Erreurs de la gauche française. Décroissance intellectuelle. Moraline du « camp du Bien »

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Ce texte fait suite à la critique d’un film « militant » : Alice et le Maire (2019)

Vous trouverez ci-dessous des développements sur des points qui ont été juste évoqués dans l’analyse.

Le problème de cette gauche, ce que cette faillite n’est pas juste la résultante d’un vague passage à vide. Le parti ne se contentera d’une gonflette idéologique. De cela, il y en a déjà trop. Ce n’est pas une question de déficit énergétique.

Non, ce qu’il faudrait à ces paumés momentanés de la réflexion, c’est de repartir à zéro. C’est une évidence, après avoir constaté comme tout le monde, que le parti a aujourd’hui un encéphalogramme plat.

C’est d’autant plus étonnant qu’à présent, la pensée qui domine la plupart des médias et la doxa, est désormais de gauche. De nombreux journalistes font de la « gauche », parfois même sans le savoir.

C’est donc, chez ces cadres socialistes « donneurs de leçon », un problème lié d’abord à la « suffisance » et de satiété. D’où ce manque évident de « modestie », également épinglé dans le film.

Il faut préciser que la situation critique n’est pas que la conséquence de décennies d’erreurs, de supposés reniements (pas assez à gauche!), de querelles internes et/ou de vagabondages.

Il y a à la base du raisonnement vicié, cette vieille chimère rousseauiste d’un citoyen idéal uniquement mu par l’intérêt commun. Un superman moralisateur, qui devraie servir de modèle?

Cette recherche perpétuelle d’un homme nouveau de ce type, a permis les pires atrocités. Dont ces camps de rééducation, ces hôpitaux psychiatriques pour guérir la déviance politique, cette demande de transparence absolue avec la surveillance méticuleuse de la pensée politique de chaque citoyens, tous ces embrigadements. Autant d’éléments qui sont le propre des dictatures et dont ils n’ont pourtant pas permis de questionner l’axiome de base. Au contraire souvent, les idéologues lles plus tenaces de ce bord affirment que les principes sont bons, mais qu’ils ont été dévoyés.

L’illusion d’un être pareil à une « page blanche », qui ne pourra être façonné totalement par la « bonne éducation », a donné des dérives grossières sur le « genre ».

Mais c’est aussi la négation de l’identité et de l’héritage. Sabrer ainsi tout un patrimoine civilisationnel est osé. Mais ils l’ont fait. Maintenant, cela leur pète à la figure… mais ils ne comprennent toujours pas.

Une autre dérive en découle. Nos « penseurs » veulent tout normer, tout contrôler, car ils jugent leurs concitoyens comme fondamentalement incapables de penser par eux-mêmes. Ou ils les croient poreux aux plus mauvaises influences, ce qui revient au même. Ils leur dénient la moindre liberté. Seuls les « penseurs » en question sont susceptibles de les éclairer. Ce qui est clairement un contresens de l’esprit princeps d’émancipation et de liberté, tel que conçu par les philosophes éclairés.

Après n’avoir vu la société qu’en terme de lutte des classes, voilà qu’il s’agit de tout considérer en termes d’inégalités préjudiciables et d’injustices à réparer. Il ne faut pas longtemps pour que tout le monde comprenne qu’il a intérêt à se sentir léser quelque part, pour profiter de cette monomanie.

Le relativisme qui nivelle tout ce qui dépasse, finit par ne plus permettre de donner de sens aux choses.

Mais il y a aussi cette consternante démission devant ce qui devraient être les idéaux républicains ou même cette idée porteuse du progrès.

Comment ne pas voir que l’idéal méritocratique a disparu dans cette volonté d’accorder des privilèges à des minorités. Ils en sont eux-même issus souvent à présent. Mais il ne s’agit même plus d’un souhait égalitaire légitime, mais de flatter la volonté revancharde de présumés opprimés. Lesquels sont en compétition victimaire désormais. Et chacun va donc exiger davantage de réparations que son voisin. Pour arriver au but, les pauvres citoyens bien innocents, doivent être culpabilisés en permanence. C’est le même principe dans toutes les religions.

C’est la discrimination positive en toutes choses. Ainsi, par exemple notre brillante culture française doit céder le pas aux cultures importées plus récentes, à titre d’indemnités compensatoires. D’ailleurs on réfute même qu’il puisse y avoir une culture nationale. Pour eux forcément cela sent le renfermé.

Nos grands cerveaux se sont pris les pieds dans ce piège woke – la facilité – et sont loin encore de s’en rendre compte.

Nous sommes en haut de l’échelle (le maire de Lyon) et donc on est en droit de s’interroger sur la valeur de ces « élites ».

N’ayant plus d’idées, les intellectuels de cette fraction de la société, sont partis dans les paroles fumeuses et les caches-misère. On mesure le désastre, si on se réfère à ce que tout le monde sait « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément».

Rien de moins clair que l’expression de cette meute de beaux parleurs. Personne ne les écoute ? Ils parlent entre eux. C’est tellement plaisant de s’échanger des riens, dans une forme codée réservée à ces happy fews. Cet « art » hermétique, ils ont eu le temps de le développer. Ils n’ont d’ailleurs fait que cela.

Les manuels pédagogiques sont pleins de ce blabla convenu, alors que l’école n’apprend plus grand-chose. On y privilégie une sorte d’égalitarisme forcené, qui détruit de ce fait de potentielles élites. Les écoles bilingues favorisent certains élèves doués. On supprime cette source d’inégalité ! Qu’importe que la nation se prive de locomotives. Le train est à l’arrêt et c’est clairement voulu ainsi. Et bien entendu on se moque de tous ceux qui pensent le contraire.

Ils n’arrivent même plus à prendre en compte de simples chiffres qui démontrent clairement le marasme de l’école. Non, les chiffres sont soit contestés par l’habituel verbiage, soit ils sont officiellement manipulés (cf remontée artificielle des notes du bac)

Impasse absolue et spirale infernale de la décroissance intellectuelle, les prof étant issus de ce même moule de médiocrité.

C’est le gouvernement de la parole et de la moraline. Il faut se distancer le plus possible du réel, puisqu’on se flatte d’être avant tout des grandes consciences morales. L’axiome est qu’être à gauche c’est être dans le camp du Bien. Il s’agit bien entendu alors d’une foi.

Les mêmes ont inventé les «  techniciens de surface, pensant conjurer avec des mots, des situations qui elles ne changent pas. Les exemples de cette logorrhée stupide et donneuse de leçon, sont innombrables. Dès que j’entends « le vivre ensemble », le « se réinventer », les « désir d’avenir » et autres fadaises, je sors mes boules Quiès.

En réalité, le trope se résume désormais à la seule formule « être de gauche », qu’importe ce qu’on met dans le flacon. Plus il est rempli d’eau, moins il y a de réels ingrédients, plus le breuvage est consensuel. Le reste n’est que de l’habillage publicitaire.

Et on se contente de critiquer d’autres paroles comme ce « plus rien n’est possible, il ne reste plus qu’à gérer la pénurie ». C’est évidemment un gros problème pour les partisans peu inspirés de la « redistribution« . Il préfèrent être de bons pères Noël qui font des cadeaux larga manu. Il ne cherchent pas les vrais moyens de créer de la richesse. Vu que la réussite, c’est mal et qu’ils en sont incapables le plus souvent.

La solution à la déliquescence de ce bord ? Encore plus de gauche ?

Rien de nouveau à désigner comme bouc émissaire « la finance » et les banques. Même le palot François Hollande l’avait fait. Cette gauche qui veut brûler l’argent, ne comprend décidément rien à l’économie.

Même si on désigne à nouveau des empêcheurs de penser « les vraies questions », une adversité interne et des petites combines. La mort du parti serait donc du à ceux qui bloquent cette motion. On croit rêver, tant tout cela est benêt et hors sol.

Ce n’est pas une question d’avoir déserté tel ou telle composante de la société. Ça c’est juste bon pour les « stratèges » arithmétiques en politique.

Je pense qu’il faut laisser ce reliquat de vaincus mourir de leur belle mort, à ce stade il n’y a plus rien à faire.

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