Cible vivante (The Great Flamarion) (1945) 5/10

Derrière une belle gueule d’ange se cache une femme serpent ultra-vénéneuse. Ce démon séduisant, incarné par Mary Beth Hughes, a déjà roulé pas mal de monde grâce à son charme indéniable. Personne n’est au courant, elle est insoupçonnable. On lui donnerait le bon dieu sans confession.

Elle et son mari sont à présent assistants dans un numéro de tir, dirigé par Erich Von Stroheim. Vous savez, c’est cet acteur bien connu à l’époque et qui ressemble à un Karl Lagerfeld prussien, en plus épais, en plus viril.

Le doigt sur la couture, ne déviant jamais de sa trajectoire, au propre comme au figuré, ce vieux rigide ne vit que pour son art. Pas de femme, pas de tabac, pas d’alcool. Rien.

Le mari de l’intrigante, lui par contre boit exagérément, ce qui n’est vraiment pas conseillé quand on est sur scène, une cible vivante.

La femme rusée cherche par tous les moyens à s’attirer les bonnes grâce du patron. D’abord pour que le couple ne soit pas lourdé et puis parce qu’elle a quelque chose de bien plus énorme derrière la tête.

Le germanique qui a connu des désillusions sentimentales par le passé, jure qu’on ne l’y reprendra plus. Il préfère jouer avec ses pistolets. Il fait absolument tout pour ne pas lui tomber dans les bras.

La belle arrive quand même à ses fins, à force de douce insistance. Et de fil en aiguille, elle parvient même à convaincre Eric, fou d’amour, de tuer le mari, dans un pseudo-accident pendant son numéro. Comme la victime est saoul, c’est de sa faute en apparence. Le tireur n’est donc pas inquiété plus que cela.

Mais, une fois le crime accomplie, la méchante qui avait fait de belles promesses, lui tourne le dos et s’enfuit avec un jeune premier, qui a un numéro de monocycle sur scène.

Plus de traces. S’en suit une épuisante poursuite ou l’Allemand vas parcourir tous les USA, sans succès. On le mettra enfin sur la piste mexicaine. Il retrouve la fille qui s’est mariée avec l’autre depuis. Une bagarre tourne mal. Lui, bien que blessé mortellement, finit par étrangler la perfide.

Et ce sera le point de départ du film, qui s’organise comme un long flash-back. C’est assez insensé puisque Stroheim, dans cette histoire inversée, est à l’agonie dès le début. Et pourtant il se lance quand même dans ce long récit, avec force détails, et devra donc tenir toute la durée du film, avant de mourir. Le procédé est médiocre ici.

Et l’acteur n’est pas dans son meilleur jour. On n’arrive pas trop à le prendre au sérieux dans son costume de Nosferatu.

Le réalisateur Anthony Mann a fait mieux depuis.

Lassé de la très mauvaise version française – genre faux accent allemand pour Stroheim – j’ai opté pour la VO un peu moins nulle.

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cible_vivante

Erich von Stroheim
Mary Beth Hughes

Envoi
User Review
0 (0 votes)

Laisser un commentaire