Fabiola : Sang des martyrs – Avis film. Blasetti, Propagande chrétienne pro Constantin -Résumé (1949) 4/10

« On croit plus aisément ce qu’on ne comprend pas » Tacite.

Alessandro Blasetti a été un réalisateur très estimé avant guerre. Bardèche et Brasillach le citent souvent.

En 1949, il persiste dans son style, avec ce péplum chrétien très daté. On est en plein démarrage du néoréalisme et ce metteur en scène rame totalement dans l’autre sens.

Quant au fond, c’est une série de clichés sulpiciens qui visent à conforter les a priori des convertis. Des images pieuses à glisser dans le missel. De quoi passer en priorité absolue sur la chaine KTO.

Le chrétien des origines est de la graine de martyr. Il est sur terre pour souffrir. Il se complaît dans cet environnement injuste du début du IVe siècle. Au fond de lui même, il sait qu’il va participer à la grande légende du futur Constantin. Un empereur, pas si catholique que cela, mais qui est plébiscité par la doxa de la « vraie foi ». Il a rendu des services.

  • D’après Onfray, lui et sa « putain » de mère ont prospéré sur ce mouvement là. Ils ont même démarré un lucratif business de reliques.

Et puis cette période consacre la sainte alliance du sabre et du goupillon. Une recette qui marche à tous les coups.

Avec cette religion, le peuple est résigné. Il n’a pas besoin de grand-chose, puisque la vraie vie est dans l’au-delà. Et même s’il ne peut espérer qu’on y mette de belles vierges à sa disposition, il peut se contenter d’espérances fumeuses.

Du coup le monarque peut lui gouverner à sa guise. Ce qui passe pour une reculade de la romanité, est en fait un excellent calcul, qui permettra à toute une civilisation de prendre le dessus.

  • Nos « gentils » désarmés aideront de nombreuses conquêtes sanglantes, sous couvert de conversion de masse. Une messe vaut bien Rome.

Le chrétien de cette tendance de cinéma là est fondamentalement bon, comme le montre son calme à toute épreuve. Le lion le bouffe, même pas mal ! Il tend son autre joue à la bête, qui apprécie la tête de veau vinaigrette.

Il est facilement reconnaissable à son énigmatique sourire en toutes circonstances, et au fait qu’il parle lentement et sentencieusement. Ce sont donc des têtes à claque et bien entendu ils servent de punching-ball aux méchants. Lesquels devraient être félicités car plus le chrétien est frappé plus il est content, et plus il est mort, plus ceux qui restent le croit au paradis. C’est tout bénef.

  • Il y a d’ailleurs une thèse comme cela, qui fait de Judas un rouage essentiel et pour ainsi dire positif, puisque grâce à lui, le reste de l’Histoire peut s’accomplir.

Pas mal de sectes, qui elles n’ont pas encore réussi, fonctionnent sur ces images pieuses qui voudraient sédimenter ce paradigme là.

Ces autoflagellations et cette idéologie délirante et mortifère ne seront pas du goût de Nietzsche, qui donnera le signal du début de la fronde de la « mort de dieu ».

Le chrétien archétypal prend la lumière de manière toute particulière (l’ingénieur éclairagiste met le spot sur le meilleur d’entre eux). Et pour ceux qui ne comprennent décidément rien, on rajoute une musique céleste convenue, à chacun de ses passages.

  • Vous allez me dire que je suis trop dur, que je dois être tolérant, car vous reconnaissez à cette angélique Michèle Morgan, tous les critères de l’élue… et que vous pleurez à cette évocation si bien orchestrée par Saint Blasetti. Je vous répondrais que c’est juste du cinéma. Et que Morgan, n’est pas plus Fabiola que vous et moi. Et Blasetti a milité pour le fascisme mussolinien. Vraiment pas un saint.

Face à ces contemplatifs bêlants, il y a des hédonistes romains qui se font plaisir, après avoir tant bati. Ils ont réussi un melting-pot cosmopolite de portée universelle. La plupart d’entre eux chérissent les arts, les spectacles, la création, les techniques, la réussite. Ils font des banquets et aiment l’amour intense. Où est donc le mal ?

L’histoire nous le montrera, cet idéal du « chrétien qui ne tue jamais » ne fera pas long feu. Il maniera l’épée d’abord pour se protéger puis pour étendre son influence. On entendra des Gott mit uns des deux côtés des champs de bataille. Et quand la hiérarchie catholique feindra la neutralité à certaines mauvaises périodes, elle encouragera de fait le pire.

https://www.programme-television.org/films-telefilms/action-aventure/fabiola-le-sang-des-martyrs

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fabiola_(film,_1949)

Michèle Morgan
Henri Vidal
Michel Simon
Louis Salou
Massimo Girotti
Gino Cervi

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