Hedy Lamarr, star et inventeuse de génie. Glamour, Extase, lifting. Féminisme ? 7/10

Mettons les choses au clair. On ne va pas pleurer pour une femme qui a tout pour elle, la beauté, l’intelligence pratique, la liberté… et qui fiche tout en l’air, au point de terminer comme une affreuse rombière, droguée, désargentée et mal liftée.

Le documentaire nous fait un teasing monstre. On aurait rien sur elle… sauf que le journaleux Monsieur Fleming Meeks remet la main « par hasard » sur des enregistrements de son interview d’Hedy Lamarr en 1990.

Comme si le gars avait oublié ce trésor ! On croit rêver, il nous prend pour des billes ! Comment croire qu’il ne pensait pas qu’à cela et qu’il n’était confronté régulièrement à ces k7, qui étaient juste derrière sa poubelle de bureau usuelle.

Bon, admettons.

Ces documents sonores « retrouvés » révèlent une Hedy Lamarr assez fluide dans ses propos. Elle tend à envelopper gentiment son petit journaliste, tout en s’effaçant juste ce qu’il faut. Du genre réponse à une question par une autre question. Finalement on n’apprend pas tant que cela. Presque tout est déjà dans sa biographie habituelle.

Le scoop du brevet qui la hisserait au rang d’un Einstein, n’en est pas un. Elle a fait suffisamment de bruit alors pour qu’on soit au courant.

Le révisionnisme ambiant voudrait en faire maintenant une flèche contrariée et une féministe de la première heure.

***

L’Autrichienne a démarré tôt, à 12 ans elle remporte un concours de beauté. A 16 ans elle est déjà captivé par le cinéma ; et plutôt par les belles œuvres, comme Metropolis. Elle s’est empressée de faire des essais. Son père, né à Lviv est directeur de banque mais avec l’âme d’un scientifique. Cet esprit moderne, l’a encouragé.

D’ailleurs, j’ose dire qu’elle n’a pas été une si grande actrice.

Le déclencheur de cette éruption volcanique aux répercussions mondiales, fut son tournage nue dans Extase du Tchécoslovaque Gustav Machatý, en 1933. Badaboum, le dernier voile tombe ! Même le Pape Pie XII lui a fait de la publicité… en la condamnant officiellement. Hitler l’a blacklisté aussi.

Les producteurs frétillaient et certains l’auraient bien vu dans leur lit. Une partie influente de la jet-set internationale, qui n’en était alors qu’aux avions à hélices, tournait autour d’elle également.

Notre Blanche-Neige Lamarr (la mer) a été engagée sur sa beauté exceptionnelle, plutôt que sur son talent. Il faut le dire.

Cette juive peu soucieuse de religion, s’est mariée à un grand fabricant d’armes, juif lui aussi. Ce qui n’a pas empêché ce mari opportuniste de se convertir au catholicisme et d’être consacré « Aryen d’honneur » par Josef Goebbels. Il a essayé de se soumettre à Hitler, lequel était loin de l’apprécier. Et surtout il reçoit chez lui, avec grand plaisir, son bon client Mussolini.

La belle a fui vers le monde libre ; plus parce que notre bel oiseau se sentait enfermée, que par des convictions politiques.

Pour être embauchée, elle a fait sa cour à Louis B. Mayer. Bien entendu il l’a remarqué, mais il n’a pas été convaincu par ses prestations cinématographiques. Nous non plus. Elle a insisté. Et pour ainsi dire elle l’a assiégé. Le producteur s’est laissé convaincre par la détermination de cette brune iconique. Peut-être pourrait-il en faire quelque chose.

C’était l’époque des films qui voulaient traduire sur la pellicule, l’ambiance trouble qui régnait en Afrique du Nord. Casbah (1938) fut un précurseur. Mais on se doit de signaler Casablanca (1942). Dans le film de 1938 notre Charles Boyer fait Pépé le Moko (reprise de Pépé le Moko de Julien Duvivier, 1937, avec Jean Gabin). Il a insisté pour avoir Hedy Lamarr en tant qu’une de ses « pépées ». La belle autochtone Sigrid Gurie, qui joue dans les deux versions, avait qu’à bien se tenir.

Elle tourne en 1942 dans La Danseuse des Folies Ziegfeld, un film avec de nombreux comédiens notoires et qui connaît le succès.

A part cela, la guerre et l’après-guerre n’a pas tant réussi que cela à l’actrice techniquement discutable De très rares hauts et de nombreux bas. Elle doit se consacrer à l’effort de guerre US, elle qui n’est pas encore naturalisée.

Elle se plante totalement en produisant elle-même un mauvais péplum : Loves of Three Queens. Elle perd toute sa fortune de ce fait. Elle ressuscite un temps avec son grand succès : Samson et Dalila (1949) à côté de l’étrange Victor Mature. A nouveau le fait d’y être très dénudée a joué en sa faveur. Il semblerait que plus elle se montre, moins elle a à dire, et mieux ça vaut.

Cette « Queen of Glamour » était-elle si intelligente que cela ?

Elle a co-déposé un brevet très intéressant sur pour éviter le brouillage des torpilles radioguidées. L’idée venait-elle vraiment d’elle, comme le pense ses fans ? A-t-elle plagié, comme l’affirme un intervenant ? En tout cas, elle n’a jamais touché un sous pour cette invention, qui est encore utilisée de nos jours. C’est le saut de fréquence coordonné de part et d’autre du radioguidage, qui fait qu’on ne sait jamais où brouiller.

Elle a « inventé » toute sa vie. Mais le reste n’était pas à la hauteur sans doute, car on n’en entend pas parlé. C’était plus des intuition de type Concours Lépine que des travaux très aboutis.


La fin fut plus sombre encore. D’abord un lifting réussi qui a fait des émules. Puis des opérations vraiment ratées qui l’ont zombifiées. Les drogues médicamenteuses n’ont pas arrangé son cas. Elle s’est fait arrêter pour vol en magasin. Butin de 80 dollars alors qu’elle en aurait eu 14.000 dollars sur elle. Non-lieu.

Elle a fini par se planquer définitivement, tant elle était soucieuse qu’on conserve une belle image d’elle. Elle ne communique que par téléphone. Pour ma part, je ne trouve pas cela si intelligente que cela.

Ses rapports avec ses enfants étaient pour le moins complexes. En particulier avec son fils adopté qu’elle n’a pas vu pendant 40 ans. Pas assez Glamour pour elle ? Ce bon gros ne lui en veut pas d’ailleurs.

Elle a collectionné les maris (6). Lesquels le plus souvent se contentaient de voir en elle un trophée.

Elle aurait été addict au sexe !

Voici son tableau de chasse consommé ou presque d’après Wikipédia, en plus de ses 6 mariages :  Stewart Granger, Howard Hughes,  Jean-Pierre AumontMark StevensGeorge Montgomery Sam Spiegel, Johnny Carson, Robert Capa, Frank Borzage, David NivenErrol FlynnMarlon Brando, Orson Welles, Charlie Chaplin, Billy Wilder, Otto Preminger, Charles BoyerClark Gable, George SandersJames StewartJohn GarfieldRobert TaylorRobert WalkerSpencer TracyRay Milland…  John Kennedy ?

Mel Brooks témoigne avec humour de son amour inconditionnel de la star ashkénaze intégrée. Diane Kruger semble s’identifier au personnage.

Et bien entendu, on a droit au couplet inévitable sur l’émancipation féministe avant l’heure ; dès qu’une star s’occupe elle-même de ses affaires ou qu’elle s’agite d’une manière ou d’une autre.

C’est d’autant plus curieux que ce n’est absolument pas en accord avec l’image nunuche qu’elle véhicule. Il en faudrait plus pour convaincre vraiment.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hedy_Lamarr

https://fr.wikipedia.org/wiki/Extase_(film)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Casbah_(film,_1938)

https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9p%C3%A9_le_Moko

https://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Mature

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