Fog. Film Avis. John Carpenter – Résumé. (1980) 3/10

Même pas peur !

Le film d’horreur est une machinerie à engendrer de la tension, à donner des frissons, puis à apporter une salutaire résolution.

Les ressorts y sont souvent bien visibles. Mais cela n’a pas tant d’importance, car le genre s’adresse d’abord à notre cerveau reptilien.

Le canevas est éternel. Il a été façonné un fois pour toute, par de grands modèles qui ont fait leurs preuves.

Le montage est capital. A chaque plan on doit anticiper le suivant, afin de mieux faire monter la peur (effet Kuleshov). L’ellipse également. Surtout ne pas trop en dire, laisser deviner. Et bien entendu la musique souligne tout cela.

  • Cela commence toujours de la même façon. D’abord, il y a une approche douce, presque innocente. Il est beau mon petit village du bord de mer ! Et les gens sont sympa, non ? La logique est simple. Plus tu rassures les gens au départ, plus ils sursauteront dans les grands moments.
  • Il y a bien sûr des présupposés. Une légende ? En tout cas ici un vieux marin raconte. C’est une façon simple de nous mettre en condition.
  • Suivent les fausses alertes. Non ce n’est pas encore pour maintenant. Le mystère augmente. C’est quoi ces indices horribles ? Ok, on a compris que le moment décisif n’est plus très loin. Et donc on va bientôt s’en prendre plein la tronche. Chouette !
  • Bin oui, Chose vengeresse, vas-y ! C’est ton heure. Lâche-toi !
  • Et puis c’est fixé par le calendrier. Même cent ans après, on ne peut plus attendre.
  • Pas de raison que les crimes des anciens restent impunis. C’est tout l’Amérique expiatrice et puritaine, ça.
  • Il y aura des contre-attaques. Ce qui mènera à de gros échanges bien « fumeux » (foggy). Les méchants seront sacrifiés. Tout peut rentrer dans l’ordre et nous sereinement à la maison.

Voilà, tout est dit. Cela se déroule tout aussi graduellement et inéluctablement que dans les Dents de la mer (1975…). Sauf que Spielberg est un précurseur plutôt intelligent.

  • Cette trame scénaristique est désormais là pour des siècles et des siècles. On ne compte les thrillers clonés sur ce modèle ouh-ouh-fais-moi-peur aquatique ou non.
  • Puisque mer il y a, il faut bien dire qu’on est bien loin de l’inspiré Lovecraft et de son Cauchemar d’Innsmouth (The Shadow over Innsmouth). Iä ! Shub-Niggurath !

C’est juste du John Carpenter, un tâcheron tenace de l’épouvante (il a quand même fait l’intriguant Christine, l’histoire d’une bagnole bien méchante)

  • Le maladroit réalisateur a même embauché sa femme Adrienne Barbeau, pour tourner ici avec lui. Oh, le gros lourd ! Tout le monde sait qu’on ne doit pas mélanger travail et vie sentimentale, sauf en cas d’absolue nécessité ! Résultat, divorce en 1984.

Le film raflera 20 fois la mise de départ, rien qu’aux USA. Le public n’est pas difficile.

Mais pourquoi donc regardons-nous des films d’horreur ?

  • Adrénaline ou dopamine (selon la phase) ?
  • A priori, l’horreur c’est négatif, non ? Et puis on n’aime pas forcément les documentaires qui nous montrent la réalité de l’horreur. Il nous faut de la fiction.
  • Paradoxalement, le film d’horreur nous rassure. En tout cas, avec sa fin résolutoire.
  • Certains y voient des propriétés subconscientes, des vertus cathartiques, surtout quand le héros vient à bout du mal.
  • Mais c’est aussi une façon de s’échapper de la réalité, un exercice imaginatif, une curiosité, un goût pour l’irréel…
  • Mais cela ne doit pas être trop irréel. L’intrigue doit être conçue dans un milieu qui nous est familier.. mais pas trop. C’est aussi une affaire de limites, d’où les ombres, le brouillard, la nuit… et des personnages qui vont eux-mêmes se transformer. C’est à dire une réalité qui nous est donnée, puis qui sera déviée, juste ce qu’il faut.
  • L’imagination est très importante. Pour arriver à ses fins, le film doit nous faire travailler.
  • Avant d’être confronté à ce qui est effrayant, on doit être en mesure de redouter quelque chose d’approchant.Il faut que l’on soit sur le qui vive. Le réalisateur nous aide en disposant, des signaux précurseurs ou des pièges.
  • Et puis il y a cette crainte fondamentale de la désagrégation, de l’entropie. Un principe contre lequel on lutte et qui nous fascine.
  • Il ne faut pas négliger non plus les fantasmes fondamentaux, que sont la peur d’être dévoré, la peur du noir, la terreur devant certains animaux…
  • Ces films peuvent pourtant déranger certains esprits faibles. Il existe une pathologie à ce sujet. Et on déconseille bien entendu ces longs métrages aux enfants.
  • Il y a aussi du jeu dans cette affaire, comme la fierté de sa maîtrise face au stress. Surtout quand on voit cela à plusieurs. On apprécie d’autant plus, que son voisin panique. Cela dit l’horreur à l’écran est sans risque. Facile de se montrer courageux.
  • Difficile de catégoriser tout cela, d’autant plus que des spectateurs peuvent être très différents. Certains se sentiront plus proches des tueurs et d’autres des victimes.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fog_(film,_1980)

Adrienne Barbeau
Jamie Lee Curtis
Janet Leigh

Fog. Film Avis. John Carpenter – Résumé. (1980) 3/10
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