Capitaine sans peur. Gregory Peck, Virginia Mayo, Sandrine Rousseau. 6.5/10

Ce Gregory Peck hiératique est foncièrement inatteignable. Il porte la tête si haut qu’on en vient à redouter qu’il se prenne les pieds dans les cordages et un mât sur le crâne. Surtout que les occasions de s’en prendre une ne manquent pas pendant ces deux heures de récits d’exaltation guerrière et maritime. Il incarne la virilité tranquille, celle de l’intelligence, de la détermination et du sang froid. On voyait les choses ainsi à l’époque.

Seule la poupine Virginia Mayo, parviendra à le dérider et à le faire revenir sur terre. Elle peut compter sur son incroyable cortège d’artifices de féminité. Prévenez la pauvre Sandrine Rousseau, elle ne peut décemment voir cela.

Avec un Peck impec, l’autorité sévère mais juste est bien là. Cela est clairement amené dans le récit.

L’ennemi des Anglais, c’est la France de Napoléon. On nous parle de 5 millions de soldats pour notre « monarque ». Les alliances internationales sont alors labiles.

Un jour l’Espagne est avec les mangeurs de grenouilles. Peck obéit alors aux mystérieux ordres écrits qui commandent le rapprochement naval avec un sinistre dictateur mi-singe mi-natif de cette sphère. Alec Mango fera ce tyran déjanté, El Supremo – le gaillard « sauvage » incarne les valeurs les plus opposées à la supposée retenue britannique – Le terme de « singe » est utilisé dans le film pour qualifier cette bande de va-nu-pieds d’Amérique centrale, soigneusement passés au cirage par la production.

  • En 1951, date du retour de Churchill, le colonialisme grand-breton, jadis dur comme fer, commence à se déliter. Mais les vieux clichés impérialistes et suprématistes sont tenaces.

Un autre jour l’Espagne est pour les mangeurs de rosbif. Et là il faut s’empresser de recoller les morceaux brisés lors de l’épisode précédent.

Le capitaine Gregory Peck est rusé et intelligent. Avec un vaisseau deux fois plus petit, il s’attaque au grand et il gagne. C’est Gregory Peck tout de même !

Il y a plein de gens célèbres dans ce film comme par exemple l’inattendu Christopher Lee, qui ne s’aide même pas de ses dents de Dracula pour « convaincre ».

Horatio Hornblower / Peck s’en tire bien à la fin, il sera chevalier, pourra s’occuper dignement de son fils et empochera la belle Virginia Mayo pour son repos du guerrier (Sandrine Rousseau à la niche, on ne t’a pas sonné).

L’aristocratie qui domine ce peuple sait récompenser les talents et les confisquent en leur donnant des titres. Là c’est dans le scénario et le livre. Mais plus fort la très contemporaine princesse Margaret assiste à la première. Pas de raison de se priver de cette consécration de la Noblesse et de son petit business. C’est encore ainsi de nos jours.

Il y a plein de scènes de bagarre qui devaient plaire aux bambins mâles de l’époque.

Il y a aussi des amours sirupeux sous les tropiques. Ça, nous on laisse aux « filles ». Oui Sandrine, c’est comme cela la différence de genre, même si ici c’est un peu trop marqué. Je te le concède chère androgyne présumée « universitaire » mais quand même plus qu’un brin délirante.

Raoul Walch est un réalisateur forçat de travail. Il a commencé tôt et pour le dépaysement je recommande Le Voleur de Bagdad de 1924.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Capitaine_sans_peur

https://en.wikipedia.org/wiki/Captain_Horatio_Hornblower

https://fr.wikipedia.org/wiki/Christopher_Lee

https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_britannique

https://en.wikipedia.org/wiki/Raoul_Walsh

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Voleur_de_Bagdad_(film,_1924)

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