Démission Grande Loge de France – Franc-Maçon 30 ans. Constat inquiétant. Descente aux enfers et prise de conscience.

Vous trouverez ici l’avant- dernière des 5 parties de la « planche » qui a accompagné ma démission, après 30 ans de maçonnerie.

Planche (en a-t-elle encore le statut?) ou bien bilan des 30 ans. En tout cas clap de fin. Et je voulais quand même tirer les leçons de cette longue expérience.

Il est de coutume de demander au F qui a passé 30 ans dans l’institution, de faire une planche sur son expérience. Il a même droit à un petit cadeau pour avoir résisté si longtemps.

On ne m’a rien demandé, mais je m’exécute quand même. Cela me permet de clarifier mes idées et sans doute cela pourra en aider quelques uns à prendre les bonnes décisions.

Le plan en 5 parties :

***

Descente aux enfers et prise de conscience.

Je ne reviens pas sur les tracas occasionnés par ceux que je considère comme des Charlots de la FM. En cochant toutes les cases de la médiocrité, ils ont eu le mérite de faire taire mes états d’âme. Désormais, il était plus que temps de penser à ma démission, qui elle bien sûr repose sur des considérations plus générales.

Il est plus dur ici de faire acter sa démission, que de se débarrasser du sparadrap du capitaine Haddock ou d’en finir avec un banal abonnement SFR.

* * *

La réflexion de ces derniers temps me fait apparaître de plus en plus l’institution, comme une coquille vide à la dérive. On sent d’ailleurs, dans les interventions « au sommet », qu’il y a panique à bord.

Si on se donne la peine de regarder de plus près, en particulier la GLF, c’est un système assez nombriliste, qui a fini par sentir le renfermé. Cette obédience tourne en rond et n’a plus de repli possible que dans le rituel.

Cette prééminence d’un rituel formaliste est sans cesse martelée, y compris dans les dernières interventions de la GLF. Les supposés « modernistes » ne sont pas près de le rétrograder à sa juste place, de sympathique accessoire. Il faudrait quand même rappeler que dans la messe, ce ne sont pas les déambulations qui sont le sujet central, c’est juste un support.

Quant à l’ouverture au monde, c’est l’encéphalogramme plat (***)

C’est triste à dire, mais cet organisme favorise aussi un mal profond, que je qualifie d’hypocrisie mielleuse. Il n’y a qu’à voir les « très cher frère » qu’on ne manque pas de distribuer en préambule… à tout le monde sans exception. Une monnaie sérieusement dévalorisée. Surtout si on l’utilise juste avant de donner des claques, ou de déblatérer sur les uns et les autres dans le préau.

Et j’ai déjà dit ce que je pense des titres ronflants du genre « vénérable maître » et autres « très respectable machin chose » – Cela ne favorise pas la modestie d’un côté et la sincérité de l’autre. A faire pâlir de jalousie le crétin sidéral « Raël ». Quand cela ne ressemble pas à une pub pour le prochain TGV.

Et que dire de ces risibles auto-congratulations, pour des travaux qui sont devenus bien inférieurs en qualité, à ce que pensent la plupart des membres, même si on adjoint l’idée (galvaudée ici) de tolérance et de marge de progression. Les vieux de la vieille s’en moquent ainsi : « la tolérance [maçonnique], quelle tolérance ? Il y a des maisons pour cela »

J’ai eu l’occasion un jour de montrer, en respectant l’anonymat et la provenance, une planche qui était sans doute une des meilleures… il en a descendu les pauvres arguments en deux minutes. Les miennes ne sont sans doute pas meilleures. Mais comme je vois ce qui se passe ailleurs, je n’ai pas trop de mal à garder la nécessaire humilité.

Là aussi, il est temps de redescendre sur terre. Avec ça on aura du mal à contribuer au progrès de l’humanité. A moins que cette humanité progresse en se tapant sur les cuisses. Qui sait !

Bien sur nous ne sommes pas là pour faire de l’élitisme ! Mais quand même, la bonne excuse.

En réalité, cette supposée fraternité, qu’on voudrait avec un grand F, à bien y regarder, c’est à présent, assez banalement, une « amicale », confortable, charmante et touchante parfois. Un groupe de vraiment bons amis, qui se frottent de temps à autre à la philosophie.

Ainsi avec tout le respect que je dois à certains, on est plutôt dans le registre de Bouvard et Pécuchet.

Ils sont bercés d’une douce morphine, qu’on appelle égrégore, et qui donne l’impression d’être au sommet du monde.

Parfois cette drogue ne leur suffit plus. Surtout quand ils ont été obligés d’entendre radoter les mêmes, avec les mêmes planches, ou bien qu’ils se retrouvent en semi-coma après qu’on leur ait balancé les annonces soporifiques de la GLF. Alors ils attendent avec impatience les petits verres de rouge en salle humide. Certains s’endorment pour de vrai. Qui pourrait leur en vouloir, de cette apparente trivialité ? Ces circonstances seraient difficiles, même pour de simples mortels.

Et d’ailleurs, qui n’aime pas se détendre à la buvette du club ? Après tout, ce Roi de la Création qu’est supposé être le FM, est aussi un être humain.

Mais bien sûr qu’on aime tous toujours à être ensemble, et qu’on s’apprécie souvent vraiment. C’est d’ailleurs là le piège. L’organisme dans son délabrement actuel, ne persiste que grâce à notre innocence et notre bonne volonté. Pas mieux qu’une religion.

Alors qu’on pouvait espérer faire prospérer, ce qui avait en nous de vrais « hommes libres », on a obtenu de nous transformer en « Gentils Membres » obéissants. Sous les prétextes faciles de fraternité et de tolérance, on nous a soigneusement limé les griffes et plutôt infantilisé. Il suffit de voir les interventions paternalistes d’en haut, dans les circonstances de covid-19, pour se rendre compte, de là où on est.

Ce n’est bien entendu pas un plan calculé par une clique machiavélique.

Il faut y voir, les conséquences de :

  • l’insignifiance, l’absence de véritable but.
  • la peur du changement, l’infantilisation.
  • le repli stérile sur les seuls rituels, avec la fuite dans un néo-ésotérisme fabriqué de bric et de broc, trouvés dans un marché aux puces écossais.
  • la structure pyramidale et non réellement démocratique du système.

Où sont les élections libres et directes de nos dirigeants sur un vrai programme, sur des idées, avec de vrais débats ? Hors de cela, il n’y aura point de salut.

Et pour ceux qui se bercent encore d’illusion, il faudrait leur parler des querelles de chiffonniers, des règlements de compte à la tête de la GLF. Ces donneurs de leçon, souvent dévorés par les ambitions, pratiquent des exclusions « politiques », qui n’ont rien à envier aux plus sinistres dictatures habillées en démocratie.

Suite et fin là : Avis Grande Loge de France non réformable – Mal structurel profond.


  1. Avis Grande Loge de France – Histoire 30 ans de Franc-Maçonnerie – La genèse.
  2. Avis Grande Loge de France – Franc-Maçon 30 ans – Explication – L’âge d’or.
  3. Avis Grande Loge de France – Témoignage 30 ans de Franc-Maçonnerie – Vitesse de croisière.
  4. Démission Grande Loge de France – Franc-Maçon 30 ans. Constat inquiétant. Descente aux enfers et prise de conscience.
  5. Avis Grande Loge de France non réformable – Mal structurel profond.
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