines » ou des torrents. Les effets spéciaux sont d’ailleurs assez réussis dans ce domaine précis.

C’est certes pratique de s’agglutiner les uns aux autres, pour franchir les obstacles, mais il faudrait quand même avoir la possibilité de coordonner tout cela avant. Et où est le chef ? Qu’en pensent ceux qui sont écrasés tout en dessous.

Il va falloir qu’on invente l’abnégation et le sens du bien commun des zombies !

Il faudrait donc bénéficier du savoir ancestral des groupes de fourmis organisées. Or il a fallu des millions d’années pour en arriver là. Alors 12 secondes en repartant de zéro !

Les impossibilités basiques sont si nombreuses, qu’il faudrait des pages et des pages pour les mentionner.

Les hasards qui tombent bien, ne sont pas trop crédibles non plus.

Comme ce gros avion de ligne, qui a été pris d’extrême justesse, alors qu’il démarrait, et ce de manière acrobatique. Après x problèmes insurmontables, dont une infiltration de zombies, une grave explosion à haute altitude, il devient totalement incontrôlable. Pourtant, il finit quand même par s’écraser pile poil à bonne distance du centre OMS, où le héros devait se rendre. Il est bien entendu un rescapé miraculeux. Il ne lui reste plus qu’à marcher jusque là, bien qu’il ait l’abdomen traversé de part en part, par une lourde pièce métallique. Cela ne l’empêchera pas de sauver l’humanité.

Je pense qu’on a rarement pris autant les spectateurs pour des pommes.

A quoi bon, se casser les méninges. Le spectateur recherche avant tout les peurs primaires et les solutions simplistes. Il n’est pas venu pour réfléchir. Et le film ne va pas bousculer leur matière grise.

Brad Pitt est un bon acteur, il fait ici ce qu’il peut. Il a d’ailleurs investi dans cette coûteuse production. Et quand même, ce serait le film de zombies le plus rentable de tous les temps.

Et comme il le dit dans le final, aux spectateurs conscients de la menace zombie : « soyez prêts à faire face ! Ce n’est pas fini… loin de là !» – Il va falloir qu’on se farcisse un WW-Z-2 ? Il y a de quoi trembler en effet.

Je vous rassure cette suite programmée a été définitivement annulée.

Je ne comprends pas très bien, quand on dit, suite à ce genre de long métrage : « on a passé un bon moment » – Même en partant d’un hypothétique projet intelligent, l’idée est quand même d’avoir peur et d’en prendre plein la tronche. Étrange conception du « bon ». On devrait dire « je suis content, car j’ai passé un sale moment ».

Je sais, je pinaille.

Ps : le scénario n’hésite pas à mettre en scène Israël, le Mossad et sa « valeureuse » armée. Il fait de surcroît l’éloge du Mur de protection de Jérusalem, qui est destiné à contrer les envahisseurs. C’est du premier degré ? Ce ne sera sans doute pas du goût de tout le monde.

269 millions $ !

https://fr.wikipedia.org/wiki/World_War_Z_(film)

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