Bullitt (1968) 7/10 Steve McQueen

Quand on se permet de critiquer ce monstre sacré, on a l’étrange impression de profaner une cathédrale.

Pourtant ce film de qualité certaine, n’est pas sans défaut.

D’abord, ce n’est ni la première ni la dernière histoire de conflit dur entre un politicien corrompu et flic solitaire et vertueux. Surtout avec cette ultra-violence, soit dans les pressions psychologiques considérables, soit dans les authentiques carnages auxquels on assiste. Il y a même dans tout cela un furieux relent de déjà vu, et dans le fond et dans la forme.

A noter cependant une prise de vue moderne et habile. Dont pas mal de très gros plans judicieux. Le montage a été salué par un Oscar.

La particularité réside ici dans la complexité du système qui est mis en place par l’ambitieux personnage joué par le talentueux et intriguant Robert Vaughn. Pour servir sa notoriété, il prétend pouvoir amener comme témoin à un procès, un grand renégat de la pègre, le dénommé Johnny Ross. C’est le frère de celui qu’il veut faire tomber. Mais en réalité, il y a une belle entourloupe là derrière.

C’est une spécificité bien américaine que de supprimer ces Judas pour enrayer un procès. Et donc ce témoin clef bénéficie d’une sérieuse protection. C’est le compétent lieutenant Bullitt qui est chargé de le garder bien à l’abri. Qui de mieux que Steve McQueen pour un tel rôle de policier intègre, rapide et efficace ?

Le grand Bullit fait son boulot consciencieusement. Et pourtant, contre toutes attentes, il échoue. Le témoin sera exécuté méchamment. Quelque chose cloche dans cette histoire. Seul le politicien ou son entourage pourrait avoir révélé la cachette. Et bizarrement Ross a ouvert la porte à ses assaillants.

Robert Vaughn qui a le bras long, fait une pression extraordinaire pour faire sauter Steve McQueen, qui a failli. Mais celui-ci résiste. Il ne cède ni au coup de bâton d’une licenciement, ni à la carotte d’une promotion, contre certains accommodements avec la vérité.

Certains ne se souviennent du film que pour une chose, la poursuite en bagnole dans les rues pentues de San-Francisco. Quel bonheur que cette course avec la fameuse « Ford Mustang GT Fastback Bullitt 68 », un gros cube qui fait un beau bruit de cylindres en furie avec un quasi échappement libre. A noter que c’est Steve qui poursuit les occupants de la Dodge Charger RT et non l’inverse. Là on peut vraiment parler de rebondissements.

Grâce à de sérieux indices, qu’il s’est fortement appliqué à chercher, notre héros va démonter la machination et confondre les auteurs. Pas sûr que vous ne compreniez tout la première fois, mais vous en percevrez quand même l’esprit. Et c’est suffisant.

C’est bien entendu le glorieux et taiseux Steve McQueen qui tient tout le film sur ses épaules. On est là pour assister à son triomphe, aussi modeste soit-il, un point c’est tout. Aucune raison de se torturer les méninges.

Le politicien, comme il se doit, ne sera qu’égratigné. Tous pourris ?

Autre conformisme de scénario oblige, il y a une belle créature qui attend le retour du fauve meurtri au foyer. C’est la très motivante Jacqueline Bisset qui s’en charge.

A noter l’apparition de Robert Duvall dans un tout petit rôle de chauffeur de taxi. Et là on est piégé. L’a priori comme quoi un acteur important doit forcément avoir un aria à interpréter, à un moment ou à un autre, ne tient pas. Mince alors !

Le film raflera dix fois la mise et une aura qui n’est toujours pas éteinte. Ah quelle était belle la civilisation de la bagnole-roi !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bullitt

Steve McQueen
Robert Vaughn
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