CopLand (1997) 5.5/10

Heureux les simples d’esprit…

La petite ville de Garrison dans le New Jersey jouxte New-York. Il suffit de traverser un pont.

Des policiers de la grosse pomme y ont trouvé refuge. Ils vivent groupés dans ce « copland ». Ils s’y trouvent étonnamment bien et prospères. Curieux !

En fait, ils sont chouchoutés par la Mafia. Le flic en chef le plus véreux est incarné par Harvey Keitel. Il est nuancé et crédible, comme d’habitude. Cet acteur est une valeur sûre.

Sylvester Stallone nous fait un shérif un peu débile, mais plein de bonne volonté.

C’est le gentil qui finira par se heurter au système. La démagogie aidant, le simplet triomphera des gros malins. C’est valorisant pour certains spectateurs. Cette plaisanterie va quand même durer plus de deux heures. Avec tous les pop-corn et Miko (bâton glacés d’époque) que cela représente, on va grossir nous aussi.

Le bon Stallone est assez bête pour avoir pris 20 kilos pour le rôle, alors qu’on a juste l’impression qu’il s’est mis un coussin synthétique abdominal ! Ce n’était vraiment pas la peine.

Il n’est jamais meilleur que quand il joue l’idiot, sourire niais, yeux vides, phrasé de sa doublure, façon Les Nuls. Il doit avoir cela en lui. J’rigole, fans de Rambo ne vous fâchez pas ! Lui-même a eu du mal à digérer sa prestation, c’est dire !

Ray Liotta est une pointure lui aussi, il l’a prouvé dans Les affranchis (GoodFellas) (1990) – Ici il est instable et drogué. Il représente donc un danger pour les autres flics corrompus. Bien que compromis, il finira par rejoindre in extremis le clan de l’honnêteté.

Robert De Niro est dans une police des polices. Qui peut décemment critiquer les prestations De Niro ? Il sait très bien ce qui se passe à Garrison. Mais il n’arrive pas à les coincer. Ces mauvais gars se tiennent et c’est la loi du silence. Ceux qui mouftent, dérouillent et se taisent enfin ou périssent, c’est aussi simple que cela.

Les corrompus de Garrison s’entraident. Ils font ce qu’ils veulent dans leur territoire et il n’est même pas question de leur mettre un simple PV pour excès de vitesse. Mais leur unité est de façade, car il y a comme partout des rivalités, des coucheries, du favoritisme, des rancœurs.

Le grain de sable viendra d’une méprise. Un jeune flic du groupe pensera que des noirs, qui viennent de le percuter avec leur auto, le menacent de mort. Il les achève en tirant dessus copieusement. Ils étaient pourtant désarmés et le fusil brandi n’était qu’une canne antivol. C’est vrai que de loin cela fait illusion. Ses « amis » vont le couvrir. Ils feindront qu’il se soit suicidé.

Il est bien vivant et se la coule douce dans leur petit village protégé. L’histoire est enterrée.

Mais Garrison-city ne dort pas. Il y aura du foin en interne. Keitel et ses sbires décideront que finalement il serait moins problématique que leur comparse maladroit soit vraiment mort. Ils cherchent à le noyer dans une piscine. L’autre se défend et s’échappe. Il y aura une classique chasse à l’homme.

Notre Sylvester se réveille et son neurone s’agite un peu. Il finit – difficilement – par comprendre la réalité de la ville qu’il couve en tant que shérif. Il donnera cette fois raison à De Niro, le redresseur de tort officiel. Il lui ramènera le faux suicidé avec des menottes comme dans tous les films de cow-boy qui se respectent. Et bien entendu la justice triomphera. Moyennant une amnistie, le revenant crachera le morceau. Et les affreux cops qui détournent les lois seront mis hors d’état de nuire.

La foi dans l’Amérique triomphera à nouveau. Hallelujah !

Une petite mention pour la belle Annabella Gloria Philomena Sciorra dont la féminité agréable détend un peu l’atmosphère hyper-testeronné.

Budget limité, cachets réduits au minimum syndical et pourtant le film quadruplera sa mise.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Copland_(film)

Sylvester Stallone
Harvey Keitel
Ray Liotta
Robert De Niro

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