Du mou dans la gâchette – Avis. Blier, Blanche, Lefebvre. Résumé. (1967) 2/10

Un critique a osé mettre sur le même plan Du mou dans la gâchette (1967) et Les tontons flingueurs (1963). Bien qu’il ait atténué son jugement, en suggérant que le premier était « un peu moins bon ». Il est sans doute un peu comique lui-même.

Il y a bien entendu des acteurs communs dans les deux, Bernard Blier, Jean Lefebvre, Francis Blanche. Mais c’est tout.

Comment oser mettre face à face un navet stupide et cette véritable œuvre d’art qu’est Les Tontons flingueurs.

– D’un côté, on a des sous Laurel et Harry, qui font gaffe sur gaffe. Les pauvres Bernard Blier et Jean Lefebvre sont obligés de jouer des gags pitoyables, avec des ressorts comiques antédiluviens.

Francis Blanche appelé à la rescousse, ne fait pas mieux.

Ils ne doivent leur salut qu’à des quiproquos grossiers, ces béquilles de cinéma facile.

De quoi revendiquer l’Oscar du plus mauvais scénariste et du réalisateur le plus médiocre. Les deux étant quasi des inconnus d’ailleurs

– Et pour les Tontons, avant de dire des bêtises, il faut mettre sur la table, le réalisateur Georges Lautner, le scénariste Albert Simonin et le dialoguiste Michel Audiard. Là, on peut commencer à causer.

  • Georges Lautner : 41 films, dont pas mal de grands succès mérités. Dans les tontons il a su mettre en perspective, avec beaucoup de finesse, des personnages de milieux très différents. Les contrastes sont saisissants. La permanence des êtres, au-delà des classes et des manières, peut ainsi être mise en avant. Du bon boulot, de la psychologie et de la sociologie !
  • Albert Simonin : un écrivain à qui l’on doit quand même Touchez pas au grisbi !, Le cave se rebiffe…
    • (et un peu de rédaction collaborationniste pas très jolie, mais ça c’est une autre histoire).
  • Michel Audiard : ce dialoguiste n’a rien à voir avec l’argot, comme tout le monde ou presque, le sait maintenant. C’est au contraire un fin penseur qui sait concentrer ses idées avec une infinie sobriété, avec des mots choisis, comme dans les haïkus ou les aphorismes chinois. Je rajouterai juste que c’est notre Lao-Tseu français… en plus drôle bien sûr.
    • Je pense l’avoir démontré au travers de citations de l’un et de l’autre, dans ma critique de Flic ou voyou (1979)

Et quand on voit l’excellent jeu des mêmes acteurs, Bernard Blier, Jean Lefebvre, Francis Blanche, dans la divine partition des Flingueurs. On comprend bien que le problème de Du mou dans la gâchette, ne vient pas de la valeur intrinsèque des comédiens.

Quand on prend les acteurs pour des cons, ou qu’on leur fait jouer des rôles cons, le film devient con. Le premier DRH venu, connaît ce principe élémentaire.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Du_mou_dans_la_g%C3%A2chette

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