Il ne faut jurer de rien – film (2005) 2/10 Laissez Musset tranquille !

Voilà une adaptation cinéma de cette courte pièce de Musset, qui se révèle être un désastre.

Je ne recommande pas à ses auteurs et interprètes d’essayer de se mettre sous la protection du saint patron des auteurs classiques. Bien au contraire, puisqu’il s’agit d’une trahison. Ils méritent tous d’être au piquet… ou même empalés finalement.

Jugnot ne joue pas si mal. Mais à quoi bon mettre en scène sa faconde, quand un film est réalisé si médiocrement.

Dujardin est très mauvais. Ce qui peut passer dans son style, comme une distanciation comique, en particulier quand il fait un OSS 117, devient totalement à côté de la plaque ici.

On dirait franchement qu’il joue faux. Et dieu sait que j’ai de l’estime, en général, pour notre acteur national. Qui bene amat, bene castigat, comme l’indique la sagesse des pages roses du dico (ah c’est digital maintenant?)

L’intrigue est bien connue. Un neveu désargenté compte sur son oncle commerçant pour le renflouer. Celui-ci se fait tirer l’oreille. Finalement il accepte sous condition. Il lui demande en échange de réussir à épouser une jeune femme de la noblesse. Cela va redorer indirectement le blason (qu’il n’a pas) de sa petite entreprise.

Et même si le neveu fréquente de jolies « fillettes » de mauvaise vie, il semblerait qu’il croit quand même à l’amour.

Il prétend que les femmes de la haute sont toutes les mêmes (comprenez de fieffées gourgandines) et qu’il n’est pas question d’épouser une pétasse de cette caste.

La personne visée est la crispante Mélanie Doutey. Elle est en effet dans la cible.

Le deal va donc se compliquer. L’issue changera en fonction de l’enquête que le jeune va mener. Et bien entendu, rien ne se passera comme prévu, car c’est bien connu « Il ne faut jurer de rien ».

Tous les acteurs s’évertuent à jouer forcé. Ils sont engoncés et dans leurs vêtements grotesques et dans leur phrasé ridicule. Les caractères sont poussées dans l’extrême caricature et ce n’est même pas drôle.

IIs ont même rajouté des personnages historiques; et des seins nus, pour faire du remplissage !

Il y a mille façons de traiter cela. Et il est clair que Civanyan et ses complices ont choisi la plus mauvaise voie. Comment réussir à faire d’un Musset si léger, une abomination de cette pesanteur ?

Laissez donc mon cher Musset tranquille !

Cette question des adaptations de pièces de théâtre est récurrente. J’en parle ici : Théâtre filmé et téléfilm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Il_ne_faut_jurer_de_rien_!

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