Espion lève-toi (1982) 4.5/10

Un film d’espionnage très conventionnel sur le fond comme sur la forme. Et puis c’est fait sans génie.

Et donc vous n’échapperez pas à ce perpétuel questionnement sur le qui est qui. Et puis il y a ces morts qui s’enchaînent trop régulièrement, comme s’il s’agissait de rythmer un spectacle. L’histoire manque de vigueur, allez hop on balance un espion par la fenêtre…

A vous de savoir si vous allez supporter toutes ces gueules d’enterrement, ces démarches lourdes et ces pardessus. Un ensemble qui fait qu’au premier regard on reconnaisse l’agent secret (au cinéma tout au moins). Ce qui est quand même un comble pour qui doit se montrer discret.

On égrène les classiques :

Au centre un espion en sommeil et à qui on demande de se réveiller… puis de se lever (tout est dans le titre).

Lino Ventura a visiblement besoin de ses huit heures au dodo, sinon il est vraiment grognon. Dommage que le dialoguiste Audiard ne lui ait pas laissé le temps de passer sous la douche (Espion lave-toi !) puis d’engloutir son petit déjeuner (Espion prends ton café !). Au moins on aurait pu se marrer. Mais notre Lao-Tseu français semble avoir sombré dans une déprimante narcolepsie, lui aussi.

On ne nous épargne pas le bal des agents doubles, les taupes, les risibles codes secrets cachés dans les œuvres de Dumas, le trouble Zurich des « affaires », les attentats par des Brigades d’action populaire, les gauchistes à l’université, un rideau de fer tout rouillé, les acronymes du genre SDECE, l’assassinat de la fidèle compagne (Krystyna Janda). N’en jetez plus on a vraiment fait le tour là.

Mais comme il se doit dans ce genre, on cherche avant tout à nous instiller de la parano. Mais ici, cette vrille cérébrale est bien trop factice et trop mesurée pour nous permettre d’atteindre le stade de la douleur exquise. Ce qui aurait pu la rendre acceptable, voire souhaitable. Non, là ce qui prédomine c’est l’ennui, rien que l’ennui. On dirait un devoir de vacances fait à contrecoeur et bâclé.

Mais où est donc passé Audiard dont on nous dit qu’il est le dialoguiste ? Et pourquoi Yves Boisset s’est laissé aller à réaliser ce travail aussi dépassé qu’inutile ? S’adjoindre Ennio Morricone ne change rien. Le désastre est devenu musical et puis c’est tout. Requiem pour un navet.

Comme ils ont convoqué Lino Ventura, Bernard Fresson, Bruno Cremer et Michel Piccoli, le spectateur fait son possible pour rester attentif. Ce sont quand même de grands comédiens. Mais bon le plaisir de les retrouver ne dure qu’un instant.

Et puis cette voix off qui nous donne l’heure et le lieu bien trop souvent ! Chaque heure blesse, la dernière tue. Faites comme moi, partez avant le final. C’est plus prudent.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Espion,_l%C3%A8ve-toi

Lino Ventura
Michel Piccoli
Krystyna Janda
Bruno Cremer

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