D-Train (bad romance) (2015) 6.5/10

Bromance : Relation proche entre deux hommes, sans caractère sexuel. Comportement et attitude de bienveillance incluant des gestes d’affection amicale entre deux hommes hétérosexuels. https://fr.wiktionary.org/wiki/bromance

Deux hétéros, pas si copains que cela, vont aller plus loin et avoir une brève relation homo, un coït quasi « accidentel ».

Mais ce film ne peut se résumer à cela.

C’est avant tout un regard psychologique sur des individus un peu perdus, à la croisée des chemins.

  • Un couple stable et aimant, mais qui est subitement mis à l’épreuve.
  • La relation entre un chef d’entreprise totalement dépassé – du genre qui ne connaît pas le mulot-souris – et un employé ambitieux, mais qui ne peut pas donner toute sa mesure.
  • Le vieux monde, plus lent, plus flexible, où la relation de confiance était primordiale, où la parole comptait. Et le nouveau monde très encadré, inflexible, plus inhumain, où domine l’écrit, où tout doit rentrer dans des cases, et qui est cependant efficace.

Ici combattent sans relâche, les faux semblants, le paraître et l’être, l’estime de soi et le mépris.

Cela commence par un regard assez pertinent sur le stressant monde micro-associatif. Ces groupes de bénévoles, souvent maladroits, ont la réputation de sécréter pas mal d’angoisse. Sous des dehors organisés, on devine la jungle. On y trouve même parfois des dictateurs qui tentent de compenser leurs ambitions professionnelles ratées. Mais rassurez-vous, ici on n’ira pas jusque là. On reste dans le registre des frustrations ordinaires.

Dans D-Train, une poignée d’adultes ont donc formé un comité d’anciens élèves de terminale, dont le but est d’essayer de convier leurs camarades d’avant, à une fête annuelle. Celle des 20 ans ! Mais pour l’instant, malgré de nombreux coups de téléphone, il faut reconnaître qu’il y a peu de succès et beaucoup de difficultés.

Leur leader contesté (Jack Black) veut tout réguler, sans aucune partage. Ainsi il garde obstinément la main sur le code permettant l’édition des pages internet. Les membres du bureau ne l’estiment pas vraiment. Ils ne l’invitent même pas au pot d’après les réunions.

Le pauvre galère également en famille et professionnellement. Le succès de la rencontre annuelle devient une idée fixe. Il n’écoute plus son fils qui a pourtant des choses importantes à lui demander. Sa femme, toute dévouée, est en retrait aussi.

Il se sent menacé et il voudrait réaliser un gros coup pour se remettre en piste.

Il tombe sur un spot télé où un des anciens, beau gars, ex grande vedette du collège, montre ses muscles, tout sourire (James Marsden). Voilà sa chance !

Le chef pense avoir trouvé l’imparable martingale. Il va tout faire pour convaincre de venir, celui qui fut au centre de toutes les attentions. Ce sera la locomotive qui entraînera tous les autres.

Pour aller à sa rencontre, et économiser un billet d’avion, il monte un rendez-vous d’affaire bidon à Los Angeles. Son boss est enthousiaste puisque cette rencontre pourrait en théorie sauver son entreprise vieillissante (Jeffrey Tambor). L’employé malin devait y aller seul. Mais malheureusement pour lui, son patron veut aussi venir

Tout part en vrille. Le gros Jack rencontre en effet le beau gosse et semble pouvoir le convaincre. Tout va bien. Mais après force beuverie et drogue, les deux finissent par coucher ensemble, juste une nuit sans lendemain. Assez pathétique !

Et il ne se rend même pas compte que ce playboy qu’il porte aux nues, galère lui aussi.

Reste à gérer le micmac du faux rendez-vous professionnel.

Le comédien de métier va se proposer pour jouer le rôle de l’homme d’affaire de L.A. qui veut s’associer avec la petite entreprise à la dérive. Il se prend au jeu et fait mine d’accepter la fusion. Du coup le patron qui a repris confiance, se lancera dans des dépenses inconsidérées.

La vedette James viendra en effet et sera hébergée chez Jack. Et dans cette maison cela va tanguer. James est insouciant et heureux, il amène de la fraîcheur. Mais Jack est sur le qui vive. Il devient jaloux. Jaloux de la place que prend le nouveau venu dans sa famille, chez les proches. Jaloux parce que James ne lui apporte pas l’attention qu’il croit mériter. Ceci sans considération homosexuelle, mais quand même.

Pour couronner le tout, la fête annuelle aura bien lieu et toutes les failles se révéleront les unes après les autres, en public. Et il y aura ce violent coming out de cette idylle d’un soir, où Jack se fera remettre à sa place comme un moins que rien. Tout s’écroule, la famille, le boulot, le club. La chute est brutale.

Mais dès le lendemain, Jack retrouvera finalement un peu de dignité, au point même de tirer de son aventure inhabituelle, une certaine notoriété. En Amérique les confessions publiques, amplifiées par les vidéos sur Internet maintenant, entraînent un certain pardon.

Ce n’est pas le plus grand film de l’année. Il n’a pas eu un grand succès d’ailleurs. Mais il y a quand même quelques bonnes idées ici ou là. Et même dans une histoire aussi curieuse, les grands acteurs que sont Jack Black et James Marsden, ont suffisamment d’atouts pour tirer leur épingle du jeu. On peut leur faire confiance pour atténuer ces sujets dérangeants, grâce à une certaine délicatesse et pas mal d’humanité au fond.

Pourquoi D-Train ? D=dick – Ride the D-Train signifie chevaucher le pénis en action, en argot.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bad_Romance

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