Histoire d’aimer (1975) ARTE, hommage raté à Monica Vitti

Pas sympa d’honorer la mémoire de Monica Vitti avec un tel sous-produit. Il y a des fois où la télévision ferait mieux de se taire.

La belle Romaine vient de nous quitter. Et on devrait garder en tête cette image de sotte des bas quartiers qui a besoin de se faire battre pour s’exciter amoureusement ! Elle était pourtant désignée comme la « Reine du cinéma italien ». On tombe de haut !

Claudia Cardinale et Vittorio Gassman forment un couple dépareillé.

  • Lui est un entrepreneur filou qui cherche à échapper au fisc et aux créanciers. Il n’est pas très attaché à sa femme. L’histoire nous montrera qu’il veut faire chambre à part et qu’il a des aventures extra-conjugales.
  • Elle rêve d’amour véritable et de belles étreintes d’autant plus que son mari la délaisse. Et bien entendu n’importe quel spectateur mâle normalement constitué serait près à rendre service tant notre Claudia est parfaite.

A l’inverse, Monica est marié avec un paresseux dans la vie, mais actif et doué en amour. Giancarlo Giannini la comble et rend service aussi à de nombreuses femmes. Une bête de sexe qui est doublée d’une brute. Il a l’âme d’un proxénète. Il gifle vigoureusement son épouse, à la moindre contrariété. Elle le voit tel un Mandrake le magicien !

  • On est dans un autre monde. Cette façon de faire choque vraiment, même pour rire. Plût au ciel que les hommes de cette époque ne se soient pas inspirés de ce modèle, dangereux, injuste, vulgaire et stupide. De nos jours une simple intention de ce type vaut le bûcher féministe.

Leurs rapports houleux ne semblent pas avoir de limites. Ils en viennent aux mains pour tout et n’importe quoi. Et finalement il y a des incartades des deux côtés. Le macho violent l’apprend. S’en suit une rixe encore plus agressive. La femme s’empare d’une pelle de chantier et donne des coups. L’homme tombe dans les égouts, puis dans une sorte de broyeuse. Non retrouvé, il passe pour mort. L’a-t-elle poussé comme le pense l’avocat général ? Elle est incarcérée avant son procès. Trois ans de préventive !

Il se trouve que Claudia est désignée comme un des jurés d’assise. L’histoire commence d’ailleurs par là. Elle est persuadée de l’innocence de Monica, juste sur sa bonne tête et son apparente sincérité. Mais en fait, au fur et à mesure, les indices de culpabilité pleuvent sur la jolie tête blonde.

Un seul être pourrait la disculper, c’est le bourgeois qui fricotait alors avec elle et qui était près du chantier au moment du drame. Pour tenter de comprendre son comportement, il avait suivi la belle et son mari. Or il se trouve que ce bonhomme n’est autre que Vittorio.

Claudia a une nouvelle raison de douter de son homme. Mais c’est aussi le salut pour cette femme qui semble injustement accusée. Pourtant il ne veut pas témoigner. Claudia insiste. Il feint de se ranger à son argument. Mais lâche comme il est et soucieux de défendre son image dans son milieu d’affaire, il ne viendra quand même pas. Claudia, affreusement déçue, rêve de le tuer à son tour.

Dernier rebondissement le mari de Monica réapparaît après trois ans d’absence. Il confirme l’innocence de sa femme. Il n’y avait même pas l’intention de tuer. C’était une glissade accidentelle.

On pourrait prétendre que c’est une « comédie italienne », mais ce serait faire injure au genre.

On ne peut pas dire que Marcello Fondato ait laissé de grandes traces comme réalisateur au cinéma. 4/10

https://fr.wikipedia.org/wiki/Monica_Vitti

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