Big guns : les grands fusils (1973) 5.5/10

Manque d’imagination ? Pourquoi il y a-t-il tellement de film dans ces années 70, qui font la part belle à un gangster solitaire et taiseux et qui vient régler ses comptes ?

Le « héros » est ici un Delon encore jeune et qui joue le dessalé (*). On ne lui fait pas. Bien sûr ce tueur à gages est sur la voie de l’amendement. Il veut décrocher. Mais cela ne fait pas de lui une figure christique. Il y a quand même une lourde addition à payer… en théorie.

Selon la grande tradition cinématographique, le milieu n’accepte pas qu’on tente de se soustraire à son influence. Sa femme et son enfant vont être tués à sa place. Il s’agit d’une bavure.

Voilà de quoi démarrer la très classique vendetta. C’est à dire cette vengeance de cowboy, soulevé par l’injustice criante, et qui n’a de fin que lorsque tous les bad boys sont dégommés. Il pleut des cadavres de part et d’autre.

  • La police veille… à ne rien faire. C’est l’argument maintes fois évoqué comme quoi on laisse faire car les bandits font le ménage à leur place. Cette vieille rengaine fantasmatique se répète de film en film et finit donc par avoir des airs de vérité. Il faudrait faire un livre sur l’axiomatique dévoyée du cinéma.

Tout le scénario est une série de sketches sanglants, où Delon dégomme les plus méchants que lui les uns après les autres, avec un suspense à la clef. Ce qui devrait nous faire plaisir. Bien entendu, il y a quelques revers. Ce qui doit nous attrister ? Mais somme toute, Alain l’efficace parvient à ses fins.

Finalement, il n’en reste qu’un ou deux, mais qui sont moins impliqués dans le drame familial du début. Et donc le beau ténébreux, de guerre lasse, accepte une offre de paix, avec comme intermédiaire un curé sicilien. Tout est bien… qui finit quand même mal. Qui peut faire confiance à un truand ? C’est la morale de l’histoire.

Il y a bien entendu une poulette dans le jeu. Une jolie jeune femme qui frétille dans ce milieu et qui va l’aider. Elle va s’en prendre plein la gueule. Agit-elle par amour ou par réflexe maternel ? J’y vois plutôt la très habituelle ficelle narrative de la B story (chapitre 7 de Snyder) – le rôle de Carla Gravina est d’être la belle italienne de service. A l’époque on ne laissait guère aux femmes l’occasion d’être autre chose. On peut le regretter mais dans ce monde interlope du crimes, difficile de philosopher.

Je l’aime bien, avec sa personnalité. Ses curieuses coiffures très datées n’étaient pas une raison pour la martyriser ! Elle a 80 ans maintenant, je n’ose pas aller voir son « maintenant ». j’entends déjà les féministes avec leur complet sur les femmes de 50 (+30) ans !

  • Et je me suis bien gardé de mettre en ligne le mien de « maintenant » (il y a bien un vingt heure récent de Anne-Sophie Lapix France 2 qui montre ma vérité présentement… mais chut le naufragé n’a rien dit).

Les 70, ce sont les années des Bronzés avec le tourisme de masse. Alors la production qui sent le vent, nous fait profiter d’une tournée dans de belles cités européennes. C’est compris dans le prix du billet.

  • (*) Dessalé (Figuré) (Populaire) Qui a perdu sa naïveté, qui est dégourdi.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Grands_Fusils

Big guns : les grands fusils (1973) 5.5/10
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