Contrebande (2012) 4/10 Wahlberg

Un film d’action qui mérite bien son nom puisqu’il y a 100 % d’action et 0 % de réflexion.

Un de ces long métrages où l’on prend soin de mettre en situations des acteurs qui ont vraiment la gueule de l’emploi. Les gentils ont des bouilles sympathiques et de l’allant alors que les méchants se tortillent comme des cafards avec d’inévitables sales gueules. Mais cela se produit ici à un point qui dépasse la caricature. Et comme cela ne semble pas suffire, on oblige ces tortionnaires , déjà clairement identifiables, à des rires sardoniques. On force même le trait en leur donnant d’affreux rictus lorsqu’ils se délectent du malheur des autres. Et bien entendu le méchant vit dans un environnement poisseux de méchant. Bref, la routine du nanar de première.

Mais une exception est de rigueur. Il y a forcément un faux gentil qui est le traître. Il retrouvera la tête de l’affreux quand on lui donnera l’occasion d’ôter son masque et de révéler sa vraie nature. Le grand public aime que tout soit lisible au premier coup d’oeil mais il tolère ce petit écart imposé. On lui a appris à douter de l’un ou de l’autre, cela fait partie de la combine.

Un pitoyable film d’action se caractérise par d’incessantes invraisemblances. Pour ne citer qu’un exemple, une défunte « innocente » – qui est du bon côté vue que c’est la blonde toute douce qui protège ses enfants – n’est pas vraiment morte, même si après les coups mortels, elle a passé son temps inerte dans un sac en plastique et qu’on lui a déversé du béton dessus. Elle sera prête et pimpante pour le happy-ending. Même pas peur !

De manière systématique le scénario sort d’affaire in extremis le héros et ses protégés. Le coup du compte à rebours « angoissant » est tellement inévitable que cela en devient franchement grotesque. Moi aussi je regarde ma montre, mais pas de la même manière.

Pour l’histoire du béton, notre héros comprend instantanément que la fille, dont on a aucune nouvelle, qui pourrait être à Tegucigalpa, se trouve en fait dans les futures fondations de cette immense nouvelle construction. Vous voulez savoir comment ce miracle se produit ? C’est une histoire de regard de méchant, dans la mauvaise direction, qu’on peut d’ailleurs interpréter de toutes les manières.

Mais dans ces films débiles, un sixième sens vient au secours des pitoyables scénaristes. Et l’action ultra-violente, bruyante et brouillonne est là pour empêcher le spectateur de penser… qu’on est en train de l’arnaquer avec du gros n’importe quoi, juste en lui tapant sur la tête. Mais comme il en redemande, qui faire ?

Cela fait des lustres qu’on a fait le tour de ce genre. Il n’y a plus guère de combinaisons à exploiter. Et même la « morale atténuée » a fait long feu. « Morale atténuée » ? Je m’explique : cela fait un moment que le happy-end ne consacre plus les premières victimes des bandits. On se désintéresse de ce qui ont été spoliés par un casse, ou bien des gardes tués lors du hold-up. On ne s’attarde pas non plus sur la veuve et l’orphelin. Non c’est le moins gravement impliqué des bandits qui s’en sort avec les honneurs et qui embarque même le butin, si violemment gagné ! Il a quand même commis pas mal de méfaits ! Faut dire à décharge qu’il a le sens de la famille. Ils sont contrebandiers et taulards de père en fils.

Prière de verser une larme pour cette curieuse gloriole finale.

Il est bien décevant que Mark Wahlberg se compromette dans des films aussi niais. Il se plante ici à deux niveaux, comme producteur et comme acteur principal.

A nouveau leblogducinema s’est abaissé à faire de la retape indirecte pour ce film, avant sa sortie, grâce à un concours sponsorisé par Universal Pictures qui je cite « vous permettra de remporter de nombreux lots » – Une fois le film en salle, ils se sont montrés étrangement silencieux. Je cherche encore la critique. Morale atténuée ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Contrebande_(film)


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