Hollywoo (2011) 6/10 Foresti + Debbouze

Une comédie franchouillarde, à la facture ultra-classique. L’histoire se passe largement au soleil et devant les flots bleus, sur la côte ouest des États-Unis. Il y a donc des villas de rêve et tout l’attirail de cet exercice imposé.

On ne peut pas décemment en vouloir à ces deux naïfs au grand cœur, Foresti et Debbouze, qui se sont égarés dans le show-biz californien, pour défendre leur bifteck (+ frites, camembert) – En tant qu’acteurs jouant ce rôle, mais aussi comme co-scénariste pour Foresti (*).

Les gags sont quand même un peu éventés, répétitifs et laborieux.

Comme cette arrivée aux States, avec des compatriotes inconséquents et rigolards, qui sont prêts à dire de grosses âneries lorsqu’on leur demande le déroutant « êtes vous terroriste ?».

Ou cet hôtel à 600 dollars. La semaine ? Non, la nuit. Ou ces plans de prison avec des patibulaires menaçants. Tout cela, on nous l’a déjà resservi cent fois.

Pas plus drôles, ce comique de situation dans lequel nos compères doivent déjouer la sécurité. Il s’agit d’arriver à s’introduire en douce dans les points chauds réservés au tout Hollywoo(d). Surtout que cette mitraillette à faire rire, le comique de répétition, tire sans arrêt. Il y a un peu trop de citadelles à investir. Une fois ça va, trois quatre fois, ça lasse.

Le coup du naïf qui fait monter les prix vertigineusement, lors d’une vente aux enchères, c’est de l’archi déjà vu aussi.

On ne rit pas plus devant ce mépris, repris sous tous les tons, des Américains envers ces égarés français, et qui n’ont bien entendu pas tous les codes. « vous ne savez pas à qui vous parlez !» n’arrange pas les choses.

Pas trop rigolo non plus, ce franglais de mauvaise facture, baragouiné en permanence par nos deux « héros ».

Et où est le ressort comique, dans ces quiproquos avec la vedette de série américaine Nikki DeLoach, dont Foresti assure son doublage en français. Son beau sourire de gentille nunuche de sitcom, n’y change rien. On a vu mieux, vraiment.

Il y a visiblement des emprunts ici ou là et guère de vraies inventions. C’est décevant, dans la mesure où Foresti, qui est un auteur confirmé, se serait investi plusieurs années, dans l’écriture du scénario. On a même accusée notre Française de plagiat ! La panne ?

Les deux acteurs font ce qu’ils peuvent. Ils ne sont pas si mauvais en soi. C’est juste qu’ils n’ont pas grand-chose d’intéressant à dire. Et qu’avec cet anglais de débile, de toute façon, ils deviennent vite incompréhensibles. Et leur très prévisible rapprochement sentimental de nos bras cassés (hum) n’apporte pas la touche de romantisme escomptée.

Reste de belles images, un côté gentillet, voire sympathique, et quelques scènes parfois un peu plus drôles que la moyenne. Juste de quoi sauver un tout petit peu le film.

Un long métrage passe-temps, pour d’ennuyeux jours de pluie, guère plus.

La critique n’a pas été tendre. Il faut dire que la production leur a joué un tour de cochon, en n’accréditant pas certains médias pour les premières projections. On ne gagne rien à essayer de planquer un semi-désastre (3/4?)

J’ai eu pitié, d’où le 6/10.

  • (*) C’est un peu le même problème qu’avec les vieux Bourvil. Ceux, où il joue à l’innocent du village. On sent bien que c’est faiblard. Mais, on n’a pas forcement le courage, ni l’envie de les incendier. On a pitié. Et puis qui sait, il peut y avoir un public pour cela.
  • De plus, on sent qu’ils ont choisi ce style de rigolade, consistant à épingler nos vieux travers de petits touristes français. Et donc ils s’essayent par moment au genre Les Bronzés. Sauf que cela ressemble plutôt aux Bidochon en vacances à L.A. ouLes sous-doués en Californie.Une catégorie qui rend nettement moins indulgent.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hollywoo

Florence Foresti
Jamel Debbouze
Nikki DeLoach

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